Delanoe Paris 2008
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Prendre un temps d’avance face à l’urgence environnementale.

Toutes les métropoles mondiales sont aujourd’hui confrontées au défi environnemental, qui désigne un enjeu tout simplement vital. Face à cette menace dont l’impact est planétaire, il faut des actes. Depuis 2001, préserver l’environnement et faire évoluer nos habitudes a donc été pour nous une priorité constante : toute l’action municipale a été menée en se fondant sur cet impératif, qu’il s’agisse des déplacements, des crèches, des logements de l’Office HLM (OPAC) réalisés en Haute Qualité Environnementale (HQE) ou de la consommation d’électricité dont la part destinée à l’éclairage public a diminué de 80%. Le tri des déchets des ménages a été généralisé et porté à deux jours de collecte sélective par semaine. Nous avons ainsi généralisé le tri dans les écoles, le tri du papier dans les bureaux, le recyclage des cartouches d’encre et des ordinateurs déclassés (pour les attribuer à des associations oeuvrant dans le domaine de la réinsertion). Par ailleurs, nous nous étions engagés à réaliser 30 hectares de nouveaux espaces verts. En mars prochain, nous en aurons livré 32, soit plus du triple des 10 hectares d’espaces verts réalisés sous la mandature précédente.

Des premiers résultats ont été obtenus en matière de lutte contre la pollution et l’effet de serre. Ainsi, depuis 2001, comme cela a été établi par une étude de l’organisme Airparif, la pollution de proximité (oxyde d’azote) a baissé de 32% alors que les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, diminuaient de 9%, sur la même période.
L’urgence environnementale implique cependant d’aller plus loin, en agissant sur tous les leviers pertinents, qu’il s’agisse de la circulation, du logement et du bâti, ou de l’aménagement urbain.
D’ores et déjà, nous avons entamé la création de véritables éco-quartiers, comme aux Batignolles, à Rungis, à Pajol ou à Claude Bernard, dont toute la logique d’aménagement repose précisément sur le recours systématique aux énergies renouvelables et à la maîtrise des déperditions d’énergie.

Sur cette base, nous entendons atteindre des niveaux de performance très élevés dans le domaine environnemental. Ainsi, le Plan Climat que le Conseil de Paris a adopté en octobre 2007 fixe des objectifs particulièrement ambitieux : réduire de 25 %, par rapport à 2004, l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (CO2) produites à Paris à échéance 2020.
Pour ce qui concerne ses propres bâtiments et activités, la Municipalité entend se fixer des objectifs plus élevés encore : 30 % de réduction des émissions de CO2, 30 % de réduction de nos consommations énergétiques (éclairage public inclus), 30 % de notre consommation énergétique provenant des énergies renouvelables.

Pour y parvenir, nous portons une ambition claire : faire de Paris une capitale mondiale de l’énergie solaire. L’installation de 3300 m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits de la halle Pajol préfigure notamment l’émergence de la plus grande unité de production photovoltaïque installée dans un centre ville en France. De même, l’Office HLM de Paris installera 10 000 m2 de ces panneaux, sur les immeubles qu’il gère.
Les nouvelles constructions relevant de la municipalité ou des bailleurs sociaux de la Ville seront équipées de capteurs solaires. Plus largement, la Ville engagera, en partenariat avec les copropriétés volontaires, un vaste plan d’installation de panneaux photovoltaïques là où c’est techniquement possible.

urgence environnementaleNous engagerons également un programme d’amélioration des performances énergétiques du bâti parisien (neuf et ancien) reposant sur un diagnostic précis. Cela suppose d’élaborer, en partenariat avec l’Etat, la Région et le secteur bancaire, un dispositif partenarial d’incitation à destination des propriétaires et copropriétaires. Cette mise à niveau du bâti parisien se traduira également par l’amélioration de l’isolation phonique des logements, conformément au Plan de lutte contre le bruit, adopté en février 2006 et elle s’accompagnera notamment d’une aide financière aux travaux d’isolation acoustique et thermique dans les logements.
Partout où c’est possible, le recours à la géothermie, (c’est-à-dire à l’utilisation des caractéristiques thermiques des nappes d’eau en sous-sol), devra être envisagée. L’eau, bien rare, bien précieux, ne doit plus être gaspillée ou polluée. Quand une surface conséquente sera urbanisée, donc imperméabilisée, des ouvrages de stockage des eaux pluviales seront programmés, sur site, afin d’éviter, en cas de forte pluie, un débordement du réseau d’égout et une pollution de la Seine. Les eaux récupérées sur les toitures seront utilisées pour l’arrosage des jardins, et sous réserve d’une évolution de la réglementation, notamment pour les sanitaires des immeubles de bureaux.
Soulignons par ailleurs que ce premier mandat a été déterminant pour le service public de l’eau à Paris. S’inscrivant en rupture avec les pratiques antérieures, la Ville de Paris a renforcé sa présence dans la gestion de l’eau et a orienté dès 2001 son action pour un développement durable de l’eau à Paris. En 2003, nous avons renégocié les contrats de distribution conclus avec ses délégataires privés et obtenu un accroissement très sensible des investissements consacrés par ces derniers à l’entretien du réseau parisien. Un budget et un service de l’eau ont été créés de manière à reprendre le contrôle sur ce service public. En 2007, la Ville s’est dotée d’une nouvelle usine de traitement des eaux souterraines de l’ouest parisien selon les techniques les plus avancées, qui en élimine tous les pesticides et produits issus de l’agriculture intensive.
Depuis 1985, il faut rappeler qu’à Paris, la distribution de l’eau est déléguée à deux entreprises privées. En 2009, ces contrats de distribution arrivent à échéance. L’occasion nous est donc donnée de rechercher le meilleur dispositif permettant de garantir aux Parisiens une eau sûre et saine au meilleur coût. Quel que soit le mode de gestion retenu, ce nouveau service de l’eau devra impérativement proposer une tarification sociale et environnementale, permettant de mettre en œuvre concrètement le droit à l’eau pour tous et de responsabiliser les consommateurs. De même, la nouvelle organisation devra faire une plus grande place à l’information et à l’association des usagers.
Pour répondre aux défis sanitaires et écologiques soulevés par la raréfaction de la ressource en eau et les menaces de pollutions agricoles ou industrielles, la Ville définira début 2008 un vaste plan de modernisation des réseaux et des usines de traitement d’eau, de protection des captages et de rationalisation des prélèvements. Ces investissements devront permettre de garantir le respect des normes les plus strictes tout en maintenant un prix de l’eau en dessous de la moyenne des villes françaises.

La conception d’une ville moderne doit intégrer un autre défi qu’affrontent toutes les métropoles internationales : celui de la propreté. La perception des Parisiens sur le sujet, mesurée chaque année depuis 1989, révélait une dégradation constante entre 1994 et 2001. C’est pourquoi au cours de cette mandature, nous avons créé les moyens d’une amélioration sensible des résultats, en augmentant les effectifs de la Ville de 11,7% et en doublant le budget d’équipement afin de doter nos agents d’engins de lavage plus performants.
Si l’opinion des Parisiens s’est améliorée de 10 points depuis 2001, la situation reste insatisfaisante par bien des aspects, des disparités demeurant dans l’état de propreté des rues d’un quartier à l’autre.
Un vrai rééquilibrage géographique dans l’efficacité du service public de la propreté sera donc l’une de nos priorités. Cette volonté ne passe pas, selon nous, par une délégation totale du dossier de la propreté aux maires d’arrondissements. Séduisante de prime abord, cette hypothèse se traduirait en réalité par une désorganisation complète du service qui lie aujourd’hui collecte des déchets et nettoyage des rues : cette option permet ainsi de faire intervenir, depuis l’échelon central, des moyens supplémentaires ou spécifiques, sur l’ensemble du territoire parisien. Nous proposons en revanche, plutôt que de déstructurer ce service (et de créer des statuts divers au sein du personnel administratif de la Ville), de donner aux maires d’arrondissement un rôle clair de pilotage, au quotidien, sur la marche de ce dispositif et sur la manière dont il intervient dans leur arrondissement.
Enfin, face aux réflexes inciviques, nous poursuivrons notre action de sensibilisation et d’information mais aussi, en lien avec la Préfecture de police, de sanction des comportements inadaptés à cet enjeu de vie collective.

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