LES ÉDITOS

Deux semaines pour le changement

23 avril 2012

Les Français ont voté, massivement. Des commentateurs aux airs informés prétendaient que la politique ne les intéressait plus, que la démocratie n’était plus leur affaire, que l’élection présidentielle les ennuyait. Le peuple a répondu, hier, qu’il était le seul maître de son destin, et qu’il était résolu à en choisir souverainement la direction.

François Hollande est arrivé en tête : c’est le premier enseignement de ce scrutin, et il constitue, en soi, une promesse et une chance. La France s’est accordée les moyens du changement, en donnant une impulsion décisive au seul candidat capable de mettre, réellement, sérieusement, notre pays sur une autre voie.
Le deuxième enseignement, c’est l’échec du candidat sortant. C’est un pays abîmé, affaibli, désorienté, qui le renvoie à ses impostures, à ses promesses trahies, et à la brutalité de son arrogance.
Le troisième enseignement, c’est évidemment la percée de l’extrême droite. Nicolas Sarkozy aura, en un mandat, multiplié par deux les voix du Front national. Voilà où conduisent l’impression d’abandon, l’accumulation des ressentiments, la recherche permanente des boucs émissaires.

Nous avons quinze jours pour convaincre ce peuple blessé que le bulletin du changement dans l’efficacité, la dignité et l’unité, c’est le bulletin Hollande.

Le choix est simple : François Hollande ou Nicolas Sarkozy. Celui qui rassemble ou celui qui divise ; celui qui rassure ou celui qui joue avec les peurs ; celui qui tient un cap ou celui qui change de tactique et d’horizon toutes les semaines; celui qui propose des solutions pour la vie concrète des Français ou celui qui a échoué ; celui qui restaurera l’honneur de la République ou celui qui n’en finit plus de vouloir l’abaisser.

François Hollande reste calme, constant, déterminé. Il ne marchande pas les illusions, mais il mettra la France sur le chemin du redressement par la justice. L’emploi, l’école, le logement, seront ses premières préoccupations, et il s’y attellera avec un seul objectif, une seule ambition : réussir. Il sait la difficulté de la tâche à laquelle il aspire, et il s’y prépare avec énergie, avec humilité, et surtout avec le sens du rassemblement.

Dans la France de François Hollande, personne ne sera exclu de son propre pays, la République reconnaîtra tous ses enfants, et la nation se relèvera dans la conscience de sa propre unité. Il nous reste deux semaines pour faire gagner cette France apaisée, réconciliée, déterminée à saisir sa chance et à écrire une nouvelle page de son histoire.

Bertrand Delanoë

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