Bonsoir,
Merci de donner la parole à un très vieux résistant. J’ai l’habitude, comme beaucoup de mes camarades, d’aller dans des écoles, des collèges et des lycées, invité par les professeurs, comme le faisait Lucie, mon épouse pendant 67 ans, qui le faisaient plus souvent et mieux que moi.
Les jeunes posent des questions, parfois inspirées par leur inquiétude devant l’avenir. Ils veulent comprendre pourquoi leur grand-père, leur grand-mère, se sont engagés dans la Résistance ou dans les Forces Françaises Libres, et pourquoi ils combattaient malgré tous les dangers. Je peux témoigner de leurs solides connaissances, de leur ardente curiosité, de leur affection pour les vieux témoins. Permettez-moi, à cette occasion, de remercier tous leurs professeurs.
Mais nos jeunes parisiens vivent dans une ville qui, elle aussi, entretient le souvenir. Depuis quelques années, grâce à notre équipe municipale, comme ancienne tradition, des dizaines de plaques ont été apposées sur les immeubles, rappelant les gestes et la mémoire des résistants. Des dizaines de lieux, de rues, d’établissements scolaires ont reçu le nom de résistants, tel que Claude Bourdet, Joseph Epstein, Geneviève Anthonioz de Gaulle, André Tollet ou Lucie Aubrac.
Je vous ai entendu souvent, Monsieur le Maire, vous et vos collègues. Vous savez faire parler les plaques et les pierres. Des expositions, des colloques ont été organisés au Mémorial Maréchal Leclerc – Jean Moulin. Des collégiens et des lycéens ont reçu des DVD consacrés à la Libération de Paris et à la Déportation. Que disent tous ces signaux aux jeunes et aux moins jeunes ? Ils rappellent que les mouvements, les partis, les syndicats mobilisés dans les combats de la Résistance puis dans l’insurrection, qui ont libéré Paris au prix de tant de sacrifices, ont établi Notre République, celle où nous vivons, conforme aux valeurs pour lesquelles ils combattaient.
Ces valeurs étaient exprimées dans le Programme de la Résistance, programme du C.N.R. approuvé, fait unique dans notre histoire, par toutes les familles politiques. Et ce programme fut celui du premier gouvernement du Général De Gaulle : Liberté, Sécurité Sociale et retraites généralisées, contrôle des féodalités économiques, une presse libre, des lois sociales ouvrières et agricoles, le droit à l’éducation et à la culture pour tous. Ce programme affirme que les responsables politiques, économiques et culturels ne doivent pas démissionner devant la dictature internationale des marchés financiers, qui menace la paix et la démocratie en prétendant nous enrichir.
Car tels sont aujourd’hui les dangers réels, avec le racisme qui fait le siège de notre identité nationale, et même la mise en question de notre pacte républicain : la laïcité. Car, dit notre Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »
Je sais, Monsieur le Maire, que ces valeurs de la Résistance, qui sont aussi les valeurs de la République, ont inspiré vos actions et celles de votre équipe. Je suis convaincu que nos concitoyens vont vous confier un nouveau mandat. Les pouvoirs d’une Municipalité ne sont pas ceux de l’Etat, et il vous est difficile d’influencer directement la politique de la France. Mais Paris est Paris, et, heureusement, le peuple parisien est là.
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