Depuis sept ans, 10 nouvelles ZAC ont été lancées. Plus de 70 opérations d’aménagement sont en cours de réalisation ou engagées, couvrant 10% de notre territoire hors les bois. Parallèlement, un nouveau Plan Local d’Urbanisme a été adopté en 2006, pour asseoir cette dynamique et contribuer à un rééquilibrage du territoire parisien, historiquement marqué par des différenciations fortes, en matière de logements et d’emplois, entre le nord-est et le sud-ouest. Ce PLU a également introduit un nouveau dispositif de protection patrimoniale qui concerne plus de 5 000 bâtiments, en complément des 1 900 protections de l’État au titre des monuments historiques.
Répondre à cinq enjeux majeurs:
Nous nous imposerons trois exigences: une mise en œuvre volontariste du Plan Climat; une pratique soutenue de la concertation, du dialogue; la préservation du patrimoine existant et l’invention du patrimoine de demain.
Aménager l’espace public pour renforcer l’offre de logements
Pour produire de nouveaux logements, nous rachetons des immeubles existants, mais nous investissons surtout des terrains encore disponibles. Ce sera le cas pour la Gare de Rungis dans le 13e, Boucicaut dans le 15e, la Gare de d’Auteuil dans le 16e et les Batignolles dans le 17e. Nous poursuivrons la requalification de quartiers faubouriens comme la Cité Prost (11e), Brulon Citeaux (12e), Château Rouge (18e), Ourcq-Jean Jaurès (19e),Vignoles Est et Planchat Vignoles (20e).
Cette dynamique sera amplifiée avec une large place pour les logements sociaux et privés à loyer maîtrisé. Nous interviendrons ainsi dans les secteurs Charolais (12e), Saussure (17e) et Chapelle Internationale (18e). Nous poursuivrons notre politique d’acquisition de terrains et immeubles, notamment auprès de l’État, avec notamment les sites des casernes bd Ney (18e), secteur Reuilly-Diderot (12e) et rue Saint-Didier (16e). Les importants sites de l’AP-HP à Saint-Vincent de Paul et Broussais (14e) auront vocation à accueillir de nouveaux logements ainsi que des équipements publics, culturels et sociaux.
Soigner les «blessures» du passé
Des erreurs architecturales et urbaines terribles ont été commises dans les années 1960 et 1970 lorsque des quartiers entiers ont été rasés et remplacés par un urbanisme
de dalles surmontées de barres et de tours. Une réparation s’impose. C’est ainsi que nous avons engagé la rénovation des Halles dans le 1er, des Olympiades dans le 13e, du Front de Seine dans le 15e, de la Cité Michelet dans le 19e et Saint-Blaise dans le 20e.
Cette ambition pour un nouveau visage de Paris trouve tout son sens sur la couronne, délaissée au cours des décennies précédentes. Or la couronne se trouve non pas en périphérie de Paris mais au centre de notre métropole.
Beaucoup a déjà été entrepris depuis 2001, notamment grâce au Grand Projet de Renouvellement Urbain qui vise à apporter la même qualité d’espaces publics, d’architecture, d’équipements, de services dans ces quartiers que dans le centre de Paris. L’investissement consacré aux 11 quartiers GPRU, de l’ordre de 100M€ dans cette première mandature, sera doublé sous la prochaine mandature, atteignant ainsi 200 M€.
Le choix des Maréchaux pour l’implantation du tramway, constitue un levier exceptionnel pour accélérer la mue de ces territoires.
Créer des continuités urbaines
Des projets de grande ampleur sont déjà en train de naître entre Paris et ses voisins, grâce à deux couvertures du périphérique (porte des Lilas et porte de Vanves).
Nous lancerons de nouveaux projets de couverture en les insérant dans des opérations d’aménagement, de part et d’autre du périphérique, avec nos voisins. C’est ainsi qu’entre la porte de la Chapelle et celle d’Aubervilliers est étudiée, avec Plaine Commune, la création d’un véritable quartier intercommunal, avec des logements, de l’activité, des espaces verts, incluant la couverture du périphérique. Nous procéderons de la même manière pour les autres tronçons du périphérique que nous entendons traiter prioritairement dans la prochaine mandature: porte de Montreuil; ponctuellement entre la porte d’Ivry et de Vanves; Porte des Ternes/Porte de Champerret.
Nous renforcerons encore la présence de la nature en ville (le végétal sous toutes ses formes, l’eau, les ambiances…). Une consultation d’architectes-paysagistes sera organisée pour recueillir des propositions innovantes à mettre en œuvre en priorité de part et d’autre des boulevards des Maréchaux pour créer une «couture verte» entre Paris et les communes riveraines, mais aussi dans les quartiers: chaque conseil de quartier pourrait choisir un lieu, soit 121 lieux dans Paris.
Nous voulons créer des continuités urbaines sur l’ensemble de la couronne et en particulier au niveau des portes de Paris les plus importantes (par exemple les portes de la Chapelle, d’Aubervilliers, de Pantin, de Montreuil, d’Italie, d’Auteuil, de Clichy…) qui doivent devenir de véritables places, au coeur de l’agglomération.
Hauteurs…
Nous mènerons le débat nécessaire sur les plafonds de hauteur et la densité. Dans ce débat, il ne faut écarter aucune hypothèse: pourquoi ne pas monter jusqu’à un peu plus de 15 étages pour du logement, voire beaucoup plus haut, à titre exceptionnel, aux abords du périphérique, pour des équipements publics et de l’emploi? L’objectif serait impérativement de réaliser des bâtiments de grande qualité architecturale et de haute performance environnementale, parfaitement insérés dans leur tissu urbain. Trois sites ont conduit plusieurs cabinets d’urbanistes et d’architectes à formuler de simples hypothèses: Porte de la Chapelle; Bercy Poniatowski; Masséna Bruneseau. Si les projections ainsi imaginées ne sont pas toutes convaincantes, elles confirment l’intérêt de cette réflexion et la possibilité, dans certains cas, d’envisager des interventions de ce type, au service d’une vraie ambition sociale et urbaine. L’objet n’est évidemment pas de surdensifier la couronne. Mais ce territoire doit être un espace de liberté; c’est là que doit s’inventer le Paris de demain en lien avec ses voisins : liberté d’inventer de nouvelles formes urbaines, de nouvelles formes architecturales. Cette ambition passe par une véritable dynamique au cœur de ces territoire, ou activités, promenades, jeux, expos, doivent s’intégrer au paysage local, les transformant en quelque sorte, en nouveaux «grands boulevards» de Paris… En tout état de cause, sur ce sujet difficile et ambitieux des hauteurs, rien ne s’accomplira sans dialogue et concertation avec les Parisiens.
Beauté et audace…
Notre ambition pour Paris doit enfin permettre également l’émergence d’une architecture audacieuse dans le respect du patrimoine parisien. Ces innovations ont beaucoup concerné des opérations de taille petite ou moyenne (logements sociaux, équipements publics), mais aussi des réalisations architecturales ambitieuses, et profondément novatrices : la Fondation pour l’Art contemporain conçue par Franck Gehry, la Philharmonie de Paris conçue par Jean Nouvel, le nouveau forum des Halles avec la Canopée de Patrick Berger et Jacques Anziutti, les Docks en Seine de Dominique Jakob et Brendan Macfarlane…