Delanoe Paris 2008
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Paris, capitale de l’innovation

Paris est ouverte aux créateurs, aux inventeurs, aux scientifiques. L’époque actuelle est riche d’innovations technologiques et dans les vingt prochaines années, la prospérité des métropoles internationales reposera en partie sur des entreprises, des techniques, des métiers, des produits et des services qui n’ont pas encore vu le jour. Une compétition pacifique mais intense existe entre les grandes villes européennes – Londres, Berlin, Barcelone, Milan ou Amsterdam - et mondiales – New York, Hong Kong, Shanghai ou Tokyo – pour attirer sur leur territoire ces entreprises innovantes, porteuses d’emplois à forte valeur ajoutée.
Dans cadre, Paris dispose d’atouts importants : des universités et des écoles d’ingénieurs de grande qualité, des laboratoires de recherche de niveau mondial, des talents et des compétences reconnues dans l’économie de la création (mode, luxe, design, artisanat d’art), de la connaissance (biotechnologies, environnement, réseaux, technologies de l’information, nanotechnologies) ou dans l’économie financière (Euronext, gestion de fonds).
Toutes les études mesurant l’attractivité mondiale des capitales confirment que Paris est au coude à coude avec Londres. Notre cité est même la destination privilégiée des investisseurs internationaux à l’horizon 2010, notamment sensibles aux 2 millions de mètres carrés économiques autorisés par le nouveau Plan Local d’Urbanisme.
Dès 2001, notre collectivité s’est saisie de cet enjeu de l’innovation, largement négligé par le passé. Nous avons investi 400 millions d’euros dans le développement et la rénovation des universités parisiennes, et nous avons créé des pépinières pour accueillir les jeunes pousses: Paris Biopark, la pépinière Cochin, la rue des Haies dans le 20éme pour le numérique ou la pépinière pour les jeunes pousses de design à République. La Ville participe également aux pôles de compétitivité aux côtés des entreprises, de l’État et de la région Île-de-France. Enfin, elle s’est engagée pour faciliter l’émergence des réseaux du futur – fibre optique, wifi, wimax –, infrastructure indispensable à l’épanouissement de cette nouvelle économie.

economieLa prochaine mandature fera du soutien à l’économie de l’innovation une priorité de premier rang. Nous le relèverons par un engagement financier sans précédent, véritable signal de l’ambition parisienne pour le XXIe siècle: 1milliard d’euros seront mobilisés pour l’Université, la Recherche et l’innovation, agrégeant l’ensemble de nos efforts d’investissement pour l’innovation. Nous viserons en outre l’objectif de mobiliser un montant équivalent auprès de nos partenaires (Europe, État, Région, acteurs financiers et économiques).

Nous créerons de nouvelles pépinières : BIOPARK 2 à Ivry, le projet ParisParc en plein cœur de Jussieu, l’Institut du cerveau et de la Moelle à la Pitié Salpêtrière, une pépinière culturelle au 104, rue d’Aubervilliers, une pépinière sur les éco-activités dans la Zone d’Aménagement Concerté Pajol, une autre sur les métiers de l’édition dans le 6e arrondissement.
À la fin de la mandature, Paris disposera de 100 000m2 de pépinière et d’incubateurs pouvant accueillir les créateurs d’entreprises innovantes dans toutes les spécialités, avec une attention particulière pour les activités liée au développement durable, dont le potentiel est considérable, en particulier en terme de créations d’emplois non délocalisables.

Nous aiderons les PME, les jeunes pousses et les entrepreneurs individuels à accéder au très haut débit dans le cadre du plan «Paris, ville numérique» qui favorise le développement volontariste des réseaux sans fil et de la fibre optique à Paris.

Nous créerons l’Agence Parisienne de l’Innovation dont la mission ne sera pas d’ouvrir un énième guichet de subventions aux jeunes entreprises innovantes, mais au contraire de passer avec elles de vrais conventions pour expérimenter leurs produits et leurs services.
Cette agence mobilisera la puissance de la commande publique parisienne pour susciter des innovations dans les biens, les services, et les modèles économiques.

En synergie avec la Chambre de commerce et d’Industrie de Paris, nous refonderons l’Agence de Développement Économique de Paris pour en faire le lieu de définition de la stratégie économique métropolitaine entre les acteurs privés et publics. Cette agence sera présidée par un chef d’entreprise de stature internationale et sa stratégie sera définie par un conseil d’entrepreneurs, véritables ambassadeurs économiques
de Paris à l’international. Les missions de cette agence seront fortement réorientées, en liaison avec la Région, afin de porter un ambitieux projet de promotion de Paris à l’échelle mondiale afin d’accueillir les entreprises innovantes: «investir à Paris».

Nous créerons, en partenariat avec l’Académie de Paris, une école primaire et un collège internationaux, pour favoriser la mobilité internationale des universitaires et des cadres étrangers. Nous soutiendrons les initiatives de regroupements des universités et centres de recherche en finançant des projets présentés par des structures universitaires fédératives, et notamment des Fondations d’universités. En effet, nos universités sont affaiblies par leur dispersion sur plusieurs centaines de sites dans tout Paris, ce qui complique les contacts quotidiens entre professeurs et étudiants, et limite les liens avec les activités s’appuyant sur la communauté universitaire (jeunes pousses innovantes, activités culturelles…).
Il est en outre nécessaire de penser le développement universitaire autour de quelques grands pôles urbains rapprochant l’enseignement, la recherche, des logements pour les étudiants et les chercheurs, des incubateurs ou pépinières d’entreprises innovantes. Ces pôles doivent se concevoir à l’échelle de Paris Métropole, en partenariat avec les communes et départements voisins.

La Ville de Paris financera des travaux importants dans trois grandes zones. La première dans les 5e et 6e arrondissements, autour de la Montagne-Sainte-Geneviève. La seconde se déploie le long de la Seine, à partir de Jussieu, vers la ZAC Paris Rive Gauche, en passant par la BNF et la Pitié Salpêtrière. La Ville continuera à y acquérir le foncier nécessaire pour terminer l’installation de l’université Paris Diderot et d’un pôle de langues. Cette zone a vocation à s’étendre vers Ivry, en partenariat avec les collectivités voisines. Nous proposerons enfin la constitution d’un troisième pôle dans le Nord-est parisien, à cheval sur Paris et Plaine Commune. Ces trois zones combineront enseignement et recherche, logements, activités culturelles, incubateurs et pépinières.

Nous augmenterons l’offre de logements adaptés pour les étudiants en doctorat et les enseignants-chercheurs. Nous créerons une maison d’accueil des chercheurs et universitaires regroupant tous les services nécessaires à leur installation à Paris, notamment pour les aider dans leurs démarches pratiques (crèches, logements, écoles). Nous créerons 500 places en résidence hôtelière pour les doctorants, post doctorants et jeunes chercheurs invités et favoriserons des conventions de réservation négociées entre les universités et les bailleurs.

La réussite de cette stratégie de l’innovation est aussi affaire de volonté collective. Préjugés et méfiance empêchent parfois la valorisation de la recherche publique, le dépôt de brevets, la collaboration efficace entre le monde de l’université et de la recherche publique et celui de l’entreprise, des «business angels» et des sociétés de capital risque. L’agence parisienne de l’Innovation aura aussi pour mission de décloisonner, d’organiser le dialogue, de faire «bouger les lignes». Une politique urbaine efficace doit permettre de mieux organiser le cycle de l’innovation : formation, recherche, développement, création d’entreprises, internationalisation. Une bonne part du dynamisme et de la prospérité de Paris se joue dans la réussite de cette stratégie.