Delanoe Paris 2008
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Perspectives

L’art, l’histoire, la beauté, les spectacles, la grâce de Paris en font une ville unique, enviée et admirée dans le monde entier.

Nous avons voulu sortir la culture de son carcan, conforter le souffle de création, encourager une véritable irrigation de toute la ville : ainsi, dans nos Nuits Blanches, l’art sort de chez lui, et découvre que chez lui, c’est partout. « L’oeuvre d’art, disait Duchamp, est un rendez-vous » : nous avons souhaité que ce rendez-vous soit plus quotidien, plus inopiné. La culture parisienne s’écrit plus que jamais dans la cité.

C’est une nouvelle étape que nous proposons. Il faut proposer des « rendez-vous» plus nombreux et plus naturels et poursuivre la politique de rééquilibrage géographique au profit de l’Est parisien auparavant délaissé (notamment Goutte d’Or, Danube-Solidarité, Saint-Blaise et Porte de Montreuil, Porte Pouchet, Portes de Montmartre-Clignancourt).

Le déploiement d’une nouvelle génération d’équipements culturels (Maison des Métallos, les Trois Baudets, le Centre Barbara, le 104-cent quatre, la Gaîté Lyrique, l’Institut des Cultures d’Islam, le Louxor, la Philharmonie de Paris) permettra de prendre en compte l’évolution des modes de création, de mieux accompagner les artistes et d’impliquer davantage les Parisiens.

Ce dynamisme accru gagne également à s’appuyer sur l’occupation temporaire de lieux vacants, dans le cadre d’un programme d’ateliers nomades, conjuguant création, accueil de publics et ateliers d’artistes.

Nous souhaitons que la Ville développe un partenariat plus ambitieux avec le plus grand nombre d’établissements dans l’objectif d’aider à l’émergence artistique, de s’ouvrir plus aux pratiques amateur, de tisser des liens à travers la région parisienne, de se rapprocher des établissements scolaires et de diversifier leur public, par la médiation, l’aménagement des horaires et la mobilisation du progrès technologique.

L’accent doit être mis sur l’apprentissage. Nous souhaitons qu’il soit mis à la disposition de tous, avec, pour premières pistes de créer, sur la mandature, 3 000 places dans les conservatoires, en privilégiant les arrondissements qui en sont moins dotés ; contracter entre établissements culturels et établissements scolaires. Le développement d’activités périscolaires pour les Collégiens viendra prolonger les efforts déjà entrepris dans l’enseignement primaire pour la sensibilisation artistique.

Nous devrons également offrir aux cadres des centres d’animation une formation supplémentaire, notamment dans le secteur de la lecture et de l’écriture et garantir aux enseignants en formation la possibilité d’un stage dans un établissement culturel de la Ville de Paris (bibliothèques, musées, théâtres, centres d’art, festival…).

Nous souhaitons également promouvoir des jumelages entre certains établissements culturels parisiens et des institutions implantées dans d’autres villes franciliennes.

Et nous voulons en outre valoriser les pratiques amateurs, et proposons de :

> ouvrir au moins cinq nouveaux lieux de répétition

> ouvrir davantage les institutions municipales aux associations d’amateurs,

> développer, comme le fait déjà le « Lieu de amateurs » à l’auditorium Saint-Germain, les rencontres et les partenariats entre groupes d’amateurs et artistes professionnels

> créer un temps fort annuel de rassemblement, de reconnaissance et de valorisation des travaux d’amateurs dans toutes les disciplines à partir des établissements culturels et des centres d’animation

La présence des industries culturelles dans la Ville doit être soutenue.  Pour intensifier l’action déjà entreprise, il nous paraît particulièrement important de s’attacher à :

- conforter le réseau des librairies indépendantes (selon un mécanisme emprunté au modèle des cinémas «art et essai»);

- étendre aux industries techniques novatrices (effets spéciaux, post-production …) les mécanismes d’exonération de la taxe professionnelle

- développer l’implantation de pépinières et d’hôtels d’activités pour industries culturelles (production cinématographique, audiovisuelle et vidéo, édition, jeux vidéo, bande dessinée …)

- soutenir, par un dispositif économique, le tournage de films à Paris

Aménager la ville, la rénover, l’embellir représente véritablement un geste artistique. L’horizon n’est pas 2014. Il s’agit d’écrire la ville que nous lèguerons à ceux qui viendront après nous, et des traces que notre conception de l’urbanisme laissera aux générations suivantes. Au cœur d’une métropole en mouvement, Paris doit continuer de rayonner, d’innover et d’inventer. La ville ne peut pas être qu’utilitaire.

Nous avons évidemment un devoir de protection de notre patrimoine, qu’il faut rendre compatible avec le souffle vital de l’imagination.  Ainsi, tandis que le nouveau Plan local d’urbanisme protège plus de 5000 bâtiments, la relance d’une politique ambitieuse en matière d’urbanisme a permis l’émergence d’une architecture plus audacieuse, qu’il s’agira de mieux mettre en lumière. La création architecturale doit continuer de se déployer à Paris.

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