La culture a vocation à irriguer la ville, à favoriser l’échange, la découverte, l’expression de chacun. Il fallait donc à la fois créer des lieux nouveaux, moderniser d’anciens équipements, accompagner des pratiques artistiques souvent foisonnantes et veiller, surtout, à ce que cette richesse soit accessible à chacun.
Culture pour tous
Rééquilibrer l’offre culturelle sur l’ensemble du territoire parisien
Les nouveaux équipements ont été créés en priorité dans les arrondissements du nord-est et de la périphérie, grands oubliés de la politique culturelle des mandatures précédentes : deux médiathèques dans les 15e et 20e arrondissements, de nouveaux lieux de création et de diffusion comme les Trois Baudets dans le 18e, Les Métallos dans le 11e et le 104 dans le 19e.
Le développement des cinémas dans les quartiers du nord-est de Paris (Quai de Loire ou Claude-Bernard) a également été encouragé, tandis que les salles indépendantes ont bénéficié d’un soutien très important grâce à la création d’un Fonds d’aide doté de 180 000€.
Des politiques tarifaires adaptées et incitatives, véritables outils de démocratie
Divers dispositifs, destinés notamment aux jeunes, ont été développés dans tous les lieux de diffusion financés par la Ville. Des tarifs dégressifs en fonction du quotient familial pour les frais d’inscription aux conservatoires et aux « Ateliers Beaux-Arts » de la Ville de Paris ont été mis en place.
L’accès gratuit aux collections permanentes de tous les musées de la Ville de Paris a été instauré dès 2002 ; leur fréquentation a augmenté de 30 %. Pour les expositions temporaires, la gratuité a été étendue aux enfants jusque 14 ans et des tarifs particuliers sont accordés aux personnes bénéficiaires du RMI. Les expositions présentées à l’Hôtel de Ville ont offert gratuitement aux Parisiens une programmation diversifiée : la chanson (Piaf, Dalida et Montand), la photographie (Willy Ronis, Raymond Depardon, Doisneau), la peinture (Cézanne, Dubuffet), la bande dessinée (Cabu). De nombreuses opérations cinéma gratuites ont également été mises en place.
Une approche qui met la culture à la portée de tous, au coeur de la ville
La culture irrigue et nourrit la ville, et permet aux Parisiens d’appréhender autrement leur cadre de vie. Nuit Blanche et Paris Cinéma sont caractéristiques de cette démarche.
C’est avec ce souci de conserver l’art au coeur de la Ville, que nous avons engagé un programme inédit de commande publique. Les commandes de 1 % sur les constructions publiques (écoles, piscines, patrimoine…) ont été développées ; le tramway des Maréchaux comprend sur son parcours, là où les parisiens vivent, se déplacent, des oeuvres de neuf grands artistes contemporains (Christian Boltanski, Angela Bulloch, Sophie Calle, Frank O. Gehry, Didier Fiuza Faustino, Dan Graham, Peter Kogler, Bertrand Lavier et Claude Lévêque).
Une attention particulière au jeune public
Les actions en faveur du jeune public se sont multipliées : plus de 500 ateliers sont organisés dans les bibliothèques, les écoles, les musées et les centres de loisirs de la Ville. L’éducation à l’image est privilégiée grâce à la Maison du geste et de l’image, à l’action en milieu scolaire ou encore à la création de « Mon premier festival» de cinéma.
Les Professeurs de la ville de Paris offrent un service précieux à nos enfants, en assurant, dispositif inédit en France, les enseignements dans des matières musicales, artistiques, sportives…, qui relèvent partout ailleurs en France des professeurs des écoles.
La municipalité encourage l’expression artistique des jeunes parisiens. Paris jeunes talents prime les meilleurs spectacles vivants et encourage des débuts prometteurs. Le festival « Ici et demain » permet à des troupes étudiantes de se produire dans tous les arrondissements de Paris et en proche banlieue : 12 000 Parisiens peuvent profiter des 80 spectacles ou expositions organisés dans 50 lieux par les étudiants participants.
Une meilleure articulation entre pratiques professionnelles et pratiques amateur
Un inventaire des pratiques musicales amateur a été réalisé en 2003. Un travail collectif a été entrepris pour redéfinir les missions des associations financées par la Ville, tisser des passerelles entre les groupes amateurs, les lieux de diffusion, les conservatoires, et favoriser l’émergence de projets. La Maison des pratiques artistiques amateur, créée en 2006 à l’auditorium Saint-Germain, illustre cette politique.
Favoriser l’accès à la culture aux personnes handicapées
L’égalité citoyenne se construit également en permettant à chacun de pouvoir réaliser ses passions. Parce que la culture en particulier permet l’épanouissement personnel et offre une multitude de rencontres, une instance de concertation, « Paris Culture et Handicap », réunissant associations, professionnels et usagers, a émis des préconisations pour l’accès à la culture et plusieurs actions ont été initiées ou soutenues par la Ville :
- grâce à un partenariat avec l’association « Accès culture », les personnes déficientes visuelles ou auditives peuvent accéder au théâtre et au cinéma au moyen de l’audio-description ou du sous-titrage (à l’Arlequin, au MK2 Quai de Seine et au Théâtre du Châtelet) ;
- grâce au partenariat avec « Cemaforre », des personnes handicapées disposent d’une offre de culture à domicile ;
- « l’International Visual Theatre » (9e) a été inauguré et propose une saison de théâtre en Langue des Signes française.
- les conservatoires de musique s’ouvrent également peu à peu et l’école « Au clair de la lune » permet à chacun, handicapé ou non, de pratiquer le théâtre. Dans le même registre, «Regard’en France Cie », que nous soutenons financièrement, a créé son école de théâtre qui accueille personnes handicapées et valides.
- enfin, le Petit Palais et le musée Cernuschi (8e) sont désormais accessibles aux personnes à mobilité réduite, de même que 42 bibliothèques. Ces dernières s’adaptent également au handicap visuel en proposant des abonnements aux journaux dans des formats adaptés, des livres sonores et des outils de grossissement des caractères. Les médiathèques seront dotées de signalétiques pour non voyants et non entendants et proposeront des services adaptés (livres en braille, abonnements à la presse vocale…).
Des lieux de culture inédits ou rénovés
Les grandes institutions culturelles parisiennes que sont le musée Cernuschi, le Petit Palais et le Musée d’art moderne ont été entièrement rénovées. Nous avons voulu que les salles d’exposition deviennent plus spacieuses et que les visiteurs trouvent ainsi au musée des espaces de détente et de convivialité. Près de 100 M€ ont été consacrés à ces hauts lieux du rayonnement culturel de Paris.
Des lieux de culture nouveaux ont vu le jour. L’expression contemporaine est désormais au coeur d’une démarche artistique diverse :
- Le 104 (19e) : les travaux de ce futur lieu pluridisciplinaire dédié à la création artistique ont démarré en avril 2006 pour une livraison en mars 2008. Il est dirigé par F. Fisbach et R. Cantarella.
- La Maison des Métallos (11e) : ce lieu, dédié au spectacle vivant et ouvert aux associations qui participent à sa programmation, ouvert en novembre 2007, mêle toutes sortes de disciplines pour un public divers, spectateurs ou praticiens amateur. Il abrite en outre un pôle de création numérique. Il est dirigé par G. Paquet.
- La Gaîté lyrique (3e) : cet espace donnera asile aux vecteurs modernes d’expression que sont arts numériques et musiques électroniques. Il sera dirigé par J. Delormas, en partenariat avec Naïve et 3ème Pôle.
- Les Trois Baudets (18e) : la salle qui a vu débuter bien des artistes de la chanson française rouvrira ses portes en janvier 2008 pour servir de tremplin aux jeunes artistes. Il sera dirigé par J. Bassouls.
- Le Louxor (10e) : la volonté de préserver ce très rare bâtiment néo-égyptien était l’occasion de réfléchir à la création d’un cinéma art et essai, comprenant une salle consacrée aux cinémas du Sud.
- L’Institut des cultures d’Islam(18e) : il programmera des spectacles, des conférences et des formations reflétant la diversité et la richesse des cultures musulmanes.
- Le Grand Auditorium (19e) : projet en partenariat avec l’État, d’une capacité de 2500 places, la salle sera située à proximité de la Cité de la musique et du Conservatoire. Jean Nouvel est l’architecte de cet édifice qui ouvrira ses portes en 2012.
Le livre
Sans livre, pas de mémoire, de pensée ou de transmission. Dès 2001, priorité a été donnée aux bibliothèques.
- 22 bibliothèques rénovées ;
- 42 établissements accessibles aux personnes handicapées ;
- cinq nouvelles bibliothèques : François-Truffaut (1er), Portefoin (3e), Chaptal (9e), ZAC Pajol (18e), Réunion (20e)
- deux nouvelles médiathèques : Marguerite-Yourcenar (15e) et Marguerite-Duras (20e) ;
- numérisation des catalogues, accessibles en ligne (http://www.bibliothèques.paris.fr/).
Un nouveau rapport au patrimoine
Limitée aux édifices monumentaux et aristocratiques, la vision du patrimoine a trop longtemps écarté l’héritage populaire, industriel ou faubourien de la capitale. Des protections Ville de Paris (PVP) - 5 000 au total, identifiées avec les conseils de quartiers, les associations, riverains et sociétés historiques - sont désormais inscrites dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU) et protègent un bien commun à tous les Parisiens. Ont notamment été sauvés la Maison des Métallos (11e), les Trois-Baudets (18e), le Louxor (10e), le 104 (19e) ou encore la Gaîté Lyrique (3e).
Par ailleurs le « plan Églises » concerne plus de 34 édifices à Paris. Les deux opérations les plus emblématiques concernent la Tour Saint-Jacques (7,7 M€ ) et la Tour Nord de l’église Saint-Sulpice (16 M€ ).
La mise en valeur du patrimoine se traduit aussi par la création, en 2005, de La Parisienne de photographie, qui gère les collections de la Ville et la collection Roger-Viollet au sein d’une banque d’images modernisée (http://www.parisenimage.fr/).
La mise en perspective des grands moments de l’histoire de Paris au XXe siècle fait également partie du patrimoine. En effet, une société ne peut prétendre aborder l’avenir avec ambition et clairvoyance, sans cultiver d’abord la richesse d’un héritage et les valeurs qui lui ont été léguées. La Ville s’est pleinement investie dans la commémoration du 60e anniversaire de la Libération de Paris et dans la mémoire de la déportation. Les grands libérateurs de Paris ont désormais leurs noms inscrits dans les artères de la ville : Rol-Tanguy, Chaban-Delmas, Tollet, Priou Valjean…
Des expositions (« Derniers témoins, entre l’écoute et la parole », « Du refuge au piège, les Juifs dans le Marais », « Les femmes oubliées de Buchenwald » « Paris 1945 : ils reviennent ! »), des DVD offerts aux collégiens et lycéens participent du devoir de mémoire. Il est également significatif que les associations et fédérations de déportés aient souhaité célébrer le 60e anniversaire de l’ouverture des camps en tenant leur congrès dans l’enceinte de l’Hôtel de Ville. Comme signal d’une solidarité concrète et d’une reconnaissance de leur rôle dans la cité, nous avons en outre veillé à accorder la gratuité des transports en commun aux anciens combattants.
Accompagner les nouvelles dynamiques créatives
Les grandes institutions parisiennes se sont vues confortées.
Paris Quartier d’été et le Festival d’automne proposent chaque saison une programmation attractive et populaire dans le domaine des arts vivants. Le Théâtre de la Ville, l’Ensemble Orchestral de Paris, l’Orchestre de Paris, le Théâtre du Châtelet ou la Maison européenne de la photographie… continuent également d’offrir des programmations ambitieuses. La réouverture du Théâtre du Rond-Point, en 2003, a permis de créer un lieu nouveau, dédié à l’écriture dramatique contemporaine.
La Nuit blanche a redonné à Paris une dimension pionnière - le modèle ayant, depuis 2002, inspiré des manifestations nocturnes partout dans le monde, de Riga à Toronto en passant par Rome ou Shanghai. Elle s’inscrit parmi les grands rendez-vous qui rythment la vie de la capitale, dans une rencontre populaire entre création contemporaine et valorisation des beautés diverses de la cité.
Des pans nouveaux de la création sont désormais encouragés. Paris soutient ainsi
le « Nouveau Cirque » et les Arts de la rue disposent de moyens très significatifs (577 000€ en 2006). Ces deux champs de la création disposeront bientôt d’un site permanent de travail dans l’ancienne gare Masséna, au Théâtre de la Marionnette. A signaler également le développement de festivals tels que « Maintenant Onze Bouge », « Le Temps des rues », « Opéra des rues », ….
Les musiques actuelles sont également considérées maintenant comme un pan essentiel de la création parisienne : aide aux petits lieux (le Batofar, la Guinguette Pirate, le Lavoir Moderne Parisien, le Sentier des Halles, la Maroquinerie), création en 2003 d’un Observatoire des lieux de vie, soutien à l’association Mila, qui fédère les labels indépendants et met à disposition des locaux vacants en pied d’immeuble dans le 18ème arrondissement.
Avec l’exposition d’art contemporain « Latitudes » et le Carnaval Tropical, nous avons aussi tenu à promouvoir les artistes et cultures d’outre-mer, comme à faire vivre dans la ville la part ultramarine de l’identité parisienne.
Dans le domaine du cinéma, véritable composante identitaire de Paris, la Ville a développé une politique importante de soutien aux salles, d’aide aux jeunes réalisateurs et d’assistance aux quelque 650 tournages qui se déroulent chaque année sur le territoire parisien. L’histoire contemporaine de Paris est liée intimement à celle du 7e art comme le démontre chaque année le Festival Paris Cinéma. C’est ce rapport riche et singulier qu’il convient d’entretenir.
La Ville a par ailleurs engagé une politique ambitieuse de création de lieux de résidence et de travail pour les artistes. Le parc municipal d’ateliers d’artistes a progressé de 30 % pendant cette mandature, deux fois plus rapidement qu’auparavant, soit une augmentation de 282 ateliers auxquels s’ajouteront en 2008 ceux de la Villa des arts (18e) sauvés de la spéculation immobilière.
Les procédures d’attribution des ateliers ont été rendues plus transparentes, grâce notamment à la mise en place d’une commission pluraliste.
Notre collectivité a également mis en place des structures plus souples d’ateliers ou de résidences pour les professionnels et les amateurs confirmés : Point P (10e), Ateliers de danse rue Geoffroy-Lasnier (4e)….
Des lieux de créations menacés de dégradation, de destruction ou de rachat sont sauvegardés : réhabilitation du couvent des Récollets (10e), qui offre 85 ateliers et logements, rachat des Frigos (13e), de la Forge (11e), de l’immeuble du 59 rue de Rivoli (1er).
Enfin, nous avons noué des dialogues constructifs avec plusieurs collectifs d’artistes squattant des lieux municipaux : « Electron libre », rue de Rivoli, « Paris centre art », rue Saint-Honoré, «L’Entreprise libre», rue René-Boulanger, ou non municipaux comme le Théâtre de Verre, rue de l’Échiquier ou La Générale dans le 19e. La Ville développe des lieux d’accueil pour ces collectifs, comme au 100, rue de Charenton (12e).