2008-2014 : Paris, actif pour ses familles
Paris doit être une ville où chacun se sente chez lui, c’est à dire une ville pour tous les âges de la vie. Notre volonté est de maintenir à Paris la diversité de ses familles. La politique que nous avons menée ces dernières années a été pensée dans le sens d’une meilleure adaptation aux besoins des familles.
La prochaine mandature devra permettre de solidifier la politique mise en place depuis 2001. Proposer un mode de garde de qualité pour les jeunes enfants à chaque famille, accompagner la réussite scolaire, les loisirs, conforter les politiques culturelles et sportives comme vecteurs de valeurs et de vie dans la cité, seront les axes majeurs de notre action.
La petite enfance : proposer une large palette de modes de garde de qualité
Depuis 2001, nous avons voulu accompagner et accueillir la petite enfance. Mieux doté en crèches que la moyenne nationale, Paris a encore creusé l’écart, et nous avons veillé à répartir équitablement cet effort de façon à soutenir les arrondissements qui en avaient le plus besoin. Mais la demande, poussée par le dynamisme des naissances, reste forte et en partie insatisfaite. Il s’agit donc d’élargir encore nos ambitions, et d’accroître sensiblement l’offre de modes de garde, en quantité, en diversité et en qualité.
Dans cette optique, nous continuerons à donner la priorité à la création de places en crèches, mode de garde collectif plébiscité par les parents, notamment pour ses effets positifs sur la socialisation de l’enfant. Nous généraliserons d’ailleurs les conseils de parents dans les crèches. Et nous en créerons 4 500 nouvelles places d’ici 2014, en intensifiant le multi-accueil et les horaires élargis, qui, par leur souplesse, offrent une réponse pertinente aux situations professionnelles diverses des parents. Et nous généraliserons les conseils de parents dans les crèches.
Il faut aussi promouvoir d’autres modèles que la crèche, ce qui ne peut se résumer à une aide financière versée de façon indifférenciée, à la fois injuste sur le plan social et inefficace dans la mesure où elle ne résout absolument pas la question fondamentale de l’offre.
Dans cette optique, nous suggérons :
de développer l’ouverture des classes de maternelle, ce qui implique la nomination par le Rectorat d’enseignants suffisamment nombreux : il est en effet inacceptable que seuls 5 % des enfants de deux à trois ans soient scolarisés à Paris, alors qu’ils sont 35 % sur l’ensemble du territoire,
de développer sensiblement la garde d’enfants à domicile, ce qui se traduira par la création d’un « label qualité garde à domicile », attribué aux associations qui forment des personnels à la fonction « d’auxiliaire parental » et proposent ainsi des solutions fiables aux familles, ce label concernera également d’autres prestataires potentiels, par exemple au sein de l’économie solidaire (mutuelles), voire d’interlocuteurs reconnus du secteur privé.
Pour mieux protéger les enfants et soutenir les parents
Une priorité sera donnée aux problèmes spécifiques des familles avec adolescents notamment par un renforcement des actions de prévention et d’offre périscolaire.
L’ouverture de nouveaux services d’accueil de jour alternatifs au placement (2 SAJ ont été créés en 2007) dans les arrondissements les plus importants permettra de répondre aux difficultés de familles ne maîtrisant pas le suivi éducatif des 5-13 ans.
Nous nous proposons aussi de renforcer les actions de soutien à la parentalité avec la création de nouveaux lieu d’accueil parents/enfants et la création de nouveaux centres sociaux
Mieux accompagner la réussite scolaire
Cette information est mal connue des Parisiens : le taux de réussite scolaire des élèves de la capitale de la France est inférieur à la moyenne nationale. Ce résultat médiocre dissimule de surcroît des disparités très importantes entre les meilleurs établissements qui ont des résultats excellents et de nombreux autres où on en est loin. Nous ne pouvons nous résigner à cette situation. Bien que la Municipalité dispose de peu de leviers, nous mettrons tout en œuvre pour engager avec le ministère de l’Éducation nationale un travail de fond afin de combler ce retard et réduire ces disparités.
S’engager pour la réussite scolaire constitue un chantier majeur, nécessitant de créer de nouveaux ponts entre les univers scolaire et périscolaire. La Ville de Paris consacre 40 M€ par an à la rétribution de plusieurs centaines de professeurs de la ville de Paris (PVP) qui prend en charge des matières musicales, artistiques, sportives, qui relèvent, partout ailleurs en France, de la charge exclusive des professeurs des écoles. Paris est prêt à aller au-delà de ses compétences, et à ne pas lésiner sur les moyens, quand il s’agit de ses enfants.
Notre politique reposera donc sur un certain nombre de principes fondamentaux, consistant à mieux accompagner la réussite scolaire, à garantir une meilleure cohérence entre les temps scolaire, périscolaire et familial, mais aussi à offrir un égal accès de tous au service public. Ainsi, nous devrons rester fermes sur le maintien de la « géographie prioritaire », et tenir bon face aux velléités gouvernementales de réduction.
Cette démarche s’inscrit dans l’affirmation du principe de laïcité, et plus généralement de la neutralité de l’enseignement public, notamment en étant très vigilants sur l’interdiction de la publicité à l’intérieur des établissements scolaires.
Dans cet esprit, nous proposons d’ores et déjà aux collèges parisiens, les pistes suivantes :
accroître l’offre d’activités périscolaires pour les adolescents à l’intérieur même des collèges, en développant par exemple les ateliers artistiques et en permettant l’accès aux équipements culturels et sportifs des collèges pendant les vacances scolaires,
renforcer les études dirigées, en prolongeant les horaires d’ouverture et en améliorant l’encadrement,
démocratiser l’accès aux sciences en développant dans les collèges les opérations de découverte et les partenariats avec les organismes scientifiques et les universités,
équilibrer l’offre des collèges sur l’ensemble du territoire parisien.
Nous allons bien sûr poursuivre l’effort entrepris en matière de création d’écoles (261 nouvelles classes ont été créées depuis 2001).
La restauration scolaire est aussi un sujet majeur : il s’agit de l’alimentation des enfants, donc de leur santé, et nous avons augmenté d’un quart le soutien de la Ville aux caisses des écoles qui assurent la distribution de 110 000 repas par jour).
Le sport, vecteur de valeurs et de vie dans la cité
Nous avons eu pour objectif de démocratiser le sport à Paris et de permettre à chacun de pratiquer la discipline qu’il souhaite dans les meilleures conditions, quels que soient son âge, sa situation sociale ou son quartier.
En doublant le budget d’investissement consacré au sport, nous avons commencé de rattraper le grave déficit en équipements de proximité qui prévalait à Paris. Notre politique de rééquilibrage géographique a également permis de corriger des inégalités entre arrondissements. Nous avons renforcé notre soutien aux clubs sportifs parisiens.
Malgré les progrès accomplis, de nombreux Parisiens éprouvent encore des difficultés à faire du sport à côté de chez eux, faute d’équipement ou faute d’horaires adaptés à leur rythme de vie.
Notre volonté pour demain sera de conforter toutes les pratiques sportives, qu’elles soient libres ou encadrées, dans des clubs de quartier ou de haut niveau. Dans ce but, il nous semble nécessaire de poursuivre l’effort de construction et de rénovation de piscines, de gymnases, de terrains sportifs de proximité… Parmi les projets en cours figurent notamment le Carreau du Temple (3e), le centre sportif Beaujon (8e), le centre sportif Tour-des-Dames (9e), le gymnase Saint-Lazare (10e), le gymnase stadium aux Olympiades (13e), une nouvelle piscine flottante sur la Seine dans le 15e arrondissement, la réhabilitation de la piscine Molitor (16e), la rénovation du stade Jean Bouin (16e) ou le gymnase des Fillettes (18e).
Il conviendra également d’amplifier l’adaptation des horaires des équipements, en concertation avec les personnels municipaux afin notamment de favoriser un plus large accès à la diversité des publics à ces équipements.
Une politique culturelle qui s’inscrit plus que jamais dans la cité
Toute la politique culturelle de ces sept années aura été marquée par cette volonté constante : qu’il n’y ait plus le Paris de la culture, réservé aux initiés, aux privilégiés et aux touristes, et le Paris de tous les jours, privé de sa part culturelle, vidé du meilleur de lui-même et livré à la grisaille de la répétition des jours.
C’est une nouvelle étape que nous proposons : sur la base d’une offre que nous avons rendue plus riche et plus diverse, mieux répartie aussi, sur le territoire, il faut faire de ces « rendez-vous» des moments plus nombreux et plus naturels.
Cela passe d’abord par l’apprentissage. Nous souhaitons qu’il soit mis à la disposition de tous, avec, pour premières pistes de créer, sur la mandature, 3 000 places dans les conservatoires, en privilégiant les arrondissements qui en sont moins dotés ; de contracter avec des établissements culturels subventionnés par la Ville afin qu’ils nouent des liens de collaboration avec les établissements scolaires.
Nous devrons également offrir aux cadres des centres d’animation une formation supplémentaire, notamment dans le secteur de la lecture et de l’écriture et garantir aux enseignants en formation la possibilité d’un stage dans un établissement culturel de la Ville de Paris (bibliothèques, musées, théâtres, centres d’art, festival…).
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