2001-2008: Une politique attentive aux enfants de Paris
L’accueil des petits Parisiens
Le taux de natalité en France, et plus encore à Paris, est un des plus élevés en Europe. Nos voisins de l’UE nous regardent avec envie parce qu’ils savent que cette vitalité démographique est une chance et une richesse pour l’avenir. C’est aussi un défi pour une ville comme Paris qui, avec 32 000 naissances par an, doit se montrer à la hauteur de cette dynamique en commençant par garantir un accueil adapté à cette jeune classe d’âge.
Si des pays comme l’Allemagne et le Japon observent avec intérêt nos crèches et nos haltes-garderies, nous savons que l’offre en matière d’accueil des touts petits est loin d’être suffisante et que l’effort doit être maintenu.
Dans une ville où se côtoient des situations personnelles et professionnelles très différenciées, notre objectif est de proposer des dispositifs répondant au mieux à la diversité des attentes. L’imprévu fait partie de la ville, les situations humainement difficiles aussi. L’accueil en horaires décalés, l’accueil en situation d’urgence ou encore l’accueil à domicile sont autant de déclinaisons d’un dispositif que nous souhaitons innovant et toujours mieux adapté aux modes de vie des Parisiens.
Quelques particularités de la démographie parisienne pour illustrer les enjeux :
- Une natalité plus élevée que la moyenne nationale (14,8 naissances pour 1.000 habitants à Paris contre 13,2 pour 1000 en France).
- 32 000 naissances sont recensées par an à Paris
- 26 % de familles monoparentales (14 % en France)
- 84 % des mères ayant un enfant sont actives (82 % des mères ayant deux enfants et 62 % ayant trois enfants).
* Accueillir plus d’enfants
Ce sont 5 200 places qui auront été créées pour l’accueil des tout-petits durant la mandature. En 2001, nous nous étions fixés comme objectif de créer 4 500 nouvelles places en crèche et halte-garderie en six ans. La mandature ayant été prolongée d’un an, le programme a été porté à 5 200 places. L’objectif est donc tenu et l’effort doit bien évidemment se prolonger.
Dans un souci de transparence, nous avons mis en place un « Comité de suivi », chargé de recenser l’intégralité des places de crèches créées, et de les publier, adresse par adresse, sur le site Internet de la Ville.
Une géographie de l’accueil en rapport avec les besoins des Parisiens. De 1995 à 2001, moins de 2 000 places d’accueil collectif ont été ouvertes. C’est non seulement très peu au regard des besoins mais leur répartition a accentué un profond déséquilibre entre les arrondissements : ainsi le « taux de service » (autrement dit, la couverture des besoins) était en 2000 de plus de 120 % dans le 5ème arrondissement contre moins de 50 % dans le 19ème…
Depuis 2001, une de nos priorités a donc été de réparer ces injustices territoriales criantes, en mettant l’accent sur les arrondissements manifestement déficitaires et en particulier les 10ème, 15ème, 17ème, 18ème, 19ème et 20ème.
Cette action déterminée a contribué à des résultats très sensibles, comme l’illustre notamment l’exemple du 17ème arrondissement, où 20 places seulement avaient été créées entres 1995 et 2001 : depuis 2001, ce sont 470 places supplémentaires qui ont été proposées à ses habitants.
Une politique innovante portée par quelques symboles : La crèche et la halte-garderie réalisées dans les anciens appartements privés réservés au maire dans l’Hôtel de Ville symbolisent la volonté permanente de saisir toutes les opportunités pour aménager des lieux d’accueil de la petite enfance. Par ailleurs, la crèche Hérold (19ème) est la première crèche parisienne entièrement conçue en Haute Qualité Environnementale. Elle a été étudiée pour garantir le confort et la qualité de vie des enfants et des personnels de la crèche : confort thermique, acoustique et visuel.
La transparence dans l’attribution des places a mis fin aux passe-droits. Ce sont les maires d’arrondissement qui attribuent les places en crèche. Pour rompre avec les pratiques du passé, des commissions d’attribution pluralistes ont été mises en place dans chaque arrondissement, à l’exception du 8ème.
* Un accueil toujours plus exigeant
1 308 professionnels ont été recrutés dans le secteur de la petite enfance. Parce que Paris, comme toutes les communes de France, fait face à une pénurie de personnels diplômés de la petite enfance, nous avons mis en place des dispositifs de promotion professionnelle interne. Ainsi, à titre d’exemple, la Ville a pris en charge la préparation aux concours d’entrée aux écoles et les frais de la formation de 328 agents souhaitant devenir auxiliaires de puériculture.
Mieux manger, ça commence dès le plus jeune âge. Depuis 2005, la moitié des crèches municipales parisiennes composent les repas avec des aliments issus de l’agriculture biologique.
Enfin, pour associer les parents au fonctionnement des établissements, les conseils de parents des crèches sont expérimentés dans les établissements des 19ème et 20ème arrondissements.
* Des offres mieux adaptées aux réalités parisiennes
Plus de 1 500 places bénéficient d’horaires adaptés pour les parents qui travaillent tôt le matin ou tard le soir. Les allocataires du RMI reprenant un emploi ou une formation, et devant faire garder en urgence leur enfant de moins de trois ans, disposent d’un accès facilité aux haltes-garderies.
Près de 1 000 enfants handicapés ou atteints de maladies chroniques sont accueillis au sein des structures collectives. 60% des établissements accueillent au moins un de ces enfants. Pour chacun d’eux, un projet d’accueil individualisé peut être formalisé entre les parents, le médecin traitant, le médecin de l’établissement et son directeur.
De plus, parce que la capacité d’accueil des établissements collectifs reste insuffisante ou ne convient pas toujours aux attentes des parents, nous soutenons l’accueil au domicile par une aide financière appelée « PAPADO », de 100 à 400 € mensuels (en fonction de la structure familiale et du revenu) accessible dès le premier enfant. Nous favorisons également le travail des assistantes maternelles grâce aux « Relais assistantes maternelles ».
Enfin, d’autres actions ont été menées pour accompagner les tout petits et leurs parents :
L’école au cœur de notre action
L’école occupe une place essentielle dans la vie de la cité. L’enfant y découvre la lecture, l’apprentissage, la possibilité de réussir et de s’épanouir par son travail. En jouant avec ses copains, en respectant les règles de la classe, il démarre une vie sociale. Bientôt il sera autonome et citoyen. Nous avons voulu que, dans un Paris solidaire, chaque enfant trouve à l’école une vraie chance de réussite et d’accomplissement : la sécurité et la qualité de vie scolaire sont devenus l’un des grands axes de notre action.
* Priorité au patrimoine scolaire
Quelques chiffres-clés :
- Nous avons combattu le saturnisme dans les écoles : en mars 2001, il existait encore des bâtiments dans lesquels les enfants étaient exposés au contact de peintures au plomb. Dès avril 2001, nous avons triplé les crédits consacrés à l’éradication du saturnisme.
- Nous avons dégagé des moyens considérables (8,8 M€) pour l’informatisation des écoles. Plus de 6 000 nouveaux ordinateurs ont été mis à disposition des élèves et des équipes pédagogiques.
- L’amélioration de l’accueil des enfants handicapés. 30 collèges et 100 écoles sont désormais accessibles (on n’en comptait que 20 au total en 2000). Nous avons également créé un centre de ressources dédié à l’accueil de ces enfants, et formé 342 animateurs aux différents types de handicaps.
* La restauration scolaire : un droit essentiel
Les subventions aux Caisses des écoles par la Ville ont été rendues plus transparentes et plus justes, grâce à des critères objectifs et un souci de solidarité. Le montant global de l’aide municipale aux Caisses des Ecoles (présidées par les Maires d’arrondissement), a augmenté de 34 % durant la mandature. Cela a notamment permis de financer 55 opérations de mise aux normes et d’améliorer la qualité des repas (avec par exemple l’introduction du bio dans certaines cantines).
En outre, plus de 2 500 agents ont bénéficié d’une formation pour se perfectionner dans la surveillance du temps de midi.
Enfin, l’encadrement des repas, qui n’était pas garanti tous les jours dans toutes les écoles sous la précédente mandature faute d’animateurs en nombre suffisant, est aujourd’hui correctement assuré.
* Des activités périscolaires pour tous
- Un plan périscolaire de 10 M€ par an : nous avons diversifié et modernisé les activités en marge des heures de cours, car ce sont des moments particulièrement importants pour les loisirs des enfants, mais aussi pour la lutte contre les inégalités criantes en matière d’aide aux devoirs. Nous avons par exemple mis en place ou financé :
Les centres de loisirs accueillent en moyenne 24 900 enfants le mercredi (+ 16 % par rapport à 2000), 17 800 enfants durant les petites vacances (+ 22 % par rapport à 2000), 12 900 enfants pendant l’été (+ 13 % par rapport à 2000). Pour assurer cette qualité et cette diversité de l’offre, nous avons plus que doublé le nombre d’animateurs permanents (2 200 en 2007 contre seulement 900 à la fin de la précédente mandature).
Par ailleurs, 4 centres de loisirs accueillant à parité des enfants handicapés et des enfants valides ont été créés dans les 12ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissements. C’est une véritable première, il n’en existait aucun en 2001.
- Pour aider les enfants à partir en vacances, notamment lorsque leurs parents n’en ont pas les moyens, l’aide de la Ville a permis à 6.400 enfants de partir en séjour-aventure en 2007 (seulement 5.500 en 2000) et à 9.300 enfants de partir en séjour Arc en ciel (seulement 6.800 en 2000)
- Les Professeurs de la Ville de Paris : un service précieux pour les enfants parisiens : 40M€ sont consacrés chaque année à la rémunération des Professeurs de la Ville de Paris (PVP) qui assurent des enseignements dans des matières musicales, artistiques, sportives…, qui relèvent partout ailleurs en France des professeurs des écoles.
- Une attention particulière à l’accès à la culture du jeune public : Les actions en faveur des jeunes publics se sont multipliées, pour un budget total de 600 000 € : plus de 500 ateliers sont organisés dans les bibliothèques, les écoles, les musées et les centres de loisirs de la Ville. L’éducation à l’image est privilégiée grâce à la Maison du geste et de l’image, à l’action en milieu scolaire ou encore à la création de « Mon premier festival » de cinéma.
- De nouveaux échanges entre les générations. Parce que chaque génération a quelque chose à apprendre et à apporter aux autres, de nombreux clubs et résidences pour personnes âgées gérés par le Centre d’Action Sociale de la Ville ont noué des partenariats avec des écoles ou des centres de loisirs. En un même lieu, des seniors et des enfants tissent des liens extrêmement féconds et mènent de véritables projets communs. Parmi les exemples de sites qui comprennent à la fois une résidence pour seniors et une crèche, celui de la résidence santé Alquier-Debrousse est tout particulièrement emblématique et touchant : les rencontres, chaque vendredi, entre les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer de la résidence santé et les enfants de la halte-garderie située au cœur même de la résidence.
- Face au handicap, mettre en oeuvre le droit à la scolarité et au périscolaire. Nous avons pour cela doublé le nombre d’écoles partiellement ou totalement accessibles et construit une véritable offre périscolaire adaptée au projet de vie de l’enfant handicapé. Trois centres de loisirs accueillant à parité 20 enfants handicapés et 20 enfants valides ont été créés au cours de la mandature. Par ailleurs, des actions de sensibilisation au handicap sont organisées dans les établissements scolaires.