Delanoe Paris 2008
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Perspectives

Un temps d’avance pour la solidarité

La lutte contre l’exclusion : priorité à la réinsertion

Dans une capitale du XXIème siècle, on ne peut pas s’accommoder du fait que des hommes, des femmes et des enfants puissent se sentir abandonnés, brisés par la vie.

Paris, comme toute métropole, attire les plus fragiles. Il est de notre devoir de n’abandonner personne à la solitude, à la maladie, au handicap, ou tout simplement à la détresse

Il faut, sur ce sujet plus encore que sur les autres, innover, et même si c’est essentiellement une compétence de l’Etat, il nous revient de proposer en ce domaine des axes véritablement neufs.

Partons d’abord des acquis. La politique que nous avons menée ces dernières années a permis de soutenir les familles pauvres sur le plan financier et de bâtir des perspectives d’insertion durables pour les plus exclus : ainsi, depuis 2001, le budget consacré à la solidarité a augmenté de 70%. Les aides sociales ont été repensées dans le sens d’une plus grande justice sociale (mises sous condition de ressources), d’une meilleure adaptation aux besoins des familles (avec par exemple dès 2002 la création d’une allocation logement pour les familles monoparentales), et d’une plus grande efficacité contre le risque de spirale de la pauvreté (par exemple, le Fonds de Solidarité Logement a été étendu à l’aide au maintien de l’énergie, pour éviter les coupures d’électricité ou d’eau).

Les aides au logement sont désormais accessibles aux familles dès le 2ème enfant et non plus le 3ème. En outre, les étrangers non communautaires en situation régulière ont droit aux aides sociales alors qu’ils en étaient privés auparavant.

L’amélioration de ces dispositifs sera poursuivie avec la volonté d’intensifier le soutien aux personnes à bas revenus qui ne bénéficient pas de ces aides au logement (personne seules ou couples avec moins de deux enfants, par exemple).

Notre volonté est de maintenir à Paris la diversité de sa population. Nous souhaitons aider les personnes en situation de précarité à accéder à leurs droits par des permanences juridiques gratuites, à trouver du travail avec une politique de l’emploi dynamique, à apprendre le français lorsque ce n’est pas le cas, et à se former pour pouvoir ainsi mieux accompagner leurs enfants dans leurs études et à accéder à l’offre culturelle très riche de Paris.

Nous proposons également une amélioration de l’aide alimentaire en direction des sans logis, en misant en particulier sur la qualité des menus et en privilégiant les repas assis.

Face à l’enjeu de l’insertion professionnelle, nous proposons un objectif clair : doubler, durant la prochaine mandature, le nombre de retours à l’emploi des allocataires du RMI, grâce aux programmes de la collectivité parisienne. L’insertion professionnelle des autres demandeurs d’emploi peut également être dynamisée avec un nouveau Plan Local d’Insertion et d’Emploi pour les arrondissements de l’Est. Le secteur de l’économie solidaire, qui a déjà permis l’année dernière à plus de 6000 chômeurs très en difficulté de reprendre un emploi sera encore développé et aidé à trouver des locaux d’activité à Paris. Nous entendons donc travailler avec tous les acteurs concernés : les associations, le service public de l’emploi, mais aussi les organismes privés qui reçoivent mission de placer des demandeurs d’emploi.

De même, nous proposons d’agir toujours plus en amont vis-à-vis des jeunes en difficulté, pour les aider à se construire un avenir professionnel. Des programmes de lutte contre l’échec scolaire et de détection de l’illettrisme seront développés, parallèlement à l’Ecole de la 2ème chance déjà créée. Nous souhaitons d’ailleurs en ouvrir une seconde.

Nous veillerons aussi à renforcer le dispositif d’intégration des « primo arrivants », face à la venue régulière de personnes originaires de l’Europe et du monde entier. La priorité sera donnée à l’apprentissage du français, en veillant à ce qu’un diplôme reconnaisse le niveau acquis. En partenariat avec les associations qui suivent les personnes étrangères, des programmes d’accompagnement vers l’emploi seront développés.

Se loger, un droit pour tous.

Aujourd’hui, tant et tant de personnes en sont réduites à dormir dans la rue. Même si ce n’est pas une compétence municipale, nous soutiendrons – en synergie avec le monde associatif, l’Etat et la Région - les actions qui permettent de convaincre ces personnes de se soigner et d’accepter de rejoindre les centres d’hébergement.

Pour cela, il faudra que les centres qui ne l’ont pas encore été, soient réhabilités afin de créer au moins 1 500 places supplémentaires pour des personnes sans domicile : centres d’hébergement, pensions de familles, résidences sociales adaptées à la diversité croissante des personnes à la rue. Cette préoccupation va évidemment de pair avec un engagement fort de l’Etat et des communes d’Ile-de-France, pour un respect réel de la loi de 2007 sur le nombre de places d’hébergement d’urgence par habitant, appliquée à Paris mais largement ignorée ailleurs.

A cela s’ajoute l’existence d’une population nombreuse qui loge à Paris, par nécessité, dans des hôtels meublés, dans des conditions souvent scandaleuses. Nous proposons d’amplifier la location dans le parc privé pour le relogement d’urgence comme alternative aux hôtels meublés, souvent plus onéreux et moins confortables. Cette disposition déjà amorcée par l’actuelle municipalité, sera progressivement étendue, en synergie avec le monde associatif.

Plus généralement, la mixité sociale commence par une politique audacieuse du logement. Depuis 2001, nous avons progressé dans la construction des logements sociaux (dont la production a été multipliée par trois) et dans la résorption de l’habitat insalubre, par le moyen d’acquisitions publiques pour les immeubles les plus dégradés, par la sécurisation des immeubles dangereux, et par une action sur les hôtels meublés, dont les incendies de 2005- qui resteront sans doute le souvenir le plus tragique de ces sept années- ont montré l’impérieuse nécessité. Nous continuerons cette politique, qui repose sur trois principes : le volontarisme (parce qu’il nous faut bousculer bien des inerties), la transparence (parce que l’attribution des logements sociaux à Paris est devenue pluraliste), et l’équité (parce que cette attribution repose sur des critères objectifs, qui sont les mêmes pour tous et qui sont connus de tous).

Une ambition urbaine au service de la solidarité

Nous amplifierons l’effort de rénovation urbaine dans les quartiers populaires. L’investissement consacré aux 11 quartiers de Grand projet de Renouvellent Urbain (GPRU), de l’ordre de 100M€ dans cette première mandature, a permis de créer des équipements de proximité et d’améliorer le cadre de vie. Il sera doublé sous la prochaine mandature, atteignant ainsi 200 M€. L’objectif est bien de proposer aux populations modestes qui habitent ces quartiers, un cadre plus agréable et respectueux de l’environnement et de continuer à les accompagner sur le plan social (réussite éducative, prévention, création d’entreprise, accès à l’emploi…). Mais il faut aller au-delà, et dépasser la logique de réparation vis-à-vis de territoires trop longtemps délaissés, pour en faire de véritables espaces d’avenir avec des projets culturels, économiques, des logements plus diversifiés, et une véritable novation architecturale. Les entreprises sont intéressées par ces nouveaux quartiers proches des portes de Paris et dont l’urbanisme sera profondément rénové dans le sens d’une meilleure harmonie avec les communes périphériques. Par un système de conventions, les emplois créés devront au moins pour partie bénéficier aux habitants.

Lutter contre les discriminations

Nous développerons les dispositifs de lutte contre les discriminations déjà mis en place au cours de cette mandature, et qui ont contribué à sensibiliser l’opinion et à conseiller juridiquement les victimes. Des sujets aussi importants que l’accès à l’emploi ou aux loisirs orienteront notamment ces actions. Ainsi, en matière d’emploi, un plan d’action contre les discriminations sera engagé dans le nord-est parisien avec les entreprises et le monde associatif. Pour les agents de la Ville, la « Charte de l’Egalité et de l’Emploi » élaborée en 2007, entrera pleinement en application.
La prochaine mandature devrait également contribuer à l’élaboration de réponses concrètes sur un enjeu majeur : la situation des jeunes filles dans les quartiers. Leur situation est en effet souvent préoccupante : l’objectif sera donc de traiter à la fois les problématiques de leur insertion professionnelle, de leur information sur leurs droits et sur la contraception, ainsi que leur participation aux activités sociales.

L’aide aux personnes handicapées : agir pour l’égalité réelle.

Le handicap devient vite, en plus de tout le reste, une forme d’exclusion. Une ville ne peut pas être tenue pour parfaitement civilisée si elle ajoute l’injustice de l’indifférence à celle de la nature et de la vie, si elle n’est pas accessible à tous. Nous avons donc rationalisé l’accueil et l’orientation des personnes handicapées en créant une maison départementale, qui constitue un guichet unique auquel elles peuvent s’adresser. La Ville a adopté un schéma directeur pour l’autonomie et la participation des personnes handicapées, qui prévoit d’augmenter, en cinq ans, les places en établissement de 55% pour les adultes et de 38% pour les enfants. Nous avons doublé le nombre d’écoles partiellement ou totalement accessibles. Nous avons, en collaboration avec la RATP, rendu accessibles 38 lignes d’autobus sur 59. Nous avons abaissé 3510 trottoirs. Nous avons créé, en 2003, avec la région Ile de France, un service de transport spécialisé, Paris Accompagnement Mobilité. Nous continuerons cette politique, et nous ne serons pas satisfaits tant que les personnes handicapées ne pourront pas entrer comme elles veulent dans tous les lieux publics et tous les commerces de Paris.

En direction des personnes handicapées, nous proposons qu’une réflexion s’accélère au sein du Syndicat des transports d’Ile de France (STIF) afin d’améliorer encore l’accès des personnes à mobilité réduite au sein des transports collectifs, et singulièrement du métro. Nous nous engageons également à ce qu’un « référent handicap » soit nommé dans chaque direction de l’administration parisienne, afin que cette préoccupation s’impose de façon transversale dans l’élaboration de toutes nos politiques publiques.

Nous lutterons pour l’accessibilité des centres de loisirs aux enfants handicapés.

Nous fournirons un effort particulier pour l’accompagnement du handicap mental, avec notamment deux orientations: la création de foyers pour handicapés mentaux du troisième âge (il existe trop peu de foyers d’accueil pour les handicapés mentaux qui ne sont plus en âge de travailler), et l’élargissement du système Paris Accompagnement Mobilité aux handicapés mentaux qui, à cause de leurs difficultés de communication et d’expression, ont, presque autant que les handicapés moteurs, besoin d’être aidés pour leurs déplacements. Nous créerons enfin une filière sportive dédiée aux personnes handicapées mentales.

Nous souhaitons en outre mettre un accent prioritaire sur l’insertion professionnelle des personnes handicapées, notamment en contribuant à une meilleure lisibilité du réseau associatif et institutionnel spécialisé. La Ville peut être un levier utile dans cette perspective, à travers des actions ponctuelles (partenariat dans le cadre de Paris pour l’Emploi) ou des synergies via son site Internet.

La santé : assurer l’égalité de l’offre de soins

Si la santé publique reste une compétence de l’Etat, nous entendons que la Ville demeure un acteur dynamique et imaginatif de la santé, sujet de préoccupation légitimement majeur pour les Parisiens.

La première menace directe sur la santé des Parisiens sur laquelle nous avions les moyens d’agir, c’est la pollution. C’est la raison pour laquelle notre politique des déplacements est avant tout une politique de santé publique.

Mais nous avons voulu aller beaucoup plus loin. La Ville a engagé depuis 2001 de nombreuses actions pour sensibiliser les enfants aux risques de l’obésité, mieux dépister les cancers, les risques de saturnisme, les cas de tuberculose, les maladies sexuellement transmissibles. Nous avons renforcé significativement les moyens dédiés à la lutte contre le SIDA.

De même, la Ville s’est dotée en 2002 d’une mission de prévention des toxicomanies et a renforcé les soutiens financiers aux associations qui travaillent auprès des jeunes sur la prévention de l’usage de l’alcool, du tabac et du cannabis. Nous avons mobilisé des moyens importants dans l’aide aux Parisiens atteints par la maladie d’Alzheimer, pour lesquels il y a aujourd’hui sept fois plus de places qu’en 2001.

Pour la prochaine mandature, l’enjeu essentiel sera de protéger et garantir l’accès de tous à une médecine de proximité de qualité. Nous nous attacherons à :

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