Delanoe Paris 2008
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VIDÉO-BLOG
UN TEMPS D'AVANCE
PARIS

Lettre de Bertrand Delanoë

Le 18 février 2008

Monsieur le Président,
Madame la Présidente,

J’ai pris connaissance avec beaucoup d’intérêt de votre lettre ouverte aux candidats à l’élection municipale à Paris qui est parue dans le Parisien le 6 février dernier.

J’ai constaté à sa lecture que nous partagions la même analyse de la situation économique parisienne: Paris est devenue une place économique prépondérante, confrontée à une concurrence internationale de plus en plus forte. En estimant que «cette compétition se joue sur les terrains de l’économie de la connaissance et de l’innovation, de l’environnement et du développement durable », vous validez totalement la stratégie que nous avons initiée dès
2001.

En effet, la situation économique parisienne connaît un réel redressement après des années de perte d’emplois (123 000 entre 1989 et 2001), Paris regagne des emplois salariés (+11 000 en 2006), le taux de chômage à Paris a baissé beaucoup plus vite qu’au niveau national (de 28% depuis octobre 2003, contre 18% seulement en France), la création d’entreprises a atteint des records ces trois dernières années et le stock d’entreprises est en hausse de 20 % par rapport à 2001.

Ces résultats sont certes encourageants mais ils doivent renforcer notre détermination. En particulier, je souhaite que le chômage parisien soit durablement inférieur à la moyenne nationale, ce qui n’a jamais été le cas durant les dernières décennies. Pour cela, j’ai voulu inscrire dans mon projet pour Paris, l’innovation comme un des 6 enjeux majeurs de la prochaine mandature. C’est ainsi que je m’engage avec mon équipe à mobiliser 1 milliard d’euros de 2008 à 2014 pour l’université, la recherche et l’innovation et que je compte faire doubler cet investissement municipal par des partenaires publics et privés.

Par ailleurs, votre lettre ouverte aborde légitimement un certain nombre de questions qui appellent de la part des candidats des réponses fondées sur la vérité, respectueuses de l’apport considérable des acteurs économiques au développement et au rayonnement international de Paris.

S’agissant des transports en commun dans l’agglomération, notre volonté est clairement de donner une nouvelle dimension à l’effort déjà considérable que nous avons effectué pour les développer, en faisant passer la contribution parisienne au budget du STIF de 22OM€ en 2006 à 330M€ en 2007.

Ainsi, nous voulons renforcer encore la fréquence des bus, déjà enclenchée par le STIF depuis sa décentralisation en 2005. Dans cet esprit, nous ne sommes pas favorables, comme le propose la candidate de l’UMP, à «l’ouverture des couloirs de bus à tous les véhicules en dehors des heures de pointe ». Nous voulons au contraire valoriser les lignes Mobilien que nous avons aménagées, avec l’objectif d’une fréquence minimale de 5 minutes aux heures de pointe et de 10 minutes le reste de la journée.

Parallèlement, nous comptons, avec le STIF, la RATP et la SNCF, améliorer le réseau souterrain du métro et des RER, avec en particulier une modernisation du matériel roulant (rame à double niveau pour le RER A), une amélioration de la fréquence aux heures de pointe (mise en place du système Ouragan en 2011 avec une rame toutes les 90 secondes), l’extension maximale de cette fréquence, le matin et le soir, afin de mieux étaler les flux quotidiens de voyageurs sur une amplitude horaire élargie et enfin le passage, aux heures creuses, à une fréquence d’un métro toutes les 3 minutes jusqu’à 20 h 30, et toutes les 5 minutes au-delà.

Nous souhaitons également désengorger la ligne 13 du métro, totalement saturée aux heures de pointe, en prolongeant la ligne 14 vers Saint-Ouen en passant par la porte de Clichy. Dans l’attente de cette réalisation, des navettes de bus supplémentaires seront mises en place en lien avec le STIF. En outre, nous soutiendrons - y compris financièrement - la réalisation d’un métro de rocade autour de la capitale, projet majeur pour répondre aux besoins de déplacements de banlieue à banlieue, qui contribuera à désengorger le réseau de métro parisien.

Par ailleurs, pour répondre aux besoins de déplacements qui ne peuvent pas être assurés par les transports en commun, le vélo ou le taxi, nous lancerons une délégation de service public qui, dès 2009, permettra de proposer aux usagers au moins 2 000 voitures propres (électriques ou hybrides) en libre service.

Enfin, comme vous le savez, nous avons déjà fait voter par le Conseil de Paris le prolongement du tramway T3 jusqu’à la porte de la Chapelle, notre intention étant d’aller jusqu’à la porte d’Asnières en obtenant l’aide financière de l’Etat.

Pour ce qui concerne votre autre question sur les livraisons et le stationnement dans Paris, nous entendons poursuivre la création au coeur de Paris, d’espaces logistiques permettant l’organisation de livraisons moins polluantes, notamment en encourageant le développement du fret fluvial et ferroviaire, sur le modèle de Monoprix à Bercy (10 M€ investis par la Ville de Paris pour réaliser la plateforme). En lien avec les professionnels, nous sommes disposés à adapter le règlement de livraison pour favoriser l’utilisation de véhicules non polluants, par exemple en leur permettant de livrer dans des plages horaires élargies lorsqu’ils sont moins bruyants et moins polluants.

Par ailleurs, le stationnement résidentiel demeurera notre priorité, comme nous l’avons démontré depuis 2001 en baissant les tarifs de 80 % ou en étendant aux commerçants et artisans la possibilité d’accéder au stationnement résidentiel aux abords de leur entreprise. Ainsi, notre engagement est clair, écrit noir sur blanc dans notre projet: là où le manque de places est confirmé, des parkings résidentiels seront construits.
En outre, les avantages actuellement accordés aux véhicules électriques (stationnement résidentiel gratuit et une heure de stationnement rotatif gratuit) seront étendus à l’ensemble des voitures propres. Nous souhaitons aussi développer des parkings relais avec la Région et le STIF, dotés de services renforcés et correspondances facilitées avec les modes alternatifs à la voiture (vélo, bus, tramway, métro, RER).

Enfin, pour les deux roues motorisées et les vélos, nous doublerons le nombre de places de stationnement sur l’espace public (23 000 ont déjà été réalisées depuis 2001) et nous développerons les places pour deux roues motorisées dans les parkings souterrains avec des tarifs favorables.

En réponse à votre interrogation sur l’immobilier d’entreprise et l’accompagnement des jeunes entreprises, il convient de rappeler l’adoption du Plan Local d’Urbanisme qui autorise la construction supplémentaire de 2 millions de m2 dédiés à l’activité économique mais aussi la multiplication par 8 des surfaces dédiées aux pépinières et incubateurs, qui sont passées de 5.000 m2 en 2000 à 40.000 m2 en 2007. Sur ce point très précis, notre engagement pour la prochaine mandature est d’atteindre 100 000 m2 à comparer aux 40.000 m2 nouveaux annoncés par la candidate de l’UMP.

Par ailleurs, Paris concentre des atouts majeurs dans plusieurs secteurs stratégiques pour l’avenir: la labellisation par l’Etat de 4 pôles de compétitivité à dimension mondiale témoigne des atouts de notre capitale dans les secteurs du numérique, du logiciel, des biotechnologies, et de la finance. Notre projet propose de valoriser plus particulièrement deux nouvelles filières : d’une part celle du design et des métiers de la création, et d’autre part celle des éco-activités. L’accord que la Ville de Paris vient de signer avec MICROSOFT traduit d’ailleurs ces priorités, l’entreprise s’engageant à accompagner chaque année 40 start up parisiennes dans les secteurs du numérique, du design et des éco-activités.

Concernant plus précisément l’aide aux PME, nous souhaitons amplifier notre appui en leur offrant l’accès au très haut débit, en facilitant l’accès aux locaux par une bourse de locaux en partenariat avec les communes voisines à l’échelle métropolitaine, en soutenant des systèmes de financement variés et adaptés à chaque situation (cautionnement bancaire, micro-crédit, fonds d’amorçage…), et enfin en rendant la commande publique plus accessible aux PMIE (la Ville de Paris a été la première collectivité locale en France à signer le PACTE PME). Sur ce dernier point, notre intention est de créer une Agence de l’Innovation, dont la mission sera de conclure avec les jeunes entreprises de vraies conventions pour expérimenter leurs produits et leurs services.

En outre, comme cela a déjà été le cas au cours du mandat qui s’achève, les chefs d’entreprises parisiennes seront invités à participer aux déplacements à l’étranger effectués par l’Exécutif municipal.

Nous partageons votre souci en matière d’aide à la transmission d’entreprise. C’est pourquoi nous nous engageons à créer un lieu dédié à la transmission d’entreprises rassemblant les différents acteurs (banques, chambres consulaires, conseils juridiques, Région…) et proposant un bouquet de services (évaluation des projets de cession, formation des repreneurs, premier tour de table financier, mise en relation cédants et repreneurs…).

Concernant les enjeux majeurs du tourisme d’affaire et du commerce de proximité, nous souhaitons accompagner, comme nous l’avons déjà fait, le développement des grandes infrastructures d’accueil des salons et congrès et faciliter leur accessibilité. C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous nous sommes prononcés, sous certaines conditions, en faveur de CDG Express. En outre, nous proposons d’augmenter de 10 % la capacité hôtelière et de développer des plateformes de services personnalisés à destination des clientèles d’affaire.

Par ailleurs, en tant que partenaire de la SEMAEST, vous savez combien nous agissons concrètement dans la lutte contre la mono-activité et pour la diversité commerciale dans les quartiers parisiens. Cette initiative sera amplifiée avec de nouveaux quartiers dès 2008, tandis que nous sommes prêts à travailler avec vous à la mise en application de la loi Dutreil sur les rachats de baux commerciaux.

Enfin, nous souhaitons, en partenariat avec vous, accompagner les évolutions du commerce de proximité (e-commerce, livraisons à domicile, accueil international…) pour qu’ils attirent de nouvelles clientèles, mais aussi amplifier le dynamisme des métiers d’art qui participe du rayonnement international de Paris.

Pour être à la hauteur de nos ambitions, nos outils de développement économique doivent être modernisés, en liaison étroite avec vous et tous ceux qui contribuent à faire de Paris une métropole économique dynamique, entreprenante et créatrice d’emplois. C’est ainsi que nous proposons de refonder Paris Développement, la transformant en lieu de définition de la stratégie économique métropolitaine avec tous les acteurs privés et publics, et en en confiant la présidence à un chef d’entreprise de stature internationale.

Dans une compétition économique internationale toujours plus forte, Paris a, depuis 2001, reconstitué des bases solides, enrayé le déclin qui la menaçait et retrouvé une confiance qui lui faisait défaut. La Ville de Paris est devenue un partenaire, un soutien puissant à la création d’entreprises et d’emplois, un élément d’une dynamique collective tendue vers un seul objectif: le développement de Paris.

En espérant vous avoir fait partager nos ambitions économiques pour la capitale et pour donner un temps d’avance à Paris, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, Madame la Présidente, l’expression des mes salutations distinguées.

cordialement

Bertrand DELANOË