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20 sur 20 : Lyne Cohen-Solal (5ème)

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Jussieu et la vie étudiante, l’avenir des librairies indépendantes, l’importance de préserver la mixité sociale notamment par le logement social… une ballade très politique avec Lyne Cohen Solal pour découvrir les enjeux clés des élections municipales dans le cinquième arrondissement.

Ici, on est devant le campus de Jussieu. C’est un campus qui a été construit dans les années 60/ 70 pour 30 000 étudiants. 30 000 étudiants et pas une seule chambre pour les étudiants. On est sur le plus gros chantier de désamiantage d’Europe, en plein milieu du 5ème arrondissement et sans que véritablement il n’y ait d’information qui sorte vis à vis du quartier et du quartier vis à vis de Jussieu. Ce qui me gène vraiment, là, c’est qu’il n’y a pas d’articulations, pas de dialogues entre cet endroit formidable dans lequel il se passe beaucoup de choses, il y a beaucoup de connaissances, beaucoup d’enseignements, beaucoup de sciences surtout, et ce quartier qui a toujours vécu de l’université, toujours vécu avec les professeurs, toujours vécu avec la transmission des connaissances. L’un et l’autre vivent presque séparément alors qu’en fait ils vivent ensemble parce que les étudiants vont manger en face, sortent du métro, viennent ici, et naturellement les correspondances elles existent mais elles ne sont organisées nulle part.

Rue Julien Le Pauvre
On a encore ici un tiers des librairies de Paris qui sont installées encore dans le quartier latin. Non seulement il faut les conserver mais il faut les dynamiser. Ce qui est réconfortant bien sur c’est non seulement de voir qu’il y a des libraires qui se donnent du mal pour faire des choses, mais aussi qu’il y a des jeunes libraires qui viennent s’installer ici même pour créer encore des librairies, comme on l’a toujours fait depuis je crois 8 siècles quasiment, et ça c’est très réconfortant parce qu’on reste encore un lieu dans lequel est imprégné non seulement cette histoire mais ce savoir faire de la diffusion de l’intelligence et du savoir, et je suis extrêmement préoccupée du fait que ça reste mais non seulement que ça reste mais que ça reste très vivant. Place Maubert, il y a eu quelque chose de très lourd sur l’histoire de la littérature, l’histoire des lettres, et l’histoire de la liberté de penser puisque Place Maubert a été brûlée, quelque part le martyre de la liberté de penser.

Rue Claude Bernard
C’est Louis XIII, c’est pour la naissance de Louis XIV qu’on a construit cette chapelle du Val de Grâce et c’est la mère de Louis XIV qui a fait ça parce qu’elle pensait ne pas pouvoir avoir d’enfants et quand elle a été enceinte, elle a élevé cette chapelle du Val de Grâce pour remercier Dieu d’être enceinte et cette chapelle elle est vraiment baroque.
On est juste derrière l’immeuble qui a été racheté par la Ville de Paris et confié à un bailleur social et donc il y a 14 appartements qui étaient des appartements qui n’étaient pas tous occupés d’ailleurs, qui sont en train d’être rénovés, mis aux normes évidemment, et 14 appartements qui vont être loués à des prix sociaux, à des familles qui naturellement répondent aux critères des logements sociaux. Il y a des instituteurs, des institutrices, des gardiennes de crèches, des infirmiers, des infirmières, des policiers enfin bref, des gens dont on a absolument besoin pour faire vivre ces quartiers, et faire vivre les familles ici et qui ne peuvent pas naturellement payer les prix du marché privé.

Rue Soufflot
Ce mouvement qu’on sent dans certains quartiers de Paris, dans le 5ème il n’existe pas. Les gens ne se connaissent pas bien entre eux. En particulier, on voit dans le milieu de la culture ils sont isolés, les gens du cinéma ne connaissent pas les gens de la musique et même les gens du livre. S’ils se connaissaient entre eux, il y aurait une vie collective dans le 5ème arrondissement qui serait très importante. Elle a eu lieu, ça a existé dans le 5ème arrondissement, et il faut la retrouver. Ca ne demande pas grand chose, ça demande des efforts de la municipalité, ça demande des efforts de certains acteurs, mais surtout ça peut produire des résultats formidables au bénéfice de tout le monde, du 5ème arrondissement et de Paris aussi. Et je pense que faire bouger le 5ème, c’est aussi une ambition pour Paris.