I. Il n’y aura pas d’augmentation de la fiscalité
Françoise de Panafieu a rendu public, dimanche 20 janvier, lors de l’émission Ripostes, le chiffrage de son projet. Verdict : + 850 M€ de dépenses nouvelles en fonctionnement. Dans ces conditions, comment peut-elle soutenir qu’elle n’augmentera pas la fiscalité ? Augmenter de 850 M€ les dépenses de fonctionnement représente une augmentation de 15 % et suppose de trouver une recette équivalente. Or, les dotations de l’Etat augmentent d’environ 1 % par an et les droits de mutation sont budgétés à 850 M€, soit proche de leur niveau maximum (900 M€).
L’argument évoqué par Françoise de Panafieu est qu’elle « fera des économies ». Et pour illustrer son propos, elle recourt à cet argument récurrent selon lequel nous aurions dépensé 1,8 M€ pour bouleverser la voirie parisienne. D’où vient ce chiffre ? Il ne correspond strictement à rien. Entre 2001 et 2007, les investissements de la Direction de la Voirie et des Déplacements (DVD) se sont élevés à 1,58 milliard d’euros, mais ils incluent notamment l’éclairage des rues, l’entretien des ponts, l’abaissement des trottoirs pour les personnes à mobilité réduite, la couverture de plusieurs tronçons du périphérique ainsi que l’aménagement du tramway des Maréchaux. Mme de Panafieu fera-t-elle « des économies » sur ces différents postes
II. 3,4 Mds d’investissements en 6 ans
Elle annonce 3,4 milliards en investissement, répartis en 4 priorités (logement pour 35 % du total ; transports pour 25 % ; équipements publics pour 25 % et grands projets pour 15 %). Mme de Panafieu privilégie donc un retour à une politique de sous-investissement, renouant en cela avec le tiberisme municipal. Rappelons que nous avons investi 7,7 milliards entre 2001-2008 et que nous prévoyons entre 6 et 7 milliards entre 2008-2014.
Mme de Panafieu dit qu’elle consacrera 25 % aux nouveaux équipements soit 850 M€ par an, ce qui est totalement ridicule. A titre d’exemples, les opérations actuellement lancées (votées au budget) pour la seule direction des affaires scolaire représentent 186 M€ pour l’enseignement supérieur (Sorbonne, Ecole Boule…), 322 M€ pour les établissements du premier dégré et 150 M€ pour ceux du second degré soit - déjà - un total de 658 M€.
Les 30 ha d’espaces verts supllémentaires devraient coûter 100 M€. On est déjà à 758 M€. Il ne restera donc pas grand-chose pour les crèches, les centres d’animation, les équipements sportifs et culturels, les pépinières d’entreprises …..
On ne voit pas non plus comment, dans le cadre d’un tel budget, elle pourra financer les dépenses pour grosses réparations, (c’est à dire l’entretien de la voirie et des bâtiments municipaux) qui sont demandées avec insistance chaque année par les maires d’arrondissement ; cela représente à minima 784 M€ sur la mandature (voirie, crèches, écoles, équipements culturels, églises, etc.), soit 23 % de son budget total.
Prévoir de ne consacrer que 850 M€ aux transports publics laisse songeur quand on indique comme priorité le prolongement de la ligne 14, la réalisation du Métrophérique, la réalisation de 20 parkings souterrains, etc.
III. Le tramway
Mme de Panafieu profère une double contre-vérité sur ce dossier :
IV. Les couloirs de bus
Le projet rendu public par l’UMP évoque leur ouverture « à tous les véhicules en dehors des heures de pointe ». Mme de Panafieu a depuis précisé qu’il s’agissait d’une erreur et que seuls les véhicules propres étaient concernés. Pourtant, la même « erreur » figure également sur son site de campagne, dans le commentaire de « l’image de sa semaine ». Question : comment les forces de police, chargées du respect des couloirs de bus, reconnaîtront qu’une voiture est hybride ou non ?
V. La production de logements sociaux et le respect de la loi SRU.
Ce que dessine le projet de Mme de Panafieu, c’est le renoncement programmé aux objectifs de la loi SRU. Elle doit l’assumer clairement. En effet, ni son document projet, ni son site de campagne, ne comprennent d’engagement chiffré en matière de logement social (elle parle de 1 000 par an mais ce chiffre n’a été écrit nulle part). Si l’on s’en tient à ces 1 000 logements sociaux par an, il faut tenir compte de ce que son projet mentionne noir sur blanc, soit l’objectif de vendre 2 500 logements sociaux par an. Est donc programmée une réduction du parc social à Paris. Comment Mme de Panafieu peut-elle dire qu’elle respectera la loi SRU en 2020 ?
VI. La résorption de l’habitat insalubre
Elle prétend que rien n’a été fait faute que la Ville y ait consacrée les moyens suffisants. Rappelons que sur les 1 031 immeubles à traiter, 688 le sera en soutenant les propriétaires privés et 343 en acquérant directement les immeubles via une SEM :
Il est donc mensonger de dire que la Ville n’aurait traité qu’un tiers du sujet. Tout sera terminé dans 3 ans. Il est particulièrement faux de dire que les choses auraient traîné faute que la Ville y ait consacré des moyens financiers suffisants. Nous avons fonctionné à guichets ouverts. Les obstacles rencontrés tiennent exclusivement aux délais liés aux procédures d’expropriation, au relogement des occupants, au temps mis par les copropriétés privées à voter les travaux.
VII. La politique de rachat d’immeubles
Mme de Panafieu s’est toujours opposée à la politique de rachat d’immeubles privés. Elle a indiqué lors de l’émission Ripostes que : « ces immeubles sont occupés par des locataires ; souvent une population vieillissante qui habite là depuis 20 ans, 30 ans, qui a des petites retraites qui ne peut pas aller dans le logement social mais qui ne peut pas aller dans le privé parce que c’est trop cher. Et la mairie de Paris met à la porte, chasse cette population en première, deuxième et troisième couronne sans lui donner la possibilité de se reloger à Paris sans lui donner la possibilité de se reloger à Paris ».
Double mensonge :
Mme de Panafieu a cité comme exemple emblématique de cette politique, le cas de l’immeuble de la rue Daubigny acquis en 2002. Rappelons que cet immeuble qui appartenait aux AGF devait être cédé à un fonds de pension américain en vue d’être vendu à la découpe (ce qui aurait à coup sûr jeté à la rue la plus grande partie des locataires). L’acquisition de l’immeuble a donc permis de l’éviter.
VIII. Délai de délivrance d’un permis de construire :
Mme de Panafieu prétend que le délai moyen est de 2 ans et que les promoteurs fuiraient la Capitale, dissuadés par ce temps d’attente déraisonnable. Ce délai moyen est en réalité de 5 mois. L’idée avancée par Mme de Panafieu qu’au bout d’un an, toute demande d’un permis de construire n’ayant reçu de réponse aboutirait mécaniquement ne repose tout simplement sur aucun fondement légal.
IX. « Le maire de Paris n’a pas consacré ¼ heure pour rencontrer les maires d’arrondissement qui demandaient à le rencontrer » :
C’est faux. Il a rencontré à leur demande Jean Tibéri (10 octobre 2001), Michel Dumont (3 février 2003 et 18 septembre 2003), Jean-Pierre Lecoq (8 juillet 2003), Pierre-Christian Taittinger (29 août 2005), Claude Goasguen (à plusieurs reprises dont le 2 décembre 2002), René Galy-Dejean (28 novembre 2007). Que Mme de Panafieu ne l’ait jamais accueilli dans le XVIIème, notamment lorsqu’il y vient à l’occasion de ses compte-rendus de mandat, qu’elle refuse de participer, à l’Hôtel de Ville, à la réunion annuelle de programmation des investissements localisés, ne doit pas la conduire à inverser les rôles…
X. Le patrimoine de Mme de Panafieu :
Elle indique cette semaine dans l’Obs Paris qu’elle l’a mis en ligne sur son site depuis un mois. Comme l’Obs l’a relevé, c’est faux.
Pendant cette campagne, Mme de Panafieu parle beaucoup de transparence. Pourquoi refuse-t-elle de se l’appliquer d’abord à elle-même ?
Ce rapport spectaculairement distancié avec la vérité finit par poser un vrai problème, comme l’a également illustré cette séquence édifiante de l’émission « Ripostes » sur les tests ADN où elle assure à trois reprises qu’elle a voté « contre » cette disposition, avant d’admettre, quelques minutes plus tard, qu’elle n’était pas venue à l’Assemblée le jour du vote…