Delanoe Paris 2008
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VIDÉO-BLOG
UN TEMPS D'AVANCE
PARIS

Lettre de Bertrand Delanoë à Christine Lagarde, Ministre de l’Economie et des Finances

Paris, le 29 novembre 2007

Madame la Ministre,

Nous avons appris votre décision d’être candidate à Paris lors des prochaines élections municipales.

Quelles que soient par ailleurs nos différences, telles qu’elles s’exprimeront légitimement à l’occasion de cette campagne, mon attachement à l’esprit républicain me conduit à vous souhaiter la bienvenue dans notre capitale.

Oserai-je ajouter que chez bon nombre de Parisiens, cette arrivée de la Ministre de l’Economie et des Finances fait naître l’espoir de voir l’Etat honorer - enfin - sa dette, de 200 M€, à l’égard de notre ville, autrement dit de ses contribuables?

Tout d’abord, au seul titre du RMI, et contrairement à un principe inscrit dans la Constitution, l’Etat ne compense pas l’intégralité du montant des allocations versées par le Département de Paris aux RMIstes de la capitale, entraînant une dette de 106 M€ pour la période comprise entre 2004 et 2007.

En outre, le renoncement par l’Etat à son engagement de participation à la couverture du périphérique Porte de Vanves (XIVe) génère une dette de 41,9 M€, étant entendu que l’annonce du report de cette somme sur la couverture du périphérique Porte des Ternes-Porte de Champerret (XVJIe) n’a toujours pas été confirmée, provoquant un retard considérable de l’opération. Mais peut-être trouverez-vous l’occasion d’évoquer également ce dossier important avec Madame la Maire du XVIIe arrondissement?

Par ailleurs, 53 M€ cumulés depuis 2004 sont toujours dus par l’Etat, liés à la réforme de la taxe professionnelle de France Télécom. En effet, contrairement aux engagements pris par le gouvernement précédent, auquel vous apparteniez, la compensation prévue n’est pas versée intégralement à la Ville de Paris, pas plus d’ailleurs qu’à de nombreuses autres villes.

J’ajouterai qu’il manque encore 12 M€ au titre du Fonds de compensation de l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (APA) entre 2002 et 2004. Malgré le recours gracieux formé par la Ville de Paris en 2006, cette dette, là encore, demeure.

Enfin, comment ne pas évoquer la question emblématique du tramway, dont le succès auprès des usagers confirme à la fois l’utilité et l’adaptation à une ville largement impliquée dans le combat environnemental?

Je tenais donc à vous en informer : ce tramway passera à l’avenir par le XIIe arrondissement, puisque nous avons adapté le principe de son extension jusqu’à la Porte de la Chapelle. Or, cette prolongation ne reçoit pas un centime de financement de l’Etat, ce qui, à l’heure du « Grenelle de l’Environnement» semble incompréhensible.

Nous entendons d’ailleurs que l’extension du tramway se fasse jusqu’à la Porte d’Asnières : et sur ce tronçon supplémentaire, nous souhaitons, dans l’intérêt même des usagers parisiens et franciliens, que l’Etat apporte sa contribution financière. A ce jour, le gouvernement s’est refusé à prendre le moindre engagement : je retiens néanmoins des propos récents du Président de la République, qu’il condamnait, à juste titre, le désengagement de l’Etat dans le financement des transports collectifs en France, depuis 2002.

Peut-être votre choix récent de vous confronter à la réalité des dossiers parisiens contribuera-t-il à faire enfin avancer ce projet majeur, auquel l’Etat, jusqu’à présent, n’a malheureusement répondu que par l’indifférence?

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma considération distinguée.

Bertrand DELANOE