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Ballade avec Rémi Féraud - tête de liste des socialistes dans le 10e - et Sylvie Wieviorka - tête de liste dans le 2e - dans leur arrondissement. Ils s’expriment sur les enjeux locaux des prochaines élections municipales.
Rémi Féraud : Alors ici on est sur le Canal Saint-Martin, qui est un des lieux les plus emblématiques du 10e arrondissement, qui a été sauvé dans les années 70 d’être recouvert par une autoroute. L’enjeu pour la municipalité, c’est d’arriver à faire que le canal reste un lieu qui est beau, qu’il y ait moins de circulation automobile de transit parce qu’aujourd’hui il y en a beaucoup, et parfois c’est presque un peu une autoroute de chaque côté, quai de Valmy et quai de Jemmapes. Mais en même temps de préserver la mixité de ses fonctions, que ce ne soit pas la spéculation immobilière et la monoactivité commerciale qui remplace la vie actuelle du Canal Saint-Martin.
Si il y a vraiment un quartier du 10e où je pense qu’il faut travailler en priorité entre 2008 et 2014, c’est bien tout ce quartier derrière la gare du Nord, près de la Chapelle, pour les habitants qui n’ont pas encore suffisamment profité du nouveau Paris et de la nouvelle dynamique parisienne, même si nous y avons déjà fait des choses.
Un autre enjeu pour le 10e arrondissement, comme pour beaucoup d’autres quartiers de Paris, c’est de préserver la diversité commerciale, et puis de faire vivre le dynamisme commercial. C’est le cas dans beaucoup de quartiers du 10e. On peut penser à Château d’eau, au Faubourg-Saint-Denis, mais c’est vrai aussi sur un grand boulevard comme le Boulevard de Magenta, qui a été entièrement rénové dans la mandature qui s’achève, et qui ne doit pas devenir simplement un boulevard où il n’y a que des agences bancaires ou des agences d’intérim. Il faut la diversité des commerces : les commerces alimentaires, les commerces de proximité.
Sylvie Wieviorka : Dans le 2e arrondissement, il y a 20 000 habitants, plus de 20 000 habitants, 60 à 70 000 personnes qui viennent y travailler. Je considère que ceux qui travaillent sont aussi concernés par ce qu’on fait dans notre arrondissement que ceux qui y vivent. On a besoin d’activités économiques. Il nous faut aider à ce que, au fur et à mesure des années, progressivement, une activité économique moderne et plus adaptée à cet habitat extrêmement dense, à ces rues étroites que nous avons, trouve sa place. Evidemment, on ne peut penser pour le 2e qu’aux nouvelles technologies, aux technologies d’information.
Un autre sujet qui me tient à coeur et qui tient à coeur à de nombreux habitants, c’est évidemment la défense du commerce de proximité. Dans l’hypercentre, on voit le commerce de bouche - poissonneries, boucheries, marchands de légumes, etc - fuir, et c’est remplacé par des marchands de lunettes, des marchands d’habits, etc.
Une commerçante de la rue Montorgueil, poissonnière : Il y a 20 ans, vous aviez 3000 poissonneries. En France entière, il n’y en a plus que 500 ou 600. Il n’y a plus de poissonneries, il n’y a plus de commerces de proximité. Il faut se battre pour le futur, pour nos enfants. On ne peut pas laisser les choses aller comme ça, il faut trouver des textes de loi pour bloquer ceci.
Sylvie Wieviorka : Dans le cadre du plan local d’urbanisme que nous avons voté l’année dernière, nous avions demandé que la rue Montorgueil, c’était une demande des habitants, on ne l’a pas inventé, c’était vraiment une demande et une inquiètude des habitants, que cette rue-ci soit classée de telle sorte que quand un commerce alimentaire partait, il ne pouvait être remplacé que par un commerce comparable.
Nous ne voulons pas d’un centre de Paris musée, où il y ait des habitants favorisés et puis que des belles choses, des jardins, etc, et pas de vie économique.
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