Delanoe Paris 2008
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Pascal Lamy, Directeur Général de l’OMC

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Quel est le poids des grandes métropoles dans la mondialisation ?

Pascal Lamy : Je crois que le poids des grandes villes se renforcera. Je crois que dans cette entreprise de maîtrise de la mondialisation, qui a d’énormes côtés positifs et puis aussi des côtés plus préoccupants, ceux qui ont l’habitude du terrain, à une certaine échelle, doivent et peuvent apporter quelque chose. Le monde d’aujourd’hui est fait d’énormes éléphants qui ont parfois les doigts un peu lourds sur la réalité et sur l’action internationale. Et ce que je vois de là où je suis, à l’OMC, qui est un poste d’observation un peu particulier, c’est que les grandes villes, parce qu’elles sont confrontées aux mêmes problèmes d’environnement, de migrations, de logement … ont un rôle à jouer parce qu’elles ont une expérience de terrain. Et des gens comme Delanoë le savent. Et je crois qu’il y a là une réserve, un potentiel pour traiter ces questions en plus du niveau interétatique ou interrégional. Mais je crois que c’est d’abord vrai pour les grandes villes et les très grandes villes.

En s’organisant en réseaux, les métropoles parviennent à accroître leur influence ?

Pascal Lamy : Je crois, et notamment en partageant les expériences locales qu’elles ont, mais aussi les expériences de coopération internationale. New-York, San Francisco, Paris, Rome, Londres, Berlin sont des villes qui ont des actions de coopération internationale, notamment dans les pays en développement, notamment dans le tiers-monde, en matière de réseaux, en matière d’assainissement, en matière d’infrastructures, en matière d’aménagement urbain. Il y a là je crois un gros potentiel d’expériences de terrain à mobiliser, et je crois qu’il est important qu’ils s’en parlent entre eux, qu’ils comparent leurs expériences, parce que souvent ce sont des gens qui sont beaucoup plus près de la réalité, de la nécessité du résultat qui est une vraie contrainte de la politique.