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Hamou Bouakkaz, Conseiller du Maire de Paris

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Je m’appelle Hamou Bouakkaz, je suis d’origine maghrébine et je suis non-voyant. Je travaile depuis six ans aux côtés de Bertrand Delanoë et il m’a chargé de l’inclusion des personnes handicapées et je m’occupe aussi avec lui de sa relation avec le culte musulman.

Comment avez-vous connu Bertrand Delanoë ?
Moi je l’ai connu en 1983. Il était porte-parole du PS et moi j’étais derrière mon poste de radio. Donc j’ai connu sa voix et je me suis dit “bon sang ce type, il a quelque chose de différent des autres hommes politiques” : il est ambitieux, il est fin, il est professionnel mais il y a quelque chose dans sa voix de sensible, d’original et un petit supplément d’écoute qui m’a plu d’emblée. Je me suis dit “voilà, cet homme-là, il faut le suivre”.

Quels conseils lui donnez vous pour ses discours ?
Bertrand Delanoë, c’est une âme d’enfant dans un homme d’Etat. Donc c’est la vision de l’homme d’Etat et le discours de l’enfant, avec des digressions, avec des envolées, avec de l’enthousiasme, avec de l’impatience, avec de l’angoisse, avec tout ça … et ça, ça ne peut pas tenir en 30 secondes. Il ne faut pas qu’il fasse court, il ne faut jamais qu’il fasse court et surtout, il ne faut jamais qu’il fasse normalisé, politique … j’allais dire énarque mais j’en connais plein d’adorables et de super artistiques. Je veux dire, il faut qu’il reste cet homme dans lequel coule la Seine, la Méditerannée et le miel de son pays natal.

Sur quels sujets pensez-vous que l’équipe est la plus attendue pour cette campagne ?
Et bien curieusement, je pense que c’est pas sur les sujets qui sont les plus médiatisés. On nous parle tout le temps de déplacements, de propreté, certes ce sont des sujets importants et il ne faut pas les négliger mais il me semble que la grande question qui nous est posée, c’est comment vivre ensemble, égaux et différents dans une ville qui est en mutation, dans un temps ou les nouvelles technologies creusent une fracture qui peut devenir irrémediable, dans un temps ou tous les individualismes sont flattés, il s’agit de comparer ceux qui se lèvent tôt avec ceux qui n’ont pas de travail, ceux qui gagnent plus avec ceux qui travaillent moins, et que sais-je encore.

Et comment va-t-on faire pour que quel que soit le lieu de naissance, quelle que soit la situation de handicap, quel que soit le choix de vie, on puisse être égaux devant l’accès aux services, aux informations et aux prestations et aux moyens de la ville. L’enjeu important, c’est aussi Paris dans le monde. Paris qui accueille en son sein des centaines de milliers de gens qui ne sont pas natifs de cette ville, ou qui ne sont pas d’origine parisienne, comment est-ce qu’ils fécondent cette ville nouvelle et comment ils l’ancrent dans l’Europe et comment ils l’ancrent dans le monde ? Et enfin, comment est-ce que Paris continue de tisser des liens égaux dans le respect mutuel avec toutes les villes alentours pour effectivement régler les problèmes de logement, régler les problèmes de déplacement, régler les problèmes d’habitat au sens large, d’urbanisme que posent les mutations en cours.