Delanoe Paris 2008
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Samuel Benchetrit, écrivain et réalisateur

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Bertrand, je le connais et il m’émeut beaucoup. Je crois que c’est quelqu’un d’émouvant parce qu’il est déterminé et en même temps, il a besoin des gens. C’est comme un écrivain, un artiste qui se dit, « je voudrais que ça plaise parce que c’est pour les gens que je fais les choses ». Moi, pour qu’un politicien me donne de l’émotion, il faut vraiment qu’il soit un humain formidable parce que c’est assez rare.

Il a quelque chose qui me touche beaucoup : il écoute, il demande vraiment aux gens ce qu’ils pensent de Paris. Moi je sais que je le vois assez peu donc c’est encore plus remarquable. Mais quand on se voit, ses premières questions ; c’est de savoir comment je vis la ville en ce moment : ce qui me plaît, ce qui ne me plaît pas. Ca va des jardins d’enfants à savoir si je trouve les Parisiens heureux dans la ville. Il est très sensible à ça parce qu’il se dit qu’il y a plusieurs millions d’avis, de goûts, de gens, et s’il tombe sur quelqu’un, sa priorité est de savoir ce qu’il se passe ; il a même posé la question à mon fils qui a neuf ans. C’est dans ce sens-là que je trouve qu’il est épatant parce qu’il demande vraiment aux gens comment ils vivent Paris, parce qu’une ville, ça se vit, tous les jours et c’est dur d’être dans une ville. Une ville peut détraquer, une ville peut rendre fou et je crois qu’il est très sensible à ça. Lui, sa priorité, c’est le moment où les gens sont dans les rues, dans Paris : ils s’enferment, ils sont chez eux et puis, quand ils sortent c’est sous sa responsabilité.

Je crois que Paris a été une ville incroyable au XIXe siècle et jusqu’au début du XXe siècle. Ensuite, on dit que c’est passé, que ça a été aux Etats-Unis, maintenant, on dit que beaucoup de choses se passent à Londres. Mais moi je sais, je dis cette phrase bête comme tout le monde, et c’est une phrase, je sais que Bertrand Delanoë pense, « Paris est la plus belle ville du monde », c’est sûr, on le sait. Parce qu’il y a tout à Paris, d’un quartier à l’autre c’est tellement différent, c’est tellement magnifique. Et ça, on ne peut pas essayer de changer cette donne-là. Je sais que Bertrand est dans une optique de respecter l’identité de chaque quartier mais en rendant la vie plus facile aux gens, que ce soit dans les transports, bien sûr, mais aussi dans les foyers, les appartements ou les rénovations. Moi, je viens de quartiers dits sensibles, de cités HLM, de banlieue parisienne, on en a énormément parlé avec Bertrand. Le livre que j’ai écrit là-dessus, il l’a vraiment lu et j’ai senti qu’il le lisait comme quelqu’un qui est intéressé par la vie des gens ou des immeubles qui tombent en ruine, etc. Par exemple, moi je l’ai vu un jour vraiment détruit, parce qu’il y avait eu un drame qui avait été terrible, d’une famille africaine dans un immeuble qui avait pris feu, etc. Et moi, je l’avais vu détruit, il voulait à ce moment-là refaire Paris, se dire, ce n’est pas possible. Alors on sait que c’est une ville énorme et puis lui il arrive après des années et des années d’autres maires, d’autres gouvernements. Mais je pense qu’il va aller dans cette optique-là, c’est-à-dire qu’il va aller dans une optique, de doucement mais vraiment sûrement, réaménager les choses, mais vraiment en respectant l’identité des quartiers, des gens : je suis sûr de ça.