Delanoe Paris 2008
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Marie-Rose Guarniéri, libraire à Montmartre

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Alors moi, pour le résumer, je vais faire une petite anecdote sur lui : c’est Bertrand Delanoë, qui arrive dans la rue Yvonne Le Tac, dans le 18ème, avec un de ses collaborateurs qui s’appelle Bruno Sarre, ils arrivent au début de la rue et Bertrand rencontre pas mal de monde en traversant toute cette rue, c’est cette image là qui me reste de lui, qui me fait beaucoup rire, et qui est très importante, parce que ça qualifie le personnage dans son souci d’essayer de répondre au mieux aux interrogations et aux demandes qu’on lui adresse. Et donc, Bruno Sarre, quand il a fini cette rue, qui est somme toute, très petite, je sais qu’il a trois mois de boulot, parce que toutes les demandes qui lui ont été faites, Bertrand dit : « voilà, Bruno, tu t’en occupes, Bruno, regarde ça, Bruno, il faudrait voir si on ne peut pas contacter untel… » Donc, je sais qu’il a trois mois de boulot après. Donc, pour moi, ça c’est Bertrand.

Il a un vrai goût d’essayer d’être au plus près de ce qu’on lui demande, et d’y répondre, et d’agir, assez vite, et de ne pas être dans le fatalisme de « ce n’est pas possible ». Donc c’est ça, un peu, qui le qualifie. Et aussi son vrai sens humain, son vrai sens de la relation à l’autre, il capte avec une grande rapidité, une grande fulgurance ce qu’est l’autre, et c’est quelqu’un, je trouve qui s’engage, il en a besoin, il puise son énergie de sa rencontre avec les citoyens, et il puise aussi son énergie et sa force politique dans cette façon de faire de la politique, aussi parfois, de proximité. Donc c’est quelqu’un qui a gardé les pieds sur terre, on peut le dire, ce n’est pas de la politique élitiste.

Pour moi, les attentes les plus fortes, c’est de faire de cette ville une vraie ville des lumières, une ville européenne, dans laquelle on n’exclue pas, on ne nettoie pas toutes les différences, on n’indifférencie pas la ville en en faisant une ville de grands bourgeois. Et une ville avec un centre qui devient une ambassade ou un musée, mais une ville de vie, une ville où l’on s’engage, une ville où il y a toutes les classes sociales qui sont représentées, une ville vivante.

Moi j’ai eu le souci, dans mon arrondissement, d’apporter quelque chose de culturel et de continuer, de perpétuer, à travers ma librairie, à travers un prix littéraire aussi que j’ai créé, avec la brasserie Wepler, de perpétuer l’esprit qui était celui de Montmartre, l’esprit d’engagement culturel qu’a été Montmartre, de perpétuer cet esprit là, l’esprit de résistance culturelle, un esprit de création, un esprit de liberté. Donc, c’est un peu sur cette image là que je conçois la ville dans son ensemble.