RESPIRATIONS

Un Prophète, de Jacques Audiard

4 mars 2010

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Article publié le 11 septembre 2009



Nul ne peut sortir indemne de la projection du dernier film de Jacques Audiard « Un prophète ». C’est d’abord un véritable choc esthétique. La maîtrise de la trame du récit, visiblement inspirée par le rythme des séries américaines, est exemplaire. La direction d’acteurs est magistrale. On a beaucoup vanté à juste titre la formidable découverte de Tahar Rahim, à qui on peut sans se tromper promettre un bel avenir. Niels Arestrup, en parrain corse, à la fois protecteur et menaçant, est éblouissant de bout en bout.


Mais on ne sort pas indemne non plus de la description faite par Audiard de l’univers carcéral. Non que se mêle à cette description le moindre pathos : les détenus sont décrits sans complaisance aucune. Simplement, on découvre un univers où on ne survit qu’en se battant, en mentant, en fraudant voire en tuant. Univers où l’effort de réinsertion est détourné au profit du crime à venir. Univers où la réussite consiste à s’affranchir des tuteurs pour le devenir soi-même.


A l’heure où renaît le débat sur la situation des prisons françaises et le taux anormalement élevé de suicides, le film de Jacques Audiard ne prend pas parti : ce n’est pas une œuvre militante. Mais il nous aide à comprendre la difficulté à traiter du sujet de la prison et l’impérieuse nécessité de s’y confronter.

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