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« Vivons-nous encore dans une société de classes ? »

2 octobre 2009

La vie des idées, « Vivons-nous encore dans une société de classes ? » par Olivier Schwartz

à lire sur La vie des idées

Olivier Schwartz part de la définition de la démocratie de Robert Castel, à savoir une société de semblables, pour montrer que les inégalités sociales persistantes, la valorisation de la réussite et la résistance des classes moyennes à la mise en œuvre de politiques publiques en direction des plus précaires, fragilisent notre modèle démocratique.

Je pense, comme bien d’autres, que la société française d’aujourd’hui demeure une société de classes. Ou plus exactement, il me semble que l’on peut dire qu’elle l’est à la fois moins et plus qu’elle ne l’était à la fin des 1970. Elle est certainement moins structurée en classes qu’il y a une trentaine ou une quarantaine d’années, et cela pour des raisons bien connues, notamment le fait que le sentiment d’appartenance de classe a considérablement diminué dans les catégories les plus modestes de la hiérarchie sociale. Il a considérablement diminué dans le monde ouvrier et dans les catégories populaires. On ne trouve plus majoritairement aujourd’hui un sentiment d’appartenir à une classe ouvrière comme on pouvait le constater très majoritairement dans les années 1960. À cela s’ajoutent de nombreux phénomènes : l’école et les médias ont pénétré dans tous les milieux ; les frontières culturelles se sont atténuées ; nous ne sommes plus du tout dans une société qui se caractériserait par des cultures de classes tranchées. En ce sens, à bien des égards, la société dans laquelle nous vivons est beaucoup moins nettement structurée en classes qu’elle ne l’était il y a une quarantaine d’années.

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