LES ÉDITOS

« Pour rendre la parole publique crédible dans notre pays »

3 avril 2012


A l’heure qu’il est, la question qui est posée aux Français est celle de la confiance. Qui croire ? A qui confier notre destin ? Qui est crédible ?


François Hollande a un projet, depuis des mois. Il en a présenté le détail, il en a précisé le calendrier, il en a évalué le coût. Chacun est libre de le contester, mais enfin il existe, il est réaliste, il est à la disposition de tous ceux qui veulent y souscrire ou le combattre.


Le projet de Nicolas Sarkozy n’existe pas encore. Il paraît que nous allons le découvrir à la fin de cette semaine, à quinze jours de l’élection présidentielle. Cette méthode soulève deux questions.


1. Quand le candidat sortant rendra-t-il compte de son bilan ? Il est Président de la République, il doit à son pays des explications sur ce qu’il a fait, sur ce qu’il n’a pas fait. Il n’a pas le droit de se dérober avec tant de désinvolture.
Et s’il ne veut pas en parler, eh bien nous en parlerons pour lui. En 2007, ministre depuis cinq ans, il avait déjà réussi à faire croire qu’il n’était pour rien dans le bilan du gouvernement sortant. A présent, chef de l’État depuis cinq ans, il ne pourra pas manquer de s’expliquer sur les trois millions de chômeurs, sur un endettement qui s’élève à 85% de la richesse nationale, sur l’augmentation de 20% des violences aux personnes. Il devra regarder en face ces huit millions de Français qui vivent avec moins de 900 euros par mois. Il devra affronter le jugement des cinq millions de mal logés, des deux millions de surendettés, des cinq millions d’interdits bancaires. Et il devra oser leur dire : « je vous demande de me faire confiance, pour cinq ans de plus. »


2. Quel crédit accorder aux engagements que prendra le candidat sortant ? Il promet beaucoup, par les temps qui courent. Mais que valent ses promesses ? Qu’on en juge : en décembre 2006, il s’engageait à ramener le chômage à 5% (et à « en tirer les conséquences » s’il n’y parvenait pas). Au printemps 2007 (c’était la dernière saison des promesses), il annonçait, pêle-mêle, la création d’une cinquième branche de la sécurité sociale pour la dépendance, un meilleur remboursement des soins optiques et dentaires, l’impossibilité pour un détenu de partager sa cellule, la maîtrise des finances publiques (« impératif moral autant que financier »), des nominations aux fonctions les plus importantes de l’État sur les seuls « critères de compétences et de hauteur de vues », l’interdiction de la « pratique détestable des golden parachutes », la limitation du gouvernement à quinze membres, l’introduction d’ « un peu de proportionnelle à l’Assemblée nationale »…


Il n’a rien fait de tout cela. Rien. En revanche, il a pris un certain nombre de décisions dont il avait dit qu’il ne les prendrait pas. Interrogé sur un éventuel report de l’âge légal du départ à la retraite, Nicolas Sarkozy répondait : « ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français, je n’ai pas de mandat pour cela ». Il a finalement modifié l’âge du départ à la retraite, en 2010. Il vient de promettre, le 18 mars 2012, qu’il n’y toucherait plus. Qui le croira ?


Le dimanche 11 mars, à Villepinte, Nicolas Sarkozy prononçait ces paroles : « Il est temps de dire les choses telles qu’elles sont pour rendre la parole politique crédible dans notre pays ». Monsieur le Président, je ne vous le fais pas dire.


Bertrand Delanoë

3 commentaires à “« Pour rendre la parole publique crédible dans notre pays »”

  1. odile Bailleux-Hauser dit :

    N’oublions aussi la promesse de campagne du candidat de 2007 sur le droit opposable à l’accueil de la petite enfance…. discrètement mis sous le tapis par N Morano, pour autant 5 ans de désengagement financiers dans ce secteur avec un transfert de charges de plus sur les communes qui n’ont pourtant aucune obligation dans ce domaine….et aussi de grands discours sur la parité!

  2. Gilbert Estadieu dit :

    Bonjour Monsieur Bertrand Delanoë,
    Vous posez la question :
    Quel crédit accorder aux engagements que prendra le candidat sortant ?……
    Et vous avez raison.
    Mais je pose aussi la question : Quel crédit pourrais je encore accorder aux engagements du candidat du parti socialiste ? ………………lorsque Madame Anne Le Strat Adjointe au Maire de Paris, Adjointe chargée de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des canaux Groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, Présidente d’ Eau de Paris soutien les méthodes et mensonges de sa Direction des Ressources Humaines qui n’hésite pas à rompre abusivement le contrat collectif de complémentaire santé d’un retraité, sans préavis et sans prévenir l’intéressé, provoquant sa radiation de l’ancienne mutuelle de groupe, après avoir déjà tenté de le faire à plusieurs reprises ; en ayant auparavant éliminé les autres retraités par une « procédure » trompeuse et tout cela prémédité afin de prendre une nouvelle mutuelle de groupe plus avantageuse au niveau remboursements mais surtout moins onéreuse pour Eau de Paris, pour le personnel actif et les futurs retraités.
    Méthodes qui me paraissent contraire à la politique sociale du parti que vous représentez à la tête de la Ville de Paris et exprimée dans les promesses électorales de Monsieur François Hollande.
    Il est possible que Madame Anne Le Strat ai été mal informée volontairement par la D.R.H si elle n’a pas fait une lecture attentive et complète de la requête que je lui ai adressé .
    Je tiens à votre disposition les documents nécessaires à la compréhension de cette affaire et prouvant mes propos; si vous voulez bien me donner un lien internet sur lequel je vous ferai parvenir le dossier complet.
    Je vous prie d’agréer Monsieur mes sincères salutations.
    Gilbert Estadieu
    Retraité Eau de Paris/Ville de Paris

  3. Eau de Paris dit :

    Monsieur,

    Nous faisons suite au commentaire de Monsieur Estadieu prétendant que la Direction des Ressources Humaines d’EAU DE PARIS n’hésite pas à rompre abusivement le contrat collectif de complémentaire santé d’un retraité. Or, Monsieur Estadieu bénéficiait en réalité d’un contrat à titre strictement individuel, conformément à la loi Evin. Le fait qu’à titre exceptionnel, sur requête de Monsieur Estadieu, EAU DE PARIS ait accepté de servir d’intermédiaire entre ce retraité et sa mutuelle – pour faciliter le règlement des cotisations – ne donne aucunement un caractère “collectif” au contrat qui liait les deux parties.

    En outre, la “radiation” qu’évoque Monsieur Estadieu n’a pas été le fait d’EAU DE PARIS, ni préjudiciable aux retraités. Conformément au Code des Marchés Publics, le contrat collectif entre EAU DE PARIS et son ancienne mutuelle a dû être rompu, fin 2011, afin d’opter pour un prestataire moins onéreux pour les salariés, comme le souligne à juste titre Monsieur Estadieu.

    Si les retraités ont alors été avisés d’une radiation, cette communication s’est avérée résulter d’une regrettable erreur spécifique à la mutuelle concernée. A la demande expresse de la Direction des Ressources Humaines d’EAU DE PARIS, ce dysfonctionnement n’a pas manqué d’être immédiatement corrigé. EAU DE PARIS a ainsi obtenu que Monsieur Estadieu puisse ré-adhérer à la mutuelle à titre individuel dans les meilleurs délais.

    Dans un premier temps, Monsieur Estadieu a alors fait le choix de décliner cette proposition, au motif que le groupe de santé lui demandait de régulariser le paiement de cotisations. Par la suite, j’ai eu le plaisir d’apprendre que Monsieur Estadieu avait finalement consenti à compléter et envoyer son dossier d’adhésion, bénéficiant ainsi d’une rétroactivité de sa couverture santé qu’il a lui-même qualifiée de raisonnable.

    Les accusations que portent Monsieur Estadieu à l’encontre d’EAU DE PARIS et de sa direction semblent donc bien injustes, au regard des efforts déployés pour le maintien de la couverture santé de ce retraité, efforts manifestement porteurs et allant bien au-delà des obligations d’employeur.

    Ce dossier a pu trouver une issue favorable à cet ancien salarié et souhaitons de tout cœur que ces précisions restaurent sa confiance à l’égard de nos structures et valeurs.

    La direction de la communication

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