LES ÉDITOS

Paris, ville éternelle et ville durable

15 avril 2013

J’inaugure ce lundi 15 avril dans le 18e arrondissement la plus grande centrale photovoltaïque de centre-ville jamais réalisée en France. Cette réalisation est d’abord le fruit d’une alliance entre créativité architecturale et maîtrise technique. Pour imaginer nicher 3.500 mètres carrés de panneaux solaires sur les toits d’un ancien bâtiment SNCF, puis pour transformer effectivement un entrepôt en centrale de production d’énergie, il a fallu à tous les partenaires du projet un engagement et une détermination sans faille. Aujourd’hui la centrale est achevée et témoigne de notre ambition d’excellence environnementale pour Paris, ville qui pour avoir la réputation d’être éternelle n’en oublie pas moins d’être durable.

Alors que le développement de notre civilisation urbaine exige une réduction volontariste des dépenses d’énergies fossiles, une ville durable se doit avant tout d’être une ville performante. C’est la raison pour laquelle notre collectivité met en œuvre  depuis 2007 un Plan Climat ambitieux visant à réduire la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici 2020. Dans le même temps, nous comptons faire monter à 30% la part des énergies renouvelables à Paris. C’est dans cette mutation profonde qu’il faut inscrire la création de la centrale photovoltaïque de la Halle Pajol, conduite en dépit du conservatisme du gouvernement de François Fillon, acharné à l’époque à démanteler la filière photovoltaïque. Pour pallier le désengagement de l’Etat, signifié à l’époque par la ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, la Ville et la SEMAEST ont dû assumer un surcoût de presque 3 millions d’euros pour permettre au premier bâtiment à énergie positive de Paris de voir le jour !

Une ville durable ne peut se contenter d’être performante. Elle doit également être équitable en redistribuant avec un esprit de justice et de solidarité les fruits de son progrès et de son dynamisme. En créant au cœur d’un quartier populaire et délaissé un équipement de référence dédié à l’excellence environnementale, nous veillons à que la qualité de vie soit mieux partagée à Paris. L’intérieur de la halle laisse place à un nouveau gymnase, à une bibliothèque, à une auberge de jeunesse, et à un jardin  dont bénéficieront en priorité les habitants du quartier.

Une ville durable enfin est une ville qui a le sens du temps, c’est-à-dire une bonne mémoire d’elle-même et une vision claire de son avenir. Le renouveau de la halle Pajol illustre la renaissance d’un patrimoine industriel, voué à la disparition avant 2001. La requalification de cet entrepôt, témoin abandonné d’un autre âge de notre économie et de notre urbanisme, permet de renouer le fil du temps et d’asseoir notre avenir dans une belle fidélité à l’histoire. En rendant à cet espace sa vocation à servir le dynamisme de Paris, nous montrons que l’innovation et le mouvement peuvent avantageusement s’enraciner dans la mémoire.

Alors que la crise continue à sévir en dépit du courage des Français et du volontarisme de tant de leurs responsables politiques, il est fondamental que nous continuions à innover, à avancer et à bâtir dès aujourd’hui les conditions d’un avenir meilleur. Chesterton écrivait au début du siècle dernier que le monde ne mourrait jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement. A la centrale photovoltaïque de la Halle Pajol, l’émerveillement est au rendez-vous, offrant aux Parisiens malgré la crise un gage fort de confiance en leur avenir.

Un commentaire à “Paris, ville éternelle et ville durable”

  1. ce site dit :

    Grand merci, tout ce que tu écris sonne juste,

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