ACTUS

Non cumul : soyons le changement

29 novembre 2012

Sur le chemin du redressement dans la justice, l’interdiction du cumul des mandats est aujourd’hui un point de passage obligé. Alors que la France évolue, cette mesure est plus que jamais nécessaire à un meilleur enracinement de la représentation nationale au cœur de notre société. Alors que notre pays est confronté à une crise d’une violence inouïe, économique, politique et même morale, elle peut contribuer à rétablir le lien de confiance qui doit unir les citoyens à leurs représentants.

Limiter strictement le cumul des mandats comme François Hollande l’a promis aux Français avant son élection, c’est régénérer la République que nous aimons en la garantissant contre tout ce qui pourrait la fragiliser : le non renouvellement des dirigeants politiques, l’affaiblissement de la représentativité des assemblées parlementaires ou encore l’indifférence de citoyens se sentant exclus du champ politique.

La promesse de François Hollande est donc un formidable gage d’espérance, puisqu’il s’agit d’ouvrir grand les portes de la République à celles et ceux qui désirent tout simplement participer à la vie publique dans leur pays. Nos concitoyens y ont tout de suite vu un témoignage salutaire de bon sens excédant largement les clivages entre la droite et la gauche. La commission présidée par Lionel Jospin est ensuite venue confirmer la pertinence de cette réforme dans le cadre de la rénovation globale de la vie politique.

L’heure est donc venue de mettre en œuvre cette mesure de salubrité démocratique, souhaitée très largement par les Français et plébiscitée à plusieurs reprises par les militants socialistes, afin qu’elle s’applique dès les élections municipales de mars 2014. En adoptant cette loi sans délais et sans détours, nous pourrons retisser le lien entre les citoyens et leurs représentants en rendant à la République les couleurs de la France. C’est avec des élus issus de toutes les classes sociales et de toutes les origines, mais également avec des responsables en situation de se consacrer exclusivement au mandat qui leur est confié, que le changement dont nous avons tant parlé prendra corps dans notre pays.

Bien entendu, cette réforme suscite le débat. Comment pourrait-il en être autrement dans un pays qui accorde tant de valeur à la démocratie ? Certaines voix s’élèvent contre une loi qui leur semble porter atteinte à l’enracinement local de nos parlementaires ; d’autres prédisent une précarisation du statut des élus ; une minorité enfin y voit une mise en cause populiste du travail de nos représentants au cours des dernières années. Loin de nous tétaniser, la perspective de ces discussions passionnées doit nous conduire à nous mobiliser pour convaincre les sceptiques que le conservatisme est toujours l’ennemi du progrès.

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde », répétait inlassablement Gandhi – voilà tout le défi qui s’offre à nos députés et à nos sénateurs à l’heure où il leur est demandé de contribuer personnellement à la promotion d’une République exemplaire.

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