LES ÉDITOS

Lettre de Bertrand Delanoë aux Parisiennes et aux Parisiens

3 avril 2012

Lettre du Maire de Paris Bertrand Delanoë aux Parisiennes et aux Parisiens
Madame, Monsieur,

Le moment du choix approche : la décision que nous prendrons, les 22 avril et 6 mai prochains, engagera notre pays pour cinq ans. Le débat doit être mené avec clarté, et il ne doit en aucune façon être éludé. Les tragédies de Toulouse et de Montauban viennent souligner plus clairement encore la valeur de notre démocratie, et le devoir que nous avons de la faire vivre.

Je souhaite, dans ce moment majeur de notre vie nationale, vous donner mon sentiment.

Notre pays a besoin d’alternance. Il a besoin d’être gouverné autrement, avec plus de sobriété, peut-être aussi plus de dignité. Il a besoin de justice, après ces années vouées à l’iniquité et au pouvoir de l’argent.

La France doute, elle s’affaiblit, elle s’abîme dans une crise qui atteint non seulement sa prospérité, son équilibre, mais aussi son identité au vrai sens du terme, autrement dit ses valeurs. La souffrance sociale s’installe, ainsi que la peur de la précarité, qui n’est rien d’autre que l’angoisse du lendemain.

Il faut changer, et la voie de l’alternance existe : celle du redressement par la justice, celle du retour d’un État stratège, d’un État protecteur. Cette voie de l’alternance, c’est le bulletin François Hollande.

François Hollande est un homme de constance et de volonté. Je connais son humanité, son refus de se résigner aux injustices. Je mesure aussi, chaque jour, depuis des mois, son courage et sa ténacité.

Je vous appelle à voter pour lui, et à le faire dès le dimanche 22 avril, pour donner à sa candidature toute la force nécessaire à la victoire.

Cet appel, je le lance comme citoyen, parce que je suis conscient de l’état de mon pays, je connais ses attentes, je mesure les urgences, et je suis convaincu que François Hollande propose des solutions concrètes, efficaces et justes. Pour rendre le logement plus accessible à tous, il encadrera la hausse des loyers. Pour restituer à l’école sa vocation, il affectera des enseignants, des surveillants, des médecins scolaires, dans les territoires où ils sont le plus nécessaires, et notamment pour les écoles maternelles et primaires. Pour garantir le droit universel à la santé, il améliorera l’accès de tous à la médecine de ville et donnera la priorité à l’hôpital public. Il permettra le retour, dans notre pays, d’une puissance publique protectrice. Il restaurera nos services publics. Il mettra notre pays sur la voie de la transition écologique responsable, en baissant la part du nucléaire dans la production d’énergie.

Voter François Hollande, c’est choisir un État qui protège les citoyens et qui prépare l’avenir de notre pays. Mais c’est aussi défendre notre ville, Paris.

Car si je lance cet appel, c’est aussi parce que, comme maire, je sais combien, depuis 5 ans, Paris est pris pour cible par le pouvoir d’État.
Sous le mandat du président sortant, l’État a frappé les finances de notre collectivité en ne compensant pas les dépenses correspondant aux compétences qu’il lui transférait. Il a également bloqué, arbitrairement et unilatéralement, le projet d’aménagement des voies sur berges, porté par les élus des Parisiens. Il a refusé de céder des terrains qui auraient pu servir à produire des milliers de logements. C’est un fait : l’État, depuis 2007, n’aime pas Paris.

Je sais qu’avec François Hollande, cela aussi changera. Je l’ai entendu exprimer le lien indissociable entre la France et sa capitale, et sa conviction qu’elles n’avanceraient pas l’une sans l’autre. Je sais son respect pour le rôle des collectivités locales. Je connais enfin sa volonté de donner à la métropole parisienne, en s’appuyant sur le travail de ses élus, une réalité et une légitimité.

Pour la vie quotidienne de millions de Français, pour l’image de notre pays dans le monde, mais aussi pour l’avenir de notre ville, je forme ici le vœu que les Parisiens expriment clairement leur confiance à François Hollande.
Bertrand Delanoë

Un commentaire à “Lettre de Bertrand Delanoë aux Parisiennes et aux Parisiens”

  1. BA dit :

    Sarkozy veut oublier ce “prêt” de 3 millions.

    Il veut croire que c’est la faute aux médias, à quelques médias. En début de semaine, Nicolas Sarkozy a publiquement accusé le Monde de rouler pour le candidat François Hollande. Le quotidien du soir avait titré sur cette enquête du juge Gentil sur l’éventuel financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy par les époux Bettencourt en 2007.

    Il avait la trouille, et faisait mine de n’y rien paraître. Il espérait que cette France silencieuse qu’il cherchait tant ne lisait pas ses rares médias perturbateurs.

    Jeudi 29 mars, en déplacement dans le Gard, Nicolas Sarkozy refusa donc de répondre à une question de Mediapart, sur une autre affaire : comment avait-il pu financer l’acquisition de son duplex sur l’île-de-la-Jatte, à Neuilly-sur-Seine ? A l’époque, il avait prétexté un prêt de 3 millions de francs (200.000 euros) de l’Assemblée nationale. Et le prix d’achat était déjà largement inférieur aux prix du marché.

    La journaliste de Mediapart, sur cette video, est empêchée d’insister. Nicolas Sarkozy lui-même pose la main sur la caméra « pour l’empêcher de filmer.»

    La journaliste, Valentine Oberti, avait pourtant enquêté. Le candidat Sarkozy, en 2007, n’avait pu bénéficier d’une telle largesse de l’Assemblée. Car cette dernière ne pouvait prêter que 1,2 million de francs, et non 3 millions de francs. Et l’Assemblée ne put garantir l’existence d’un tel prêt.

    L’enquêtrice de Mediapart s’est interrogée. Elle avait retrouvé l’acte de vente. Le futur monarque avait écrit cette curieuse formule : « avoir obtenu l’ensemble des prêts nécessaires au financement de mon acquisition », sans pourtant préciser la source de ses apports.

    Mediapart précise : « Plus de quinze années après l’achat, nul ne sait donc comment le président de la République a financé son appartement, et ainsi constitué une grande partie de sa fortune personnelle. ».

    On résume : Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un (ou plusieurs) prêt(s) secrets pour environ 3 millions de francs (450.000 euros).

    Vendredi 30 mars, on apprit que Patrice de Maistre, l’ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, restait en détention. Il avait plaidé la faiblesse physique. Mais la Cour d’appel de Bordeaux a rejeté sa demande de libération, confirmant « l’ordonnance de placement en détention provisoire et ordonnant une expertise médicale pour vérifier la compatibilité de la détention avec son état de santé».

    Pour le camp Sarkozy, c’est un coup dur. Patrice de Maistre avait été mis en examen pour « soupçon de financement frauduleux de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2007 », puis écroué depuis le 23 mars pour « abus de faiblesse et abus de biens sociaux ». Il a résisté, il n’a rien dit, rien avoué.

    Par définition, ce maintien en détention signifie que la détention a son importance pour les juges. « La justice veut empêcher M. de Maistre de détruire éventuellement des preuves » précisait l’envoyé spécial du Parisien. Le juge Gentil veut qu’il craque. Et d’ailleurs, de Maistre était aux bords des larmes ce vendredi.

    La coïncidence de certains retraits d’espèces en Suisse au printemps 2007 et des rendez-vous politiques le trouble au plus au point. Pire, Patrice de Maistre a eu une défense curieuse : «Je n’ai rien fait de ce qui m’est reproché, j’ai seulement travaillé. Ce que je n’ai pas fait, c’est arrêter un système qui existait depuis 40 ans». Et il ajouta : «Ça aurait été plus facile pour moi de dénoncer».

    C’était exactement ce que la justice attend. Qu’il dénonce. « Patrice a tout intérêt à parler. Sinon, il risque de passer plusieurs mois en prison, et il fera figure de prévenu vedette quand viendra le moment du procès » avait confié à Mediapart un ami du gestionnaire.

    « Nicolas Sarkozy ne peut plus se contenter de balayer d’un revers de main les soupçons qui pèsent sur le financement de sa campagne de 2007 » s’interrogea Libération, ce samedi 31 mars.

    Effectivement.

    Cette fin de quinquennat promettait encore quelque surprises.

    Ami sarkozyste, reste avec nous.

    http://sarkofrance.blogspot.fr/2012/04/sarkozy-veut-oublier-ce-pret-de-3.html

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