ACTUS

Journée internationale des droits des femmes

7 mars 2014

La journée internationale des droits des femmes offre chaque année à la société française une occasion précieuse de réfléchir lucidement et d’amplifier un engagement.

Cette année, cette célébration entre en résonance avec la disparition, le 20 février dernier, d’une grande figure du féminisme, Antoinette Fouque. Celle-ci faisait de l’égalité entre les hommes et les femmes un combat. Mais un combat singulier, s’appuyant sur une réflexion historique et un enjeu de civilisation. Je partage plusieurs de ces analyses et la journée du 8 mars est l’occasion de remettre en perspective ce mouvement dans le contexte national, et international, actuel.

Il s’agit d’abord, en mesurant le chemin parcouru depuis un siècle, de nous rappeler ce que nos actuelles conditions de vie doivent aux combats courageux des femmes et des hommes qui ont su, depuis un siècle, démasquer l’inégalité chaque fois qu’elle avait réussi à se parer des atours de l’ordre établi. Ce sont les suffragettes réprimées du début du siècle, les militantes conspuées du droit à l’avortement, et les pionnières politiques tournées en dérision par des assemblées de patriarches apeurés, qui ont forcé les portes de la République au nom même de la devise inscrite sur ses frontispices. Ce sont des militantes célèbres ou anonymes qui ont conquis pour les femmes de leur génération, et des générations à venir, une liberté vécue jusque dans l’intimité des corps, une égalité déclinée jusque dans le secret des isoloirs, et une fraternité émancipée des pères et des époux. Il n’existe donc aujourd’hui qu’une seule façon de les honorer : nous inspirer d’elles.

Mais cette journée est aussi là pour nous rappeler que des inégalités insupportables persistent. Les plus criantes sont géographiques. Je pense aux femmes qui, comme en Syrie, sont les premières victimes de la guerre, à celles qui doivent se cacher, à celles à qui certains métiers ou certaines fonctions sont interdits, à celles qu’une simple infidélité suffit parfois à condamner à mort. Mais je n’oublie pas qu’en France, malgré l’égalité acquise, de graves disparités subsistent encore entre hommes et femmes. Nous devons profiter d’une journée comme celle-ci pour réveiller les consciences et rappeler que la lutte pour les droits des femmes doit demeurer une priorité quotidienne et absolue.

Cette année, nous fêterons un anniversaire important : cela fera en avril prochain 60 ans, 60 ans seulement ne puis-je m’empêcher d’ajouter, que les femmes ont le droit de voter en France.  Ce droit en a appelé d’autres, et nous sommes les héritiers des progrès accomplis. Les héritiers, mais aussi les défenseurs. L’année écoulée vient en effet de nous rappeler que les droits des femmes pouvaient encore être contestés et que des acquis majeurs pouvaient être remis en cause. La situation espagnole, avec un gouvernement conservateur s’attaquant à ce droit fondamental qu’est l’avortement, doit à cet égard nous alarmer. Je souhaite que le Conseil de l’Europe garantisse cette liberté, pour qu’elle ne puisse plus jamais être contestée de la sorte. Je me félicite, en revanche,  que le 21 janvier dernier l’Assemblée Nationale ait réaffirmé ce droit, en adoptant un amendement qui supprime du Code de la santé publique la notion de « détresse » pour une femme faisant le choix de l’avortement. J’y vois un progrès nécessaire de la liberté des femmes. Pour marquer une nouvelle fois mon soutien à ce droit essentiel, j’ai rendu cette semaine visite aux équipes du nouveau centre d’éducation et de planification familiale installé rue Hittorf dans le 10ème arrondissement. C’est le quatrième centre ouvert à Paris depuis 2008. Paris compte désormais 22 de ces centres qui permettent aux femmes parisiennes de recevoir des conseils et d’accéder à ces droits fondamentaux.

Chaque fois que se réduit entre les femmes et les hommes l’écart instauré par les préjugés et creusé par les habitudes, c’est l’égalité au sens large qui progresse au sein d’une société plus juste, plus solidaire et plus apaisée. En ce 8 mars, c’est donc avec les femmes et pour l’égalité que tous les progressistes doivent se mobiliser – non pas pour que « la femme soit l’avenir de l’homme » mais pour que l’égalité soit l’avenir de l’humanité.

 

Publiez un commentaire

CréditsConditions d'utilisationsLiens