LES ÉDITOS

Un été 2010

29 juillet 2010

Pendant un mois, sur les berges de la Seine et au bassin de la Villette, Paris vit au rythme de Paris Plages. C’est la fête, le plaisir, la joie d’une ville qui a le goût du partage. Une capitale qui, le temps de l’été, essaie de se délester un peu du poids des habitudes. Et sans prétendre donner aux choses une gravité qu’elles n’ont pas, sans, donc, se prendre au sérieux, j’affirme que ce que nous faisons a du sens. Offrir un peu de bonheur à tout le monde, cela compte, surtout maintenant, en cette saison de doute, de tension, et de crise.

C’est dans cet esprit que Paris, en été, ouvre pour tous des espaces de détente et de loisir, des jeux, des animations culturelles et sportives. Et la Ville soutient très activement des associations généreuses et engagées, qui permettent à des milliers d’enfants de découvrir la mer ou la montagne.

Car cet été, plus de la moitié des Français ne partent pas en vacances. C’est un chiffre qui n’avait jamais été atteint, ni même approché, dans les années récentes, et qui invite à nous poser des questions sur notre société, de plus en plus clivée, où les privilégiés et les laissés pour compte habitent, toujours davantage, deux mondes séparés, et qui s’éloignent l’un de l’autre. La « fracture sociale » diagnostiquée il y a quelque quinze années est devenue une immense faille, et il faudra beaucoup de patience, de volonté et d’imagination, pour réconcilier cette société avec elle-même.

Cela commencera par le sens de la justice.  Telle est l’exigence que nous devrons porter ensemble. Notre pays semble s’installer dans un système inique, qui donne tout à ceux qui ont tout, et qui prend à ceux qui n’ont rien. La rigueur s’organise aux dépens des emplois aidés et de l’allocation adultes handicapés, mais le bouclier fiscal n’est pas remis en cause…

C’est une autre société qu’il faudra inventer, où chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Et à un pays cloisonné, morcelé, menacé par la lutte des générations, des communautés, des classes sociales, il faudra redonner la fierté de son histoire et le sens de son unité. Et défendre ses valeurs, dans un monde instable.

Lourde tâche : elle nous attend, tous, dès la rentrée. Nous aurons besoin d’énergie et de courage. Je souhaite que l’été nous y aide. Nous nous retrouverons sur ce site, à la fin du mois d’août, pour continuer à réfléchir, à dialoguer, et à avancer.

A bientôt.

Bertrand Delanoë

5 commentaires à “Un été 2010”

  1. Khaled Abichou dit :

    “C’est une autre société qu’il faudra inventer, où chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.” Voilà une formulation qui remet les choses dans l’ordre.
    On est loin de cette notion de “l’égalité des chances” comme si la vie était une loterie.
    Amitiés socialistes
    Khaled Abichou

  2. jean delaboulaye dit :

    Trop de gens croient à un non-dit selon lequel la fatalité est là. Certains signes leur donnent apparemment et superficiellement raison. La France reste un pays économiquement et démographiquement crédible, mais surtout, si chacun y reçoit selon ses besoins et si nous sommes conscients que les pays émergents sont forcément plus dynamiques, nous pouvons avoir un role politique et intellectuel très puissant.

  3. pogu dit :

    Bonjour Monsieur le Maire,

    Paris plage est attendu chaque année avec beaucoup d’attente.
    Grâce à vous et à votre fidèle équipe nous vous apportez toujours des nouveautés, de nouvelles découvertes partagées avec beaucoup de plaisir, d’amitié et de bonheur sans votre volonté et votre pouvoir qui n’existeraient pas ; un grand merci et nous vous souhaitons de très bonnes vacances.

  4. Khaled Abichou dit :

    Ce que dénonce l’illustre et courageux anonyme “aor” est certainement la pratique qu’il vit dans son parti politique.
    Vélib, logements sociaux, éradication du logement insalubre, solidarité, municipalisation de l’eau, transparence…..
    Bizerte n’est ni le yacht d’un des 40…..copains, ni l’Ile Maurice.

  5. Fred dit :

    Bonjour Monsieur le Maire,
    je suis habitant du 18 ieme, sympathisant PS. Ce qui va suivre n’est pas une attaque UMP, j’espère juste que le message vous parviendra, et pas uniquement à votre webmaster (excusez moi, webmaster ! je me moque un peu d’être publié si le message parvient à monsieur le Maire)
    Avec mon compagnon, nous vivons rue de Clignancourt. Je marche tous les matins de Clignancourt jusqu’à Voltaire.
    Je constate mois après mois une dégradation de la propreté de la ville, en tout cas, sur mon chemin… mais peut-être n’ai je pas beaucoup de chances ;-)
    Vraiment, je trouve cela de plus en plus rude à supporter
    La rue Clignancourt est sans cesse encombrée de détritus en tous genre, coincés entre les voitures et le trottoir, les trottoirs eux mêmes sont sales (urines des passants, commerçants peu scupuleux, etc…)… Qu’attendez vous pour demander des verbalisations ?
    Le boulevard Magenta est un peu moins sale, mais à peine…
    De pauvres personnes SDF sont entourrées de leurs saletés, et c’est un spectacle vraiment navrant…
    Vous devriez vous pencher serieusement sur ces problèmes…

    Merci de votre “attention”

    Fred

    Merci de votre attention !
    bien à vous

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