LES ÉDITOS

Responsabilité

26 avril 2011


Dans un an, la France se choisira un nouveau Président de la République. Les socialistes ont un devoir : celui, le moment venu, d’être prêts, je veux dire d’être à la hauteur, d’être à la mesure de ce moment singulier, et si grave, dans la vie de notre pays et du monde.
La France souffre. Elle s’enfonce dans une profonde détresse sociale, dans une crise froide et dure, qui est celle de l’épuisement: pour tant et tant de Français, de plus en plus nombreux, de plus en plus seuls, la dignité et la normalité de la vie paraissent chaque jour plus lointaines. C’est le minimum qui devient un maximum : se loger, se nourrir, travailler, élever ses enfants, partir en vacances, sont autant de droits qui se transforment, pour beaucoup de nos compatriotes en une sorte de luxe inaccessible, et dans des proportions dont il faut que chacun prenne enfin pleinement conscience.
Cette détresse s’aggrave d’un sentiment d’injustice exacerbé par une politique gouvernementale qui persiste à donner aux plus riches …. Et pendant ce temps l’école continue de s’abîmer, l’hôpital de se déliter, les services publics de s’effondrer. Les quartiers populaires, les jeunes en situation de décrochage, les personnes âgées solitaires,mais aussi les enseignants, les infirmières, les policiers, et tant d’autres éprouvent un sentiment que l’on peut exprimer d’un mot : ils se sentent abandonnés.


Et c’est une constante dans l’histoire des peuples : quand l’injustice devient insupportable, quand la crise devient trop dure et quand les inégalités ne sont plus acceptables, la tentation du repli, voire du rejet, s’installe. Les ferments de la division, de la peur, de la xénophobie trouvent dans de telles périodes des terrains singulièrement fertiles. Et ce sont, là encore, les plus faibles qui en sont les premières victimes.


Voilà où nous en sommes. C’est dire l’éminente, l’écrasante responsabilité des socialistes. Nous devons vaincre les peurs et susciter l’espoir- mais un espoir lucide, raisonné, fondé sur la conscience du possible : après l’imposture du « travailler plus pour gagner plus », les Français sont un peuple à qui il n’est plus possible de raconter des histoires. Ils veulent espérer, mais ils n’ont plus confiance. Nous ne gagnerons pas par la magie du lyrisme, mais sur un contrat.
De ce contrat, nous avons jeté les bases au début de ce printemps. Nous avons un projet, qui est solide, audacieux, et sérieux. Il nous faudra l’enrichir, et, en nous appuyant sur ce socle, proposer une nouvelle voie à la France. La grande aventure commence maintenant : celle de la rencontre avec nos concitoyens.


Nous devons recréer la confiance avec un électorat populaire qui, très souvent ne croit plus en nous, ni en personne. Nous ne pouvons pas nous résoudre à ce que le vote des ouvriers se porte plus vers Marine le Pen que vers les candidats socialistes. Nous devons nous adresser à ceux qui souffrent, à ceux qui doutent, à ceux qui n’en peuvent plus. A nous de les convaincre que la politique peut être faite sur un autre mode, plus respectueux, plus noble, et plus digne (oui, le style importera) ; qu’elle peut rassembler au lieu de diviser ; qu’elle peut contribuer à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens ; bref qu’elle peut être efficace, et parvenir à modifier la réalité quotidienne vécue par des Français qui n’en peuvent plus d’être payés de mots. Nous ne pouvons pas faire croire au « changement » dans le vague de l’absolu ; nous devons en revanche prouver que des changements sont possibles et qu’un Etat restauré et modernisé en sera l’acteur et le garant.


Le retour de la puissance publique : voilà ce qu’attendent les Français de 2012 à 2017. Aux socialistes de savoir leur en donner les moyens. Nous avons pour cela beaucoup de travail. Un travail qui suppose ambition, humilité, imagination et courage. Nous n’avons pas le droit moral d’être politiquement lâches ou intellectuellement paresseux.


Bertrand Delanoë

Un commentaire à “Responsabilité”

  1. RIVIERE dit :

    Quand je lis cette information sur MEDIAPART :
    Le gouvernement interpellé sur la réforme des retraites
    Par POJ – Club de Mediapart

    Madame la députée Martine Billard vient d’interpeller le gouvernement sur l’illégalité de la réforme des retraites ; ou plus exactement son inconventionnalité, c’est-à-dire sa contravention au droit international, lequel impose un “principe de non régression” en matière de droits économiques, sociaux et culturels.etc…etc… voir suite sur MEDIAPART…

    Je me dis que TOUS autant que vous êtes, politiques, syndicats, vous vous êtes bien moqué de nous lors des manifestations. Vous ne pouviez ignorer cette possibilité, AUCUN d’entre vous ne nous en a informé.

    Vous pouvez donc maintenant faire tous les discours que vous voulez, pour ma part je n’irai PLUS JAMAIS voté, d’autant plus que nous savons tous très bien aussi maintenant que vous êtes responsable de l’élection de N.SARKOZY en 2007.

    C’est à hurler !

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