LES ÉDITOS

Quand toute la société dit non

11 octobre 2010


Les jeunes aussi… C’est le fait nouveau de ces derniers jours, et il peut avoir des conséquences considérables. Le gouvernement ne cache d’ailleurs pas sa peur, et il multiplie les mises en garde , aux parents, aux professeurs, aux organisations syndicales. Mais ce qu’il ne s’obstine à nier, c’est la volonté, la détermination, l’angoisse et la colère, des jeunes eux-mêmes.


Au début d’une semaine importante pour l’avenir et la cohésion de la société française, je ferai, à ce sujet, trois observations.


- Les jeunes sont directement concernés par le débat actuel. C’est aussi leur affaire, et il y a une grande inconséquence dans l’attitude d’un gouvernement qui conteste, en substance, la légitimité même de leur engagement dans ce mouvement. Au nom de quoi veut-on interdire à toute une génération de s’inquiéter pour son avenir et pour celui de la société dans laquelle elle vivra ?


- Le gouvernement ne veut toujours pas mesurer à quel point il peut-être parfois dur d’avoir 20 ans en 2010. En présentant sa réforme, il a joué, avec un certain cynisme, sur l’opposition entre les classes d’âge. Et, dans le vocabulaire sécuritaire très en vogue, les jeunes sont constamment assimilés à des délinquants en puissance. Pendant ce temps, on s’obstine à oublier quelques réalités : le taux de pauvreté est supérieur de 50% chez les 18-25 ans à ce qu’il est dans le reste de la population. Le taux de chômage est deux fois plus élevé. Près des deux tiers des diplômés de l’an dernier n’ont pas trouvé de travail. Et parmi ceux qui en ont trouvé, combien de contrats précaires et de temps partiel subi… Il faudra trouver une place pour les jeunes, de façon à ne pas leur laisser comme seule alternative l’exclusion ou la révolte. Si cette semaine de mobilisation pouvait être l’occasion d’entendre cette angoisse, et de tenter d’y répondre, ce ne serait pas la moindre de ses vertus.


- La colère de la jeunesse n’est pas dissociable de celle de l’ensemble de la société. Et c’est peut-être l’aspect le plus remarquable du mouvement actuel : cette cohésion, cette solidarité de la société française dans l’épreuve. A de nombreuses reprises, ici même, j’ai évoqué le besoin vital d’unité de notre peuple, face à un pouvoir qui morcelle la France et qui joue sur les antagonismes entre les générations, entre les communautés, entre les classes sociales. Eh bien, cette unité que le sommet de l’Etat s’ingénie à briser est en train de se reconstituer dans la rue… Salariés du privé et du public, jeunes et moins jeunes, Parisiens et Provinciaux, de toutes origines, de toutes convictions : tous se rassemblent, animés de la même indignation et de la même espérance. La société se cloisonne quand elle subit. Dans l’action, elle retrouve son unité.


Bertrand Delanoë

5 commentaires à “Quand toute la société dit non”

  1. ACCARY CHRISTIAN dit :

    Monsieur Delanöe,

    Vous n’avez pas d’enfant, et vous montrez avec de tels propos que vous n’imaginez pas au millième ce que représente un enfant pour un père et une mère. Si vous en aviez un ou une, vous n’admetteriez certainement pas de le (la) savoir déambuler bêtement dans les rues, livré(e) à lui(elle) même et aux exactions de quelques huluberlus. Faut-il comme toujours, que du sang coule, pour que l’on prenne conscience que si on avait su….on aurait….on savait pas….on reconnait…. mais c’est déjà trop tard, et tout ce gâchis d’heures de cours, d’éducation, de laisser aller, d’irresponsabilité, c’est çà que vous offrez à notre jeunesse, à nos enfants? Monsieur Delanöe, vous me décevez, reprenez vous s’il vous plait, faite le pour nos enfants, pour la jeunesse de notre pays. Je vous remercie de votre écoute et de votre compréhension.

  2. dauphiné dit :

    La jeunesse est dans la rue dites-vous et cela est légitime.
    Sans aucun doute, étais-je déjà vieux en 68 car je n’étais pas dans la rue. Terminant mes recherches de fin d’études, je profitais d’un accès total à l’ordinateur de mon université. Car en effet, les temps de calcul disponibles, très rares à cette époque, étaient devenus abondants en mai.
    Mes amis et collègues, assistants et chercheurs étaient tous dans la rue et participaient à de fumeux colloques sur l’avenir de la France dont le PIB croissait d’environ 7-8% par an,
    Divine surprise que ce mai 68!
    Quelqu’un a dit: « il ne faut pas empêcher les travailleurs de travailler et les étudiants d’étudier » Je ne sais plus qui! Probablement un personnage célèbre …

  3. Emilio dit :

    Siento no poder expresarme en francés. Creo que este artículo pone de manifiesto que en Europa es necesario ese revulsivo que conocimos, al menos los españoles, de los jóvenes estudiantes universitarios, en los años 70 y que junto a otras demandas de la sociedad nos llevó a la democracia después de cuarenta años. Ahora, tras el engaño y fracaso de la sociedad llamada financiera necesitamos lucha social.

  4. Moreau Andre dit :

    Bonjour, je ne peux que souscrire, approuver, soutenir, partager, tant ce texte correspond bien à mes constats depuis bien longtemps.
    Je voudrais pour illustrer mon soutien, vous joindre ci desssous, un texte que j’avais écrit il y a bientôt 1 an, et que l’on peut retrouver également sur le blog de notre députée et non moins amie, Geoges Pau Langevin, ” Vivre ensemble dans le XXème”

    UNE JEUNESSE PERDUE A LA DERIVE

    Les jeunes des quartiers, redeviennent un problème de sécurité, tant pour la population que pour le pouvoir, et la seule réponse qui soit affichée, est encore le seul volet répressif.
    Certes, nous nous devons d’être vigilant et de répondre aux habitants en tenant compte du droit à la sécurité, c’est un principe républicain.

    Pour autant, nous savons aussi, que quand les associations, les grands frères, l’animation, sont existantes, et soutenues nous sommes en mesure d’apporter des réponses et ainsi d’améliorer la sécurité de tous.
    Nous en avons apporté maintes fois la preuve et surtout entre 1997 et 2002.

    La recrudescence des incivilités, la gène qu’entraîne l’agitation de certains de nos jeunes, perturbe et inquiète les habitants des quartiers les plus sensibles.
    Pour autant, nous devons être en mesure de redonner une place et reconnaître l’existence à part entière de cette population, et rééquilibrer prévention, et répression.

    Les tensions actuelles ne sont pas exceptionnelles, mais reflètent la situation tendue existante.
    L’impacte de cette crise grave ne peut qu’amplifier les phénomènes de tensions, et entrainent une
    recrudescence d’actes d’incivilités, de dégradations, et sont souvent le fait particulièrement des plus jeunes de notre société.

    Le non devenir, et/ou la non perception de leur avenir, pousse une partie de la jeunesse vers des réactions non contrôlées.
    Pour autant, il ne faut pas penser que cette catégorie de notre population n’aurait aucune conscience sociale et serait dépourvue de toute civilité citoyenne.

    Ma connaissance de cette population, m’a permis de récupérer bien souvent la confiance et surtout de rétablir le dialogue.
    Quand la confiance est rétablie, et que le dialogue se réamorce, la parole libérée permet de mieux appréhender toute demande qui jusqu’à ce moment ne l’était pas et s’exprimait que par des réactions de rejet, de manque de confiance et entraînait l’expression plus ou moins violente par des actes qui inquiètent insécurisent les autres catégories de notre population.

    Les lois et décrets qui se succèdent, n’intègrent à aucun moment des propositions de prévention.
    Bien au contraire, leur contenue qui a bien des égards reflète les dérives que je dénonce dans le texte précédent (République en danger), ne font qu’aggraver le fossé et jette cette partie de notre jeunesse dans le désarroi et le rejet de leurs ainés.

    ANDRE MOREAU.

  5. derec dit :

    Vous donnez des leçons, et en même temps vous augmentez fortement les impôts locaux .
    C’est comme cela qu’on enrichit les français ???????????????????????
    Prendre aux riches, appauvrir la classe moyenne ????????????????????

    Pendant ce temps là vous êtes incapables d’assurer l’ordre public à Paris. Vos amis du 3ème s’en inquiètent et les rues sony toujours aussi crades.

    Un rapport de la Cour des comptes dirigé par votre ami Migaud remet gravement en cause votre gestion de la mairie depuis 2001 qui n’apparaît pas du tout honnête : accord avec Chirac, copinage, hauts fonctionnaires, etc
    On se demande ce que vous faites concrètement au lieu de gueuler sur le Gouvernement

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