LES ÉDITOS

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Lettre d’Inde

16 janvier 2010

Deux jours à Delhi.

De mes rencontres, je retiens d’abord l’énergie qui émane d’un pays hors du commun. La démographie galopante de l’Inde, son taux de croissance exponentiel, en feront très probablement la quatrième puissance mondiale dans moins de vingt ans. Ce n’est plus un « pays émergent », c’est un acteur majeur de la scène mondialisée. Et c’est la plus grande démocratie du monde. Dans le même temps, l’Inde reste l’un des pays les plus pauvres de notre planète : un tiers de ses habitants vivent avec moins d’un dollar par jour. Comment représenter ces deux univers? Comment préserver l’unité et assurer une marche vers le progrès ? Ce qui me frappe chez mes interlocuteurs, notamment Rahul Gandhi, secrétaire national du parti du Congrès, c’est leur pragmatisme, leur détermination, et leur volonté de ne jamais dissocier avancées sociales, économiques, et démocratiques.


Le mouvement profond de ce grand peuple, qui le pousse à toujours tenter d’aller de l’avant, je le sens partagé par la communauté française, que je rencontre à l’invitation de notre ambassadeur, Jérôme Bonnafont. Une petite France au cœur de l’Inde, avec sa diversité, sa créativité, ses identités multiples. Ces Français de Delhi sont un pont vivant entre nos deux peuples. Par leur travail, par leur énergie, ils font vivre notre culture, nos valeurs, notre langue, dans un pays qui sait si bien les partager: la devise de la République, « Liberté, Egalité, Fraternité », figure même dans la constitution fédérale indienne.


Mais cette sensibilité commune doit s’exprimer à travers des initiatives concrètes : dans cet esprit, avec Shri Jaipal Reddy, ministre fédéral du développement urbain, je participe à l’ouverture des premières assises de la coopération franco-indienne. Après l’échec de Copenhague, une certaine gravité imprègne nos débats. Au nom de Cités et gouvernements locaux unis, l’organisation mondiale des villes, que je préside, j’insiste sur la nécessaire impulsion des collectivités rassemblées, pour oser là où les Etats s’encombrent d’hésitations et d’égoïsmes.


Avec Sheila Dikshit, ministre en chef du gouvernement de l’Etat de Delhi, nous fourmillons de projets de coopération, notamment sur l’eau, l’assainissement, ou le logement social, cet instrument au service de la mixité des origines, des parcours, des générations. La force de nos villes, c’est la diversité, et nous devons non seulement la préserver, mais la développer. Il y faut de la patience et de l’imagination. Ce sont ces vertus dont témoigne l’exposition du Pavillon de l’Arsenal à Delhi, que je visite avec mon amie Dominique Alba, directrice du Pavillon. Je mesure combien le dessin d’un quartier neuf, l’irruption d’un jardin dans la ville, le surgissement d’un immeuble de grande hauteur, l’équilibre entre commerces et logements, combien tout cela relève d’une alchimie, et même d’une forme de magie.


La magie de vivre dans les villes, ces mondes créés par l’homme où nature et culture apprennent à vivre ensemble, j’en prends la plus vive conscience, dans cette métropole du bout du monde.



Bertrand Delanoë

2 commentaires à “Lettre d’Inde”

  1. bonjour ,
    je suis ravie de savoir que Paris sera présent en Inde, et quand tu dis ” s’exprimer à travers des initiatives concrètes”, nous sommes partants.

    en espérant que sur ton blog , nous serons les premiers à les connaitre, merci de ton message sur ce blog

    bien amicalement et bonne année à toi et ton équipe
    marie-christine de lavergne

  2. valerie dit :

    Bonjour,
    Dehli n’est pas l’Inde… Quoiqu’elle résume, grâce à ces différents quartiers, les gouffres qui séparent les habitants de New Dehli de ceux de Old Dehli.

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