LES ÉDITOS

Entretien de Bertrand Delanoë au Figaro

29 janvier 2011


LE FIGARO – Si vous étiez premier secrétaire, comment prépareriez-vous le PS pour 2012
Bertrand DELANOË – Chacun son style. Mais Martine Aubry est une bonne première secrétaire. Elle fait ce qu’il faut pour nous préparer, unis, pour 2012. Sa priorité absolue, et je l’approuve, c’est que nous soyons au travail sur ce que nous avons à proposer aux Français qui attendent des solutions fortes et concrètes à leurs problèmes. Il faut éviter la précipitation et l’approximation, pour avancer de manière approfondie.


Comment mettre vos idées au pot commun ?
Mon but, c’est de donner tout ce que je peux, je ne demande rien en échange. Face aux dérives du spectacle médiatique, sachons nous en tenir à un objectif : le service de la France.


Dominique Strauss-Kahn apparaît comme l’homme providentiel. Est-ce une bonne chose
Dominique a de grandes qualités, comme d’autres. Mais la culture de l’homme providentiel ne va pas du tout avec celle de la gauche, du PS et même de la démocratie. La nature des propositions, du comportement et des qualités réelles des responsables est le seul critère. Cela vaut pour chacun.


La machine à perdre est-elle de retour à gauche ?
Je ne le crois pas. Mais je crois aussi que la victoire est loin d’être acquise. Il nous faut être résolus, honnêtes, créatifs et surtout inspirés uniquement par l’avenir des Français. La gauche doit mériter de gagner.


Avez-vous rejoint le pacte qui lie Strauss-Kahn, Aubry et Fabius ?

Je ne fais partie d’aucun pacte. Mais je m’inscris toujours dans une démarche constructive. Quand Martine Aubry me cite parmi les gens avec qui elle travaille de manière suivie, elle a raison. C’est le cas. Évidemment, le moment venu, j’ai l’intention de prendre toute ma part dans le choix de notre candidat.


Quel sera le poids des sondages ?
Les sondages par définition sont liés à un moment. Ils ne se substituent pas à une analyse politique du sentiment des Français dans la durée. Mon critère, c’est comment gagner et comment réussir de 2012 à 2017.


Dans quelles circonstances pourriez-vous être candidat ?
Je ne me pose pas la question. Je fonctionne de manière simple et libre, y compris vis-à-vis de moi-même. Je n’économiserai rien de mes convictions et de mon énergie pour que 2012 soit réussi et surtout pour que, de 2012 à 2017, la France aille mieux. Comme beaucoup d’autres, de manière modeste mais résolue, je me sens responsable de ce que nous ferons.


Redoutez-vous un nouveau 21 avril ?
Il faut toujours retenir les leçons de l’Histoire. Il n’y aura pas de victoire en 2012 si nous ne sommes pas unis, au-delà du respect des identités spécifiques à gauche. C’est un devoir politique et moral. Encore faut-il adopter les comportements, les dispositifs qui nous permettront d’être au rendez-vous de l’Histoire.


Vous parlez souvent de crédibilité. Que ne doit pas promettre la gauche pour 2012 ?
Ce qu’elle ne fera pas… La crédibilité, c’est d’abord la nature du changement profond que nous introduirions dans la vie du pays. Mais il faut aussi dire comment nous ferons. Le contexte des déficits sera lourd. Cela ne doit conduire ni à l’immobilisme ni à la tiédeur mais à l’exigence et à la performance.


Sur quoi insister dans le projet du PS ?
La croissance pour l’emploi, l’éducation, la santé, le logement, auxquels j’ajoute la sécurité et la justice. Nous devrons identifier des priorités, pour restaurer la puissance publique qui a été mise à mal depuis 2002 et plus encore depuis 2007, avec notamment l’affaiblissement de l’école publique, ou la suppression de 10 000 postes de policiers… Nous n’aurons pas des moyens pour tout, mais il faudra avoir tous les moyens pour l’essentiel.


Comment comptez-vous faire ?

Cela passe par la réforme fiscale. La fiscalité française est particulièrement inique : les classes moyennes paient plus, en proportion, que les classes aisées. Nous devrons agir sur plusieurs points. D’abord la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. Il faut rendre l’impôt réellement progressif, avec un principe simple : à revenu égal, impôt égal. Il faudra aussi une fiscalité juste sur le patrimoine et les successions car aujourd’hui les revenus du travail sont davantage taxés que ceux du capital. Quant à la fiscalité des entreprises, elle repose aujourd’hui sur un non-sens économique. Il faudra désormais taxer moins les bénéfices qui sont réinvestis dans l’entreprise, et davantage ceux qui sont distribués aux actionnaires.

Un commentaire à “Entretien de Bertrand Delanoë au Figaro”

  1. sibylle mertillo dit :

    bonjour,
    je suis sympathisante PS, je souhaiterais venir à votre réunion du 12 février.Faut-il s’inscrire quelque part?
    merci de me renseigner sur ce que je dois faire
    cordialement
    sibylle mertillo

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