LES ÉDITOS

Lettre de Chicago (2)

29 avril 2010

Ce matin, ouverture de la session conjointe de CGLU et du Global Cities Forum. Le monde des villes se rassemble pour affronter les défis d’aujourd’hui.


Avec Rahm Emmanuel, le directeur de cabinet de Barack Obama, Michael Nutter, le maire de Philadelphie, et le PDG de Motorola, nous évoquons les enjeux de la décentralisation. Quelques questions se posent à tous. Par exemple, celle de la définition d’un service public local. Parmi tout ce qui relève de l’intérêt général, qu’est-ce qui doit être traité à l’échelon des collectivités ? Jusqu’où peuvent aller les transferts de compétences ? Quelles formes peuvent-ils prendre ? Quels sont les modes de compensation financière ? Au-delà des différences, voire des divergences, nous aboutissons en tout cas au même constat : les pouvoirs locaux sont les plus adaptés pour affronter un grand nombre de problèmes quotidiens. Les enjeux locaux et globaux se rejoignent bien souvent. L’environnement, par exemple : il s’agit du cadre de vie immédiat de chacun d’entre nous, mais aussi de l’avenir de la planète. Une illustration de plus de la nécessité d’une coopération entre les collectivités à l’échelle mondiale.


Puis, nous parlons d’un sujet qui est, lui aussi, vital pour nos dynamiques collectives : les convergences possibles entre secteurs public et privé dans la gestion de nos villes. J’évoque notre action à Paris. L’enjeu est de faire la distinction entre ce qui doit être, par nature, géré directement par la collectivité, et ce qui peut être délégué par elle. L’eau, par exemple, est plus qu’un bien commun, c’est une ressource vitale, au même titre que l’air : elle ne peut appartenir qu’à tout le monde, et c’est pourquoi nous avons remunicipalisé l’eau. En revanche, nous avons créé Vélib’, comme nous créerons Autolib’, en partenariat avec le secteur privé, ce qui permet, à la fois, de mobiliser toutes les énergies et…de faire rentrer de l’argent dans les caisses de la Ville. Nous échangeons ainsi nos expériences de maires, et nous arrivons, là encore, à une conclusion commune : le public et le privé ne sont pas deux mondes parallèles et étrangers l’un à l’autre.



A la suite de la table ronde, je m’associe avec tous les maires présents a l’initiative de Richard M Daley. Les maires s’unissent pour demander à leurs gouvernements respectifs de légiferer sur la vente et le trafic d’armes pour que cesse ce gâchis de plusieurs centaines de milliers de morts par an.


Après cette journée chargée, visite du “French Market” de Chicago. Est-ce le nombre impressionnant de francophones et de francophiles? Ce lieu de vie, de partage, de couleurs, de mouvement, a des faux airs de rue Montorgueil comme dirait mon ami Schapira.

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