LES ÉDITOS

65 ans après

27 janvier 2010

Le 27 janvier 1945, les soldats de la 60ème armée soviétique entraient dans les camps d’Auschwitz et de Birkenau, où ils trouvèrent sept mille détenus malades et infirmes. Quelques jours auparavant, soixante mille déportés, tirés de tous les camps de Haute-Silésie, avaient été évacués par les SS vers l’intérieur de l’Allemagne : ce fut cette terrible « marche de la mort », qui venait clore le génocide.


La Shoah demeure aujourd’hui l’expérience de l’absolu dans les crimes que l’humanité est capable de commettre contre elle-même. Cette tentative d’extermination de tout un peuple sur tout un continent résonne comme un appel, comme un avertissement, qui doivent rester présents dans chaque conscience avec la brûlure du souvenir et de la menace. N’oublions pas que cela fut : la mémoire, cette humble fierté, est l’ultime dignité des survivants que nous sommes tous.


Près des trois quarts des Juifs d’Europe sont morts dans l’immense assassinat nazi. Morts pourquoi ? Pour ce qu’ils étaient, à cause de leur naissance, et d’une lointaine parole humaine dont ce peuple dispersé depuis des siècles demeurait le mystérieux témoin. Un massacre aussi minutieux, aussi méticuleux, pratiqué pendant tant de mois dans un si grand nombre de pays, n’aurait pas été possible sans complicité. Celle de la haine, mais aussi de la lâcheté, de l’indifférence, de l’aveuglement.


Primo Levi, revenu de l’abîme, a lancé cet avertissement à la face de nos civilisations mortelles : « C’est arrivé, cela peut donc arriver de nouveau : tel est le noyau de ce que nous avons à dire. Cela peut se passer, et partout ».
65 ans après, nous avons le devoir de nous souvenir. Et d’exprimer notre fidélité par l’engagement au service de la vérité, de la dignité humaine et de la vie.

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