LES ÉDITOS

18 juin

17 juin 2010


« Le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Quoi qu’il arrive, la flamme de la Résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».



C’était il y a soixante-dix ans, au lendemain de l’étrange défaite et de l’armistice humiliant : depuis la fière Angleterre, s’élevait, pour la France, la voix de l’honneur.


En ce 18 juin 2010, nous pensons d’abord à cette voix, et à celui qui la porta. Nous disons notre gratitude à Charles de Gaulle. Il comprit, le premier, qu’il fallait rompre avec la France pour lui être fidèle. Il incarna alors la dignité et la liberté d’un peuple. Et c’est pourquoi sa mémoire est une part de notre identité collective. Son nom est un ciment de notre unité, qui permet de rassembler même ceux qui l’ont combattu. A Londres, il fut la France, tandis qu’à Vichy une autorité de fait dite gouvernement de l’Etat français livrait à leurs bourreaux les protégés de la France. On songe au vers de Corneille : « Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis ».


Mais nous n’oublions pas non plus la Résistance intérieure, qui ne s’est retrouvée que progressivement en de Gaulle, et qui parfois n’a pas voulu se reconnaître du tout en lui. Nous n’oublions aucun des fusillés du mont Valérien, qui étaient, pour une très grande partie d’entre eux, communistes. Tous ont leur place dans notre cœur. Ils sont tous une part de nous-mêmes. Et c’est à tous que nous devons la mémoire, qui est non seulement fidélité, mais aussi exigence, clairvoyance, et volonté.


Que ce 18 juin 2010 soit donc un hommage à la diversité de la Résistance. La France qui a su dire non, ce sont des milliers d’individus, de tous âges, de toutes origines, de toutes conditions sociales. Dans ses rangs (encore ce terme n’est-il pas le plus approprié, car pour la rejoindre il fallait être fort peu rangé), on retrouvait, selon l’illustre formule d’Aragon, « celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas ». Ces hommes et ces femmes venaient de toutes les provinces françaises, et des quatre coins de l’Empire, d’Afrique, de Polynésie, de Nouvelle Calédonie. Et aussi de l’Ile de Sein, dont les 114 hommes décidèrent de rejoindre Londres dans leurs petites barques. Et comment oublier les troupes britanniques, américaines et canadiennes ? Sans elles, rien n’aurait été possible : « la seule France» (pour reprendre les termes employés par le général de Gaulle le 25 août 1944 à l’hôtel de Ville) ne se serait jamais libérée si elle avait été la France seule


Dans ce moment de ferveur nationale partagée, Paris occupe bien sûr une place singulière. Elle est l’une des cinq villes ayant reçu le titre de Compagnon de la Libération. Du 19 au 25 août 1944, la Résistance française, en libérant sa capitale, a honoré ses martyrs : Jacques Bonsergent, exécuté au fort de Vincennes ; Missak Manouchian, capturé sur les berges de la Seine ; Pierre Brossolette, qui, pour ne pas risquer de parler sous la torture, se jeta, en mars 1944, du 4ème étage de l’immeuble de la Gestapo ; les 35 garçons, pour la plupart âgés de 18 à 22 ans, fusillés le 16 août 1944 à la cascade du Bois de Boulogne. Et tant d’autres, illustres ou anonymes, dont les plaques, au détour de nos rues, inscrivent le souvenir dans le marbre de notre gratitude. Ils sont notre liberté et notre vie.


Ce 18 juin est le jour de la reconnaissance et de la mémoire. Car la liberté est fragile, et les civilisations sont mortelles : ne l’oublions jamais.


Bertrand Delanoë

8 commentaires à “18 juin”

  1. gigi dit :

    “Car la liberté est fragile, et les civilisations sont mortelles : ne l’oublions jamais”. M’sieur le Maire, c’est peut-être le bon moment pour vous de vous poser la question à ce propos … Franchement, vous devriez avoir honte de venir nous parler de résistance … Mais vous, vous résistez à quoi ? Vous êtes un résistant ? Vous ?

    Laissons le dernier mot à Dalida, qui devaient penser à nos maudits politiques quand la chanson fût composée :
    “Encore des mots toujours des mots les mêmes mots
    Je ne sais plus comment te dire
    Rien que des mots
    Des mots faciles des mots fragiles c’était trop beau
    Mais c’est fini le temps des rêves
    Les souvenirs se fanent aussi quand on les oublient
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles et paroles
    Paroles et encore des paroles que tu sèmes au vent
    Voilà mon destin te parler, te parler comme la première fois
    Encore des mots toujours des mots les mêmes mots
    Comme j’aimerais que tu me comprennes
    Rien que des mots
    Que tu m’écoutes au moins une fois
    Des mots magiques des mots tactiques qui sonnent faux
    Oui tellement faux
    Mon seul tourment et mon unique espérance
    Rien ne t’arrêtes quand tu commences
    Si tu savais comme j’ai envie d’un peu de silence
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles et paroles
    Paroles et encore des paroles que tu sèmes au vent
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles
    Paroles et paroles et paroles et paroles
    Paroles et encore des paroles que tu sèmes au vent”

  2. peter2108 dit :

    Vous devriez vous soigner Monsieur Delanoë, votre discours va à l’encontre de vos faits et gestes…

  3. gessicarose dit :

    Quelle honte ! oser parler de résistance quand on est l’incarnation même de la dhimitude

  4. alexandre dit :

    La fraternité et le mieux vivre ensemble à Paris…

    http://lci.tf1.fr/filnews/france/voitures-brulees-a-paris-pres-de-la-goutte-d-or-5886091.html

    14h45 Voitures brûlées à Paris près de la Goutte d’OrSix voitures et un deux-roues ont été brûlés dans la nuit de vendredi à samedi dans le XVIIIe arrondissement à Paris, tout près du quartier sensible de la Goutte d’Or, et quatre autres véhicules sont été endommagés.

    Vous habitez dans le 18 ème ? ah non dans le 6 ème, j’avais oublié…

  5. Azerty dit :

    @Pierre Régnier:
    Félicitations pour cet excellent article. J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

  6. Johnny Walker dit :

    @Scotland Yard:
    Entièrement d’accord avec vous.

  7. fred dit :

    monsieur le maire n’a pas du entendre les cris chinois de Belleville, un des quartiers harmonieux du pays des bizounours.

  8. dz dit :

    Nouvelles du pays des bisounours et du vivre-ensemble

    http://www.leparisien.fr/paris-75/incidents-autour-de-charlety-apres-la-defaite-de-l-algerie-23-06-2010-975316.php

    Voitures retournées et vitrines brisées. Mercredi soir, le climat était tendu aux abords du stade Charléty dans le XIIIe arrondissement de Paris, après la défaite de l’équipe de football d’Algérie.
    Des supporteurs algériens sont à l’origine de plusieurs incidents dans le stade et aux alentours, malgré la forte présence policière. La mairie de Paris et la FIFA avaient installé un écran géant dans le stade pour la retransmission de plusieurs rencontres du Mondial.

    Une vingtaine de voitures ont été renversées ou brûlées, et des vitrines brisées près du stade. Dans la rue Cacheux, qui longe le stade, une Twingo et trois scooters avaient été incendiés. Sur le boulevard Kellermann, face à l’entrée nord du stade, une Citroën Picasso était retournée sur le toit et les vitres d’un abribus et d’un garage avaient été défoncées.

    Des sources policières ont évoqué d’autres incidents près de la Cité universitaire. Environ 200 à 250 jeunes ont déclenché ces violences, s’en prenant à un bus et aux forces de l’ordre avec des projectiles divers. Un policier sur place a qualifié ces incidents de «brefs mais graves». Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et tenté d’encercler les fauteurs de troubles. Une foule de supporters jeunes et calmes était maintenue en dehors des incidents par un cordon de police. La police avait procédé vers 22 heures à cinq interpellations.

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