LES ÉDITOS

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Solidarité des fortunés contre l’impôt

13 avril 2011



Le gouvernement vient d’annoncer une nouvelle réforme du système d’imposition en France. Remarquons d’abord qu’après la suppression des réductions d’impôts sur les crédits immobiliers, il s’agit de remiser, une à une, la plupart des autres mesures du fameux « paquet fiscal » de 2007.



Il serait donc tentant de se féliciter de ce qui pourrait apparaître comme l’aveu d’une faute. Il serait malheureusement naïf de croire que les mesures annoncées aujourd’hui signeraient en quoi que ce soit un regret ou un renoncement de la part de la droite. En quoi consiste, en effet, cette réforme fiscale, que le ministre du budget cherche à nous présenter comme politiquement équilibrée, socialement juste et budgétairement neutre ? C’est en réalité, une fois de plus, une réforme visant à alléger fortement l’impôt des Français les plus riches.



Certes, le « bouclier fiscal » est supprimé. Mais ce n’est pas réparer une injustice que la remplacer par une autre : l’impôt de solidarité sur la fortune concernera désormais 300 000 contribuables de moins, et pour tous les autres il sera considérablement allégé. Pour les patrimoines supérieurs à 16 millions d’euros, le taux de prélèvement passera de 1,80 % à 0,5 %. Cela représentera pour les contribuables visés par ces mesures un allègement sensible de leur imposition annuelle, le gain tiré de la réduction de l’ISF étant supérieur à la perte liée à la suppression du bouclier fiscal.



Certes, la réforme se veut globalement équilibrée par l’augmentation des droits de succession, mais celle-ci ne concernera que les héritages supérieurs à 4 millions d’euros (donc une infime proportion des foyers français). Et cet impôt n’intervient par définition qu’une fois dans la vie d’une famille quand les mesures annoncées aujourd’hui sur l’ISF bénéficieront chaque année à tous leurs heureux bénéficiaires.



C’est donc l’injustice de plus, et peut-être celle de trop. Alors que le capital est scandaleusement sous taxé par rapport au travail, le gouvernement fait, encore une fois, le choix de donner à ceux qui ont, tout en continuant à prendre à ceux qui n’ont pas. Je pose la question avec gravité : de qui Nicolas Sarkozy est-il le président ?



Dans la crise sociale très profonde que traverse notre pays, avec un jeune actif sur quatre au chômage, plus de 3 millions de mal logés, un hôpital public en voie d’explosion, n’y a-t-il rien de plus urgent que d’alléger l’impôt sur la fortune ? Et pour s’en tenir au champ de la fiscalité, il y aurait des réformes bien plus impérieuses- le Parti socialiste vient d’en proposer les fondements dans son projet -, pour remettre à l’endroit un système de plus en plus inefficace et injuste, et de moins en moins progressif. En ne s’intéressant qu’à l’ISF, qui concerne 500 000 foyers fiscaux (ou plutôt, désormais, 200 000…) sur 36 millions, le gouvernement montre, cette fois encore, qu’il gouverne pour la petite minorité des plus aisés, et que, pour le dire simplement, le peuple n’est pas son affaire.



De l’impôt de solidarité sur la fortune, il ne restera pas grand-chose. En revanche, la solidarité des fortunés contre l’impôt s’est installée comme une norme, comme un pouvoir, et il faudra l’abolir. C’est l’une des responsabilités majeures de la gauche, de savoir porter cette exigence, cette espérance, cet appel à un peu plus de justice.


Bertrand Delanoë

11 commentaires à “Solidarité des fortunés contre l’impôt”

  1. Alain le Garrec dit :

    Bien d’accord, mais quel formidable moment pour poser des jalons, pour dire comment nous allons changer tout cela en donnant des exemples. Je crois qu’il faut jouer au jeu de la vérité, et dire. Imaginons que l’État Sarkozy nous pique des idées car ses propositions vont faire flop, ce sera toujours cela de gagné.

  2. paul dit :

    Vous oubliez un point important et scandaleux:
    en appliquant des 2011 l’allegement de l’ISF et en supprimant le bouclier fiscal seulement en 2012…le gouvernement permet à des contribuables de recevoir cette année un chèque du tresor public tout en s’éxonérant de l’ISF!

  3. Silvio dit :

    Il est profondement injuste de taxer le travail plus que le capital.
    Il est injuste que celui qui gagne son argent en sacrifiant chaque jour son temps soit taxé davantage que celui qui a le bonnheur de récevoir les biens grace à l’héritage.

    C’est injuste même dans une optique liberale de l’economie.
    C’est le travail qui genère la vrai richesse et non le capital.

    Que faut-il encore qu’il passe avant que tous les citoyens français, de droite comme de gauche, comprennent qu’un véritable changement dans la manière de penser l’imposition est nécessaire ?

  4. haddad dit :

    Monsieur,
    sauf le respect que je vous dois, vous marchez à côté de vos talons:celui qui a 1.300.000€ paierait 3250€ alors nous sommes des nantis selon vous . Les socialistes veulent ruiner la FRANCE et le FN veut ruiner les francais avec la sortie de l’euro : on bien entourés

  5. Bernard Behel dit :

    Toujours la même démagogie facile! On a l’impression d’être revenus en 1981. Or depuis le monde a changé, pas vous. Pas d’ambition pour la France, le but ultime est de faire rnedre gorge aux supposés riches. Oui, je vais bénéficier de la mesure sur l’ISF et je ne culpabilise pas. Mon patrimoine qui n’excède pas 1.3m est le résultat d’une vie de travail et d’économies. On stigmatise pour des raisons purement electorales des français moyens. Il y a longtemps que je ne vote plus socialiste et vous devriez vous remettre en question en vous demandant pourquoi l’effondrement de l’UMP vous profite si peu. A part augmenter les impôts et les dépenses, nous ne savez rien faire de pertinent. Par votre gestion castastrophique des finances publiques, vous êtes les ennemis des pauvres et des classes moyennes car après avoir chassés les vrais riches hors de nos fontières, il ne reste que ces deux classes à tondre! Même si vous remportez les élections de 2012, ce ne sera pas un raz de marée rose et 5 ans après vous serez remerciés comme à chaque fois.

  6. jean dit :

    j’etaie en attente d’une vrai reforme, cette non supression va tout simplement me faire.. fuire
    entre demagogie d’un cote et reformette de l’autre que faire? voter vert ou FN
    je vais donc partir…
    pauvre france..

  7. Anonyme dit :

    Monsieur Delanoë,

    Si l’ISF instauré en 1981 par vos amis socialo-communistes, adeptes de la lutte des classes, avait permis de réduire la précarité, cela se saurait !!!
    Or, en France, l’ISF frappe maintenant les classes moyennes, tandis que ceux qui ont beaucoup d’argent et de revenus peuvent s’en dispenser en utilisant les niches fiscales. Ainsi, alors qu’on est un chômeur de plus de 60 ans, il suffit d’avoir acheté une résidence principale à crédit sur 30 ans, reçu un héritage moyen (150.000 euros) et perçu une indemnité de licenciement (3 ans de salaire) pour être rangé par votre groupe socialiste parmi les riches qu’il faut faire payer.
    Monsieur Delanoë, vous paraissez un homme intelligent, je vous demande donc de bien vouloir adapter votre discours et vous en remercie par avance.

  8. jean dit :

    pour rajouter un mot au commentaire de Mr Behel, si jamais la gauche passe, les marches financier auront de fait de rappeler a tous la verite!
    2000 milliards de dettes et la gauche tiens toujours le meme discours….
    mais prenez (volez) les 400 milliards que detiennes ces “riches”, il y aura plus question d’isf comme ca, et avec 100 milliards de deficit en plus chaque annee, dans 4 ans vous serez au meme point!! avec plus un seul “riche” pour creer de la valeur ajoute…
    malgre tout je l’appelle de mes voeux cette mise a plat par le marche, les “riches” trinqueron, tout le monde trinquera! mais au moins, il y a aura une vrai justice
    pas seulement prendre a certain pour assurer la non productivite d’autres….

  9. Syl20 dit :

    Arrêtons l’hypocrisie quelle tristesse que ce soit sur ce blog que l’on fasse une telle tribune !
    L’ISF est unanimement considéré par les politiques européens de droite comme de gauche (sauf hélas en France) comme un impôt inefficace, peu équitable et au rendement dérisoire. Partout en Europe il a été supprimé ! Souvent d’ailleurs c’est la gauche qui l’a supprimé.
    Personnellement j’espérais que si la gauche revenait au pouvoir c’est elle qui le supprimerai pour montrer qu’elle sait enfin faire preuve de pragmatisme et de bon sens économique au détriment d’une idéologie populiste d’un autre temps.
    L’impôt doit être juste, lisible & donc lié aux revenus. L’impôt sur les successions s’occupe déjà des actifs dormants.
    Aujourd’hui je suis persuadé que ce sont les classes moyennes qui paient l’ISF, celles qui ne peuvent pas quitter la France car elles y travaillent encore, celles qui ne s’entourent pas de nuées de fiscalistes capables de trouver les failles dans notre monstre fiscale. Après on a le culot de se plaindre que les français n’investissent pas assez dans leur pays.. !! On marche sur la tête !!

  10. jerem dit :

    toujours la même démagogie et les mêmes mensonges de la part de Mr Delanoe. Lamentable.
    C’est en chassant les riches qu’on enrichit la France? Heureusement qu’il y a de moins en moins de monde pour écouter vos délires.

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