LES ÉDITOS

Sauver l’hôpital public

12 janvier 2010

Ce lundi matin, visite à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. C’est l’occasion de dire, aux médecins et à tous les personnels de l’Assistance publique hôpitaux de Paris, mon admiration, ma gratitude et ma solidarité. Ils sont dépositaires de la santé, c’est-à-dire, à bien des égards, de la vie de chacun. Ils sont sollicités sans mesure et la crise sanitaire liée à la « grippe A » vient encore d’en apporter le témoignage. Ils assurent, chaque jour, le fonctionnement du service public par excellence, celui qui garantit, à tous, une offre de soin égalitaire, sans hiérarchie d’aucune sorte.


Et voici que ce bien commun inestimable qu’est l’hôpital public est, à son tour, menacé. Une vaste entreprise de démantèlement est en cours. Dans une logique comptable à courte vue- celle que dénonçait la Cour des comptes dans son dernier rapport- le Gouvernement a décidé de supprimer des postes, par milliers, chaque année, dans les services hospitaliers de notre pays. Pour s’en tenir à l’APHP, l’objectif affiché avec un certain cynisme, est d’économiser 100 M€ par an. Et pour l’atteindre, on supprime, froidement, 1000 postes en 2010, et à nouveau en 2011, et encore en 2012. Pourquoi se gêner, puisqu’il s’agit d’être rentable ? Et c’est ainsi que l’on met en danger l’hôpital et que l’on empêche sa véritable modernisation.


Ce faisant, et ce n’est qu’une des conséquences de la démarche brutale ainsi amorcée, ce sont des centres d’IVG dont l’existence est menacée. Autrement dit, un droit, une liberté.


Le temps est venu de rappeler, avec gravité, ce qu’est un service public : une offre équitable, soucieuse de son utilité et de son efficacité, pour tous, sans discrimination. Un service cesse d’être vraiment public dès lors que l’on entend lui appliquer mécaniquement les méthodes, les règles et le vocabulaire de l’entreprise. Ce qui est en jeu, c’est la survie de ce principe. A ceux qui mènent ce combat, à tout le personnel et notamment aux 900 médecins de l’APHP qui se battent avec courage, je veux dire ici que je suis à leurs côtés.



Bertrand Delanoë

Un commentaire à “Sauver l’hôpital public”

  1. Gérard Ramon dit :

    Pourriez vous me préciser votre position à propos de la fermeture éventuelle de la Maternité de Saint Antoine.
    Merci d’avance.
    Un ami G. Ramon

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