LES ÉDITOS

Le logement : urgence.

2 février 2010


Le chiffre est révélateur d’une véritable dérive de notre société : la Fondation Abbé-Pierre évalue à 600.000 le nombre d’enfants mal logés en France.
Face à cette terrible urgence, la seule réponse est celle d’un effort sans précédent pour développer l’offre de logement social. Et pourtant… c’est le moment que choisit le Secrétaire d’Etat en charge de ce dossier pour relancer l’idée de vendre 10% de notre parc social sur dix ans, soit environ 40 000 logements cédés chaque année à leurs occupants. Au lieu de produire du logement social, on entretient ainsi le mythe d’une accession universelle à la propriété. Et on aggrave ainsi le désengagement de l’Etat sur une de ses missions essentielles.



Celui-ci devrait au contraire commencer par assumer enfin la première de ses responsabilités : faire exécuter la loi. Précisément. La loi dite SRU fixe aux grandes villes l’objectif de 20% de logements sociaux d’ici 2020. A Paris, nous avons fait le choix de l’atteindre dès 2014, avec six ans d’avance, et ce malgré l’obstruction systématique des maires d’arrondissement UMP. 40 000 logements sociaux seront financés au cours de cette mandature, après les 30 000 de la mandature précédente. Caractéristique de ces programmes immobiliers : leur diversité. Car, à l’image de la société parisienne, il faut prendre en compte toutes les situations et proposer des réponses ciblées aux familles, aux plus modestes comme aux classes moyennes, aux étudiants et aux jeunes salariés.



L’Etat a parfaitement les moyens de faire vivre aussi cette mixité. Le veut-il vraiment ? La vente programmée d’une partie importante de notre parc social constitue, d’évidence, le signal le plus négatif. Pourquoi, à l’inverse, ne pas consacrer une part significative du « grand emprunt » à la réalisation de logements sociaux ? Sur le sujet, la commission Rocard / Juppé, proposait également que 2 milliards soient destinés à améliorer l’isolation thermique de ces logements.
Comment expliquer que cette suggestion de bon sens n’ait pas été reprise ? L’importance de l’enjeu m’a conduit à interpeller le premier ministre dans un courrier en date du 6 janvier. J’attends toujours sa réponse.

Un commentaire à “Le logement : urgence.”

  1. philippe dit :

    Monsieur Delanoé, Arrêtez de rejeter systématiquement la faute sur autrui! Et AGISSEZ au lieu de rentrer systématiquement dans le débat “anti droite”!
    Vous ne menez aucune action pour le social! Vous êtes un maire absent!

Publiez un commentaire

CréditsConditions d'utilisationsLiens