LES ÉDITOS

Dans la rue !

6 septembre 2010



Des milliers de femmes et d’hommes dans la rue.
Samedi 4 septembre, un impressionnant cortège pour dire non à cette démagogie sécuritaire dont la maîtrise même semble avoir totalement échappé à ses auteurs. Et en écho à cette colère, des rassemblements jusque devant l’ambassade de France des grandes villes européennes. Symbole d’un peuple qui conteste au gouvernement le droit de salir l’image de ses valeurs aux yeux du monde.
Mardi, un autre rendez-vous. Dans la rue encore, pour marcher au rythme du refus, de l’exigence et de l’espoir. En cause, cette réforme ratée de nos retraites. Les Français ont de la mémoire : les textes précédents (Balladur puis Fillon, déjà…) avaient conduit à une baisse du niveau moyen des pensions de 15 à 20%. Et comme aujourd’hui, ce sont les plus modestes, ceux qui gagnent autour du SMIC tout au long de leur carrière, qui furent le plus douloureusement atteints. Telle est bien la caractéristique du projet actuel : il pèse scandaleusement sur les plus fragiles, ces Français qui sont entrés très jeunes sur le marché du travail, assumant en général des tâches dures, épuisantes, qui vous laissent sur le carreau bien avant l’âge légal que prétend imposer ce pouvoir.


Le ministre en charge de ce dossier s’était pourtant engagé à prendre en considération l’enjeu décisif de la « pénibilité » : sa réponse est marginale. Tout comme celle qui prétend s’attaquer au défi de l’emploi des seniors. Car dans un pays où le taux d’activité des plus de 50 ans se limite à 38,3%, l’allongement de la durée de cotisation se traduit, pour l’écrasante majorité de ces personnes, par une baisse du niveau de leur retraite. Là encore, le gouvernement reste sans idée et sans voix, campant néanmoins sur ses positions, avec une morgue confondante, y compris à l’égard des organisations syndicales.


Alors oui, mardi, il faudra (re)ssortir dans la rue.
Se souvenir qu’il y a « défi » dans « défilé », et veiller à ce que ce pouvoir l’entende.
Veiller à ce que les 3 et 7 septembre laissent la trace d’une société mobilisée contre l’injustice, l’intransigeance et l’incompétence. Car même si, à trois jours d’intervalle, les deux mots d’ordre diffèrent, c’est le même attachement à une certaine idée de notre vie collective qui inspire aujourd’hui la rue.


Bertrand Delanoë

3 commentaires à “Dans la rue !”

  1. jérome dit :

    Quel peuple ? le peuple d’extrême gauche et du secteur public…

    En tout cas merci pour l’augmentation des impôts de 8 % . Les rues sont de plus en plus dégueulasses malgré les dires de vos adjoints qui ne vont jamais sur le terrain, certains quartiers sont de plus en plus craignos (tout le monde n’habite pas le 6ème) et les entreprises quittent massivement Paris pour s’installer en banlieue

  2. Grégoire dit :

    Merci Bertrand pour cette analyse lucide.
    La justice, la morale, et même l’efficacité demandent la mise en place d’une réforme plus équilibrée, faisant contribuer autrement les acteurs économiques.
    Cette réforme là ne convient pas aux enjeux.

  3. tueursnet dit :

    “Sans liberté de louer, il n’y a pas de blâme majeur”-

    Que réclame le peuple de France de son Roi de pic ?
    Non qu’il rallonge la durée du travail ou qu’il écourte la durée de vie mais qu’il nous redonne la dure envie de durer …

    Que réclame le peuple de France de son Roi de trèfles ?
    3 ou 4 feuilles blanches pour qu’il puisse y inscrire son rêve sans se soustraire à celui des autres.

    Que réclame le peuple de France de son Roi de carreau ?
    De retrouver sa liberté au carré : celle de planer pour les planeurs et de flâner pour les flâneurs…

    Que réclame le peuple de France de son Roi de cœur ?
    Ni la réforme des retraites, ni le retrait des réformes, mais une vraie mélodie pour ne pas sombrer dans la mélancolie.

    En un mot, mon Roi : de quoi souffre ton peuple ?
    De l’ignorance…De l’insensibilité…De l’indifférence de ceux qui sont censés le représenter.

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20du%207%20sept

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