LES ÉDITOS

Disparition de Philippe Séguin

7 janvier 2010

J’apprends avec une très grande tristesse le décès brutal de Philippe Séguin.

Avec lui disparaît un grand serviteur de l’Etat, un acteur politique d’une remarquable densité intellectuelle, et un homme qui n’a jamais transigé sur ses convictions.

De Philippe Séguin, avec lequel je partageais des racines tunisiennes, je retiens le sens de l’intérêt général, une conception exigeante de la République, ainsi que le rôle modernisateur du président de l’Assemblée nationale qui a su renouveler notre vie parlementaire.

Philippe Séguin a toujours été soucieux de la qualité du débat public. Il l’a prouvé notamment pendant la campagne de 1992 sur le traité de Maastricht : chacun se souvient de son face à face mémorable avec François Mitterrand.

J’ai eu moi-même l’occasion d’éprouver la droiture de cet acteur politique pendant la campagne municipale parisienne de mars 2001, puis au Conseil de Paris où il a présidé le principal groupe d’opposition. J’en conserve le souvenir d’un adversaire toujours attaché à la dignité et à la loyauté de l’échange démocratique.

Au nom de Paris et en mon nom personnel, je veux dire à sa famille et à ses proches ma sympathie, ma solidarité et mon respect.

3 commentaires à “Disparition de Philippe Séguin”

  1. Eric Bacher dit :

    Tout le contraire de vos convictions politiques, cher M. Delanoë. Philippe Séguin a combattu l’atlantisme, l’européisme, le cosmopolitisme, le communautarisme, le multiculturalisme. Il fut un grand patriote qui avait la France et la République chevillées au corps. Il rejetait les petits combats médiocres, les soutiens absurdes à un dalaï lama…

  2. Pascal dit :

    @Babeil : Que le combat politique soit coriace comme il l’a été en 2001 n’exclut pas qu’on puisse rendre hommage à un adversaire dont la dimension n’est pas contestable et dépasse de très loin cet épisode malheureux.

    @Eric Bacher : Je ne crois pas avoir entendu Philippe Séguin s’exprimer sur le Dalaï Lama. En revanche si Delanoë et Séguin avaient des personnalités politiques différentes, ils avaient également des points communs, dont leur enfance tunisienne…

  3. Eric Bacher dit :

    Je ne vois pas en quoi une enfance en Tunisie, où n’importe où, peut “unir” deux personnes aussi différentes… Philippe Séguin ne s’est peut-être pas exprimé sur le dalaï lama, mais jamais il n’aurait soutenu le prétendant à une théocratie d’un autre siècle.

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