“La marche du 12 février : un vrai mouvement de fond”


Alger, le 9 février 2011.


Trois jours avant la marche prévue pour le 12 février, interdite par le pouvoir et maintenue par la coordination nationale pour le changement et la démocratie regroupant des partis de l’opposition, des syndicats autonomes, des associations de journaliste et de jeunes..), le siège du RCD, situé au centre ville d’Alger, est déjà surveillé par deux véhicules 4×4 de la police et deux autres de la gendarmerie qui, s’agissant de ce dernier corps dépendant de la défense nationale, n’a normalement pas vocation à intervenir dans les centres urbains.


Par ailleurs deux bateaux, ont discrètement accosté en fin de semaine sur un quai excentré, proche de l’amirauté à Alger et ont été déchargés dans la nuit du 6 au 7 février. Les dizaines de containers importés d’urgence sont bourrés de milliers de bombes lacrymogènes et de matériel sophistiqué pour les luttes anti-émeutes.


De quoi enfumer toute l’Algérie. Après les leçons du général Massu, appliquées le 22 janvier passé contre la manifestation de notre parti, quand le pouvoir à déployé, selon des sources policières, 19 000 policiers en renfort, nous voici soumis à la pédagogie du général Bugeaud qui avait enfumé, lors de la colonisation, des tribus entières.


Le rappel de toutes les troupes anti-émeutes sur Alger pose pourtant un vrai problème au pouvoir car des manifestations secouent actuellement le pays de l’est à l’ouest et du nord qu sud. Pour l’instant, le pouvoir semble vouloir préserver la capitale quitte à se redéployer ensuite sur l’intérieur. En tout état de cause, seule la répression est envisagée comme réponse à une fronde générale et, probablement plus sourde et plus ancienne que celle vécue en Tunisie ou en Egypte.


La marche du 12 février s’annonce comme un vrai mouvement de fond. Plus de cent associations du centre ont appelé à se joindre aux marcheurs et 245 avocats viennent de lancer un appel dans le même sens; des anciens maquisards leur ont aussitôt emboité le pas. Comment réagira le pouvoir ? A s’en tenir à l’exposition de ses engins devant le siège du RCD à Alger, il s’essaie encore à l’intimidation. Comme toujours les despotes se braquent avant de louvoyer puis…céder.


Tahar Besbes, Député d’Alger et Représentant du RCD à la CNCD (Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie)

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