Visite du Président de la République d’Arménie, Serge Sarkissian

Intervention de Bertrand Delanoë à l’occasion de la visite officielle du Président de la République d’Arménie, Serge Sarkissian



Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre, Cher ami,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,


Je suis très heureux de vous accueillir ce matin, à l’occasion du 20ème anniversaire de l’indépendance de l’Arménie. Heureux de vous recevoir, vous, le Président d’un pays si cher à notre cœur, à notre mémoire, à notre conscience collective. Et heureux aussi d’être avec vous une nouvelle fois, Parisiennes et Parisiens d’origine arménienne, pour un moment privilégié de fidélité et de fraternité.


L’Arménie et Paris, c’est une longue, une vieille, une grande histoire. C’est aussi une géographie, marquée par quelques adresses, quelques repères, auxquels se sont ajoutés depuis dix ans de nouveaux lieux, de nouveaux noms. Ainsi, j’ai inauguré, sur le Cours la Reine, le jardin d’Erevan, où se dresse, depuis 2003, une statue de Komitas, l’un des inspirateurs de votre identité, et de votre sentiment national. Près du square Montholon, au cœur de ce 9ème arrondissement qui est, historiquement, notre petite Arménie parisienne, se niche désormais la place Chavarche Missakian, du nom du fondateur du journal Haratch. Imprimé pendant des décennies dans le 9ème, Haratch était disponible dans tous les kiosques du quartier. Quand son dernier numéro est sorti, en 2009, nous savions qu’une part de notre mémoire s’envolait…


Mais cette mémoire, nous l’entretenons toujours. Car entre nous, il y a aussi une dette, née dans les combats pour l’essentiel- pour l’honneur, pour la liberté. Dans les jours brûlants de l’été 1944, les Parisiens d’origine arménienne ont eu un rôle déterminant dans la libération de notre ville, de leur ville. Ils ont écrit l’une des pages les plus glorieuses de la lutte contre la barbarie nazie. Aujourd’hui je veux leur rendre l’hommage de notre gratitude et de notre fierté. A eux tous, et à celui qui les a conduits, Missak Manouchian, dont une rue du 20ème arrondissement porte le nom.


La fidélité, l’amitié, la culture s’écrivent aussi au présent et au futur. Mes chers amis, au-delà des symboles, de nouveaux liens ne cessent de se tisser entre nous. Ainsi, je serai le mois prochain à Erevan, pour présider l’assemblée générale de l’Association internationale des maires francophones. En effet, j’ai tenu à ce que cette grande famille se retrouve en Arménie. Ce sera aussi l’occasion de signer un nouvel accord d’amitié et de coopération entre nos capitales, et de redonner de la force à une rencontre pleine de valeur et de sens- dont vous êtes tous, les témoins et les passeurs.


Ici, c’est le rendez-vous de l’affection. Je m’incline avec respect devant votre peuple. Je salue ses réalisations, son énergie, sa foi en l’avenir. Mais je sais aussi les souffrances inouïes qui lui ont été infligées. Sans faiblesse, sans silence, contre toutes les falsifications de l’Histoire, il faut le redire : le peuple arménien a subi un génocide. Le reconnaître, certes, mais aussi qu’il devienne impossible, interdit, de le nier. Et c’est au nom du souvenir, qui est l’ultime recours des survivants, que, depuis 2001, chaque année, la ville de Paris commémore le génocide de 1915. Car sans la conscience de ce qui fut, il est impossible d’écrire la suite. Et la suite est riche de promesses.


Au confluent de la gravité et de la joie, cette rencontre est pour moi l’occasion de vous redire les liens indéfectibles qui nous unissent. Monsieur le Président, chers amis, je vous souhaite chaleureusement la bienvenue à l’Hôtel de Ville de Paris, chez vous.


Bertrand Delanoë




© Jean-Baptiste Gurliat/Mairie de Paris



© Jean-Baptiste Gurliat/Mairie de Paris

Un commentaire à “Visite du Président de la République d’Arménie, Serge Sarkissian”

  1. jacques dit :

    Que les pieds-noirs et sympathisants sachent qu’ils ne sont pas oubliés dans cette France gangrenée, la preuve.

    DELANOE inaugure demain à 11h15 une plaque aux « victimes de l’OAS » au cimetière du Père Lachaise.

    Cette plaque serait respectable si un même hommage avait été fait en faveur des victimes plus de 200 fois supérieures et dans des conditions inhumaines non chiffrables de ses amis du FLN.

    Ils seront accompagnés de tous les néo porteurs de valises, certainement de représentants des autorités, et même de représentants du gouvernement terroriste algérien (pas de printemps arabe).
    Bien entendu aux doubles commandes Gavoury.

    Comme il y a toujours moyen de rire même au vu des actes les plus tristes : ils ont tellement peur de l’OAS que le cimetière sera interdit toute la journée !

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