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Visite de la Tour Bois-le-Prêtre après sa rénovation

21 novembre 2011

Une tour HLM vétuste rénovée au lieu d’être démolie, une première en France (Paris le 21 novembre 2011, AFP), par Philomène Bouillon.


Une tour HLM vétuste promise à la démolition vient d’être réhabilitée de façon exemplaire à Paris, en y maintenant ses habitants, avec de nouveaux logements plus spacieux et baignés de lumière, ce qui est présenté par les architectes comme une première mondiale.


Trônant au 5 boulevard du bois le Prêtre dans un quartier populaire du XVIIe, entre le boulevard périphérique et le cimetière des Batignolles, l’immeuble blanc de 50 m de haut ceint de grands balcons transparents, semble avoir été construit hier.


Il revient pourtant de “loin” puisqu’il date de 1962, époque où l’on construisait à tour de bras les grands ensembles qui ont aujourd’hui très mal vieilli.


“Avant les habitants l’appelaient l’immeuble Alcatraz!”, relate Hélène Schwoerer, directrice adjointe de Paris Habitat, l’office HLM de la ville.


La mairie et Paris Habitat ont réussi le pari inédit de réhabiliter cette tour en agrandissant les appartements, en les agrémentant de “jardins d’hiver”, pour un coût bien moins élevé que s’il avait fallu démolir pour reconstruire.


“L’opération a coûté 11,2 millions d’euros (hors taxe) alors que si on avait dû démolir-reconstruire cela aurait coûté 20 millions d’euros, soit quasi le double”, affirme Mme Schwoerer. “Nous avons créé 4 logements de plus et refait les 3 ascenseurs pour que les logements soient accessibles de plain-pied aux handicapés”.


La tour “reliftée” compte désormais 100 logements, aux tailles plus variées (du T2 au T7) et les habitants ont été associés aux plans. Présents dans l’immeuble lors des travaux, ils ont chacun à leur tour occupé des appartements relais pendant que les leurs étaient rénovés.


L’amélioration des conditions de vie a aussi eu un impact sur les relations humaines: “les gens étaient chacun chez soi, maintenant ils se reparlent un peu”, constate la gardienne devant la loge toute neuve.


“On habitait au 14e étage. On est passé d’un 2 pièces à un 4 pièces au 16e étage. C’était très cloisonné avant, on avait juste une petite fenêtre qui donnait sur le périphérique, c’était pas agréable du tout”, dit Monante Henry, une mère de famille comblée dans son vaste appartement baigné de lumière.


Son loyer va toutefois augmenter, “mais on est passé à un logement plus grand aussi”, relativise-t-elle. Pour l’immeuble, la hausse des loyers se fera en 7 ans, pour atteindre le “taux plafond de 3,16 euros du m2″, assure l’office HLM.


Celle-ci sera aussi compensée par une réduction de 50% des consommations énergétiques grâce à ces jardins d’hiver qui font entrer la lumière et la chaleur.


Mais le succès de l’opération ne consiste pas seulement à faire du beau dans du “moche”, il est de facto écolo: “La première question relative à l’écologie c’est de garder ce qui existe et le faire durer beaucoup plus longtemps”, explique Jean-Philippe Vassal, un des trois architectes du projet.


“Aujourd’hui c’est consternant de voir qu’on démolit des milliers et des milliers de m2 de plancher alors qu’ils pourraient être métamorphosés. Ici c’est du recyclage”, rappelle-t-il.


Selon l’architecte, “c’est une première mondiale à l’échelle de cette hauteur. On a eu des contacts avec des gens intéressés du monde entier, de Russie, de Copenhague, de Toronto”.


En visitant l’immeuble lundi, le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a rappelé “aimer que les logement sociaux que nous créons ou rénovons soient tels que nous-mêmes ayons envie d’y vivre”.



© Jean-Baptiste Gurliat/Mairie de Paris



© Jean-Baptiste Gurliat/Mairie de Paris



© Jean-Baptiste Gurliat/Mairie de Paris

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