ACTUS

“Le désengagement massif de l’Etat pour le SAMU social”

14 juillet 2011

Dans sa tribune sur “L’accueil d’urgence en péril” (Le Monde du 13 juillet), Julia Peker en appelle à la Ville de Paris afin de venir compenser les effets désastreux des réductions de crédits décidées par l’Etat en matière d’hébergement d’urgence et qui obligeront le SAMU social à fermer environ 5 000 places d’accueil en hôtel au cours des prochains mois.

Mme Peker m’interpelle directement sur la fermeture par le SAMU social du centre d’hébergement d’urgence Yves-Garel – que le SAMU social a dû fermer pour raisons de sécurité. Elle me demande de “trouver un bâtiment pour accueillir ne serait-ce que quarante femmes”.

Qu’elle soit rassurée : son voeu a été anticipé et même dépassé : toutes les places supprimées ont été compensées, grâce à la Ville de Paris, en lien avec le SAMU social et l’association Aurore : un centre de 58 places pour les femmes sera géré par le Centre d’action sociale protestant dans un immeuble mis à disposition par la Ville (52, rue Servan – 11e) dès septembre.

Le public qui était à Yves-Garel sera hébergé pendant l’été dans plusieurs centres grâce à la mobilisation du SAMU social. Un centre d’hébergement de 65 places pour les hommes géré par Aurore, dans un autre immeuble municipal (rue Oscar-Roty – 15e), est ouvert depuis le 1er juillet.

Reste le problème de fond, le désengagement massif de l’Etat dans un champ d’intervention qui relève de par la loi directement et principalement de sa responsabilité. Alors qu’il manque, en Ile-de-France, 13 000 places d’hébergement et de logement d’insertion, les réductions des crédits de l’Etat affectés au SAMU social auront des conséquences humaines tragiques : si l’Etat ne revient pas sur ces dispositions, 15 000 personnes se retrouveront à la rue dès le mois d’août.

Nous agissons, avec nos moyens, comme le Val-de-Marne ou la Seine-Saint-Denis. Nous nous sommes engagés sur la mandature à financer 2 000 nouvelles places d’hébergement ou logements destinés aux sans-abri. Mais nous ne pouvons assumer toutes les responsabilités de l’Etat. Aussi, à nouveau, nous demandons avec solennité un moratoire sur les fermetures des places d’hébergement et le rétablissement des crédits du SAMU social.

Pour mener ce combat, Julia Peker et tous ceux qui, comme elle, luttent contre toutes les formes de discrimination sociale, nous trouveront toujours à leurs côtés.


Tribune de Bertrand Delanoë publiée sur lemonde.fr

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