ACTUS

Intervention de Bertrand Delanoë sur les tarifs de restauration scolaire

12 mai 2010


Conseil de Paris, séance du 11 mai 2010



Mes chers collègues,


Le projet de réforme des tarifs de restauration scolaire, qui est soumis ce matin à notre assemblée, ne relève pas de l’aménagement technique ni de la délibération de circonstance. C’est un sujet qui touche à notre conception même du rôle de la puissance publique.


En tenant aujourd’hui cet engagement pris en mars 2008 devant les Parisiens, nous obéissons à trois impératifs : équité, solidarité, et qualité.


Equité, d’abord, puisque le but est d’abolir les disparités entre les arrondissements. Les enfants de Paris habitent en effet tous la même ville. Il n’y a pas de raison qu’ils soient traités différemment selon qu’ils résident au nord-est, au sud-ouest ou au centre de notre capitale. En abolissant un système profondément inégalitaire, nous faisons progresser la justice sociale. Car aujourd’hui, par exemple, pour un foyer qui gagne moins de 700 euros par mois, le prix du repas varie de 1 à 10 selon les arrondissements. Une famille qui dispose de 660 euros de revenus mensuels paie ainsi 63 euros par an dans le 14ème et 105 dans le 17ème. Notre premier objectif est donc simple : proposer les mêmes tarifs dans les vingt arrondissements de Paris, en fonction d’une grille unique de quotients familiaux.


Deuxième principe : la solidarité. Il est normal- c’est du moins la conception de la majorité municipale- que les familles modestes, et les classes moyennes, ne soient pas conduites à renoncer à inscrire leurs enfants à la cantine en raison du prix. C’est tout de même la moindre des choses, et c’est notre devoir d’y veiller. Chacun doit recevoir selon ses besoins et donner selon ses moyens, tel est l’esprit de cette réforme. Donc, les choses sont claires : ceux qui ont peu donneront moins, et ceux qui ont plus donneront plus. Quant à ces derniers, je précise que leur contribution restera raisonnable, puisqu’une famille avec deux enfants disposant de 7 500 euros par mois paiera désormais 5 euros par repas : chacun conviendra que cela ne relève pas de la spoliation. Et au total, 65% des foyers parisiens verront leurs tarifs de restauration scolaire baisser. Cela concerne non seulement les tranches les plus basses de notre grille, mais aussi les tranches intermédiaires, qui correspondent aux classes moyennes particulièrement lésées par les dispositions actuelles.


Et enfin, le troisième axe de notre réforme, c’est la qualité. Nous voulons non seulement que tous les enfants de Paris puissent avoir accès à la cantine de leur école, mais aussi qu’on leur serve de bons repas. C’est une priorité sur laquelle nous ne cèderons pas, parce que c’est à beaucoup d’égards un enjeu de santé publique. Ce que les écoliers parisiens mangent doit être équilibré, développer leur goût, et respecter les exigences du développement durable. La Ville a soumis une convention en ce sens, assortie d’objectifs précis, aux caisses des écoles, à qui je redis, ce matin, que leur autonomie sera respectée et garantie.


Mes chers collègues, ce qui vous est proposé aujourd’hui, c’est donc une réforme importante, et je remercie Colombe Brossel de l’avoir conduite, comme toujours, avec finesse et ouverture d’esprit. Nous parlons d’une grille tarifaire, bien sûr, mais d’un peu plus que cela : d’une façon d’affirmer l’unité de Paris, la solidarité entre ses habitants, et la place des enfants dans leur ville.

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