ACTUS

Arrêtés pour interdire la mendicité dans les 1er, 8e et 9e arrondissements de Paris

5 décembre 2011

Communiqué de presse de Bertrand Delanoë


Le Préfet de Police vient de prendre trois nouveaux arrêtés pour interdire la mendicité dans une partie des 1er, 8e et 9e arrondissements de Paris. Il s’agit, de l’aveu même des autorités, de s’attaquer aux populations d’origine roumaine qui pratiquent la mendicité sur ces territoires.


Si à Paris, contrairement aux autres communes de France, cette compétence revient à l’Etat et non au maire, je m’étonne de la méthode utilisée. J’avais déjà exprimé mon opposition au moment de l’arrêté interdisant la mendicité sur les Champs Elysées en septembre dernier. Ces nouvelles décisions sont d’autant plus unilatérales que, dans le 9e arrondissement, le maire consulté a exprimé sa ferme désapprobation. Les problèmes liés à la mendicité agressive sont évidemment réels, mais l’efficacité des
arrêtés est très largement contestable : vouloir combattre la pauvreté par l’amende et la répression est choquant au moment même où l’Etat ne remplit ses obligations ni en termes de mise à l’abri des mineurs isolés, ni en matière d’hébergement d’urgence.


Par ailleurs, ces arrêtés manifestent une priorisation contestable de l’action des forces de police : tandis que les cambriolages croissent fortement cette année dans la capitale et que plusieurs quartiers populaires subissent les désagréments de trafics ou de ventes sauvages à la sauvette, faire de la lutte contre la mendicité dans les 1er, 8e et 9e arrondissements une urgence me semble injuste et inadapté.


Cette opération de communication visant à stigmatiser une catégorie de la population, étrangère et démunie, ne doit pas masquer l’essentiel : alors que l’Etat abdique une partie de son rôle dans le traitement social de la pauvreté, l’interdiction de la mendicité apparaît comme un aveu d’échec.

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