Dans une capitale du XXIème siècle, on ne peut pas s’accommoder du fait que des hommes, des femmes et des enfants puissent se sentir abandonnés, brisés par la vie.
Paris, comme toute métropole, attire les plus fragiles. Il est de notre devoir de n’abandonner personne à la solitude, à la maladie, au handicap, ou tout simplement à la détresse
Il faut, sur ce sujet plus encore que sur les autres, innover, et même si c’est essentiellement une compétence de l’Etat, il nous revient de proposer en ce domaine des axes véritablement neufs.
Partons d’abord des acquis. La politique que nous avons menée ces dernières années a permis de soutenir les familles pauvres sur le plan financier et de bâtir des perspectives d’insertion durables pour les plus exclus : ainsi, depuis 2001, le budget consacré à la solidarité a augmenté de 70%. Les aides sociales ont été repensées dans le sens d’une plus grande justice sociale (mises sous condition de ressources), d’une meilleure adaptation aux besoins des familles (avec par exemple dès 2002 la création d’une allocation logement pour les familles monoparentales), et d’une plus grande efficacité contre le risque de spirale de la pauvreté (par exemple, le Fonds de Solidarité Logement a été étendu à l’aide au maintien de l’énergie, pour éviter les coupures d’électricité ou d’eau).
Les aides au logement sont désormais accessibles aux familles dès le 2ème enfant et non plus le 3ème. En outre, les étrangers non communautaires en situation régulière ont droit aux aides sociales alors qu’ils en étaient privés auparavant.
L’amélioration de ces dispositifs sera poursuivie avec la volonté d’intensifier le soutien aux personnes à bas revenus qui ne bénéficient pas de ces aides au logement (personne seules ou couples avec moins de deux enfants, par exemple).
Notre volonté est de maintenir à Paris la diversité de sa population. Nous souhaitons aider les personnes en situation de précarité à accéder à leurs droits par des permanences juridiques gratuites, à trouver du travail avec une politique de l’emploi dynamique, à apprendre le français lorsque ce n’est pas le cas, et à se former pour pouvoir ainsi mieux accompagner leurs enfants dans leurs études et à accéder à l’offre culturelle très riche de Paris.
Aujourd’hui, tant et tant de personnes en sont réduites à dormir dans la rue. Même si ce n’est pas une compétence municipale, nous soutiendrons – en synergie avec le monde associatif, l’Etat et la Région - les actions qui permettent de convaincre ces personnes de se soigner et d’accepter de rejoindre les centres d’hébergement.
Pour cela, il faudra que les centres qui ne l’ont pas encore été, soient réhabilités afin de créer au moins 1 500 places supplémentaires pour des personnes sans domicile : centres d’hébergement, pensions de familles, résidences sociales adaptées à la diversité croissante des personnes à la rue. Cette préoccupation va évidemment de pair avec un engagement fort de l’Etat et des communes d’Ile-de-France, pour un respect réel de la loi de 2007 sur le nombre de places d’hébergement d’urgence par habitant, appliquée à Paris mais largement ignorée ailleurs.
Au-delà de l’hébergement, nous proposons également une amélioration de l’aide alimentaire en direction des sans logis, en misant en particulier sur la qualité des menus et en privilégiant les repas assis.
Face à l’enjeu de l’insertion professionnelle, nous proposons un objectif clair : doubler, durant la prochaine mandature, le nombre de retours à l’emploi des allocataires du RMI, grâce aux programmes de la collectivité parisienne. L’insertion professionnelle des autres demandeurs d’emploi peut également être dynamisée avec un nouveau Plan Local d’Insertion et d’Emploi pour les arrondissements de l’Est. Le secteur de l’économie solidaire, qui a déjà permis l’année dernière à plus de 6000 chômeurs très en difficulté de reprendre un emploi sera encore développé et aidé à trouver des locaux d’activité à Paris. Nous entendons donc travailler avec tous les acteurs concernés : les associations, le service public de l’emploi, mais aussi les organismes privés qui reçoivent mission de placer des demandeurs d’emploi.
De même, nous proposons d’agir toujours plus en amont vis-à-vis des jeunes en difficulté, pour les aider à se construire un avenir professionnel. Des programmes de lutte contre l’échec scolaire et de détection de l’illettrisme seront développés, parallèlement à l’Ecole de la 2ème chance déjà créée. Nous souhaitons d’ailleurs en ouvrir une seconde.
Nous veillerons aussi à renforcer le dispositif d’intégration des « primo arrivants », face à la venue régulière de personnes originaires de l’Europe et du monde entier. La priorité sera donnée à l’apprentissage du français, en veillant à ce qu’un diplôme reconnaisse le niveau acquis. En partenariat avec les associations qui suivent les personnes étrangères, des programmes d’accompagnement vers l’emploi seront développés.
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