Dans la compétition entre les métropoles mondiales, les infrastructures technologiques jouent un rôle essentiel. La réussite française dans le domaine de l’ADSL et du «triple play» (offre combinée de haut débit Internet, de téléphonie et de télévision) influe positivement sur l’attractivité de ses grandes villes, en particulier auprès des entreprises qui expérimentent les services générés par ces nouveaux réseaux. La «nouvelle frontière» est le Très Haut Débit avec la fibre optique et le haut débit mobile avec l’UMTS et le Wimax. En 2006, nous avons engagé une nouvelle étape du plan «Paris, ville numérique » visant à favoriser la couverture du territoire parisien en fibres
optiques jusqu’aux appartements et aux entreprises. Nous avons également lancé les 400 points Wifi gratuits de la ville. La fibre optique permettra à chaque entreprise et chaque particulier d’envoyer et de recevoir d’énormes quantités de données numérisées (images, sons, très gros fichiers) dans une interactivité renforcée.
Afin de permettre le déploiement de cette nouvelle technologie par les opérateurs, nous avons mis en place un cadre qui facilite l’accès au réseau souterrain de la Ville à un prix abordable, pour déployer rapidement la fibre. Ainsi, en visant la couverture totale de Paris avant 2012, nous ouvrirons à nos entreprises – et à tous les Parisiens – l’accès à des moyens de communication sans équivalent dans aucune des autres grandes métropoles.
Le déploiement de ces réseaux dans les immeubles parisiens nécessite une grande vigilance de la municipalité pour éviter d’une part la multiplication des interventions de génie civil de la part des opérateurs et d’autre part la création de monopoles de fait dans les immeubles où un seul opérateur est installé.
La Ville interviendra auprès du régulateur des télécommunications – l’ARCEP – en faveur d’une mutualisation des réseaux dans les immeubles et organisera cette mutualisation dans les logements sociaux qu’elle gère directement ou indirectement.
Elle veillera à ce que l’usager – particulier, entreprise ou administration locale ait la liberté de choisir entre plusieurs opérateurs et plusieurs offres commerciales. Pour les logements sociaux nous lancerons des appels d’offres pour un «triple play» social permettant aux familles qui n’ont pas les moyens de prendre un abonnement, d’avoir accès à une offre combinant Internet, la téléphonie et une quinzaine de chaînes de télévision, dont le coût est intégré aux charges locatives. Nous veillerons également, avec les associations de consommateurs, à la qualité de l’information des Parisiens sur ces nouvelles offres et à la définition de règles du jeu claires en matière d’information.
Pour le haut débit mobile, la Ville proposera aux opérateurs l’accès à ses points hauts, et fera une synthèse permanente des études sur les risques sanitaires liés aux relais de téléphonie mobile et de toutes les autres technologies hertziennes, en concertation avec les associations de riverains concernés.
Ces réseaux fixes et mobiles permettront aux entreprises, aux associations et aux services publics locaux de déployer des produits et services innovants mis à la disposition de chacun. Permettre à des enfants malades de suivre les cours depuis leur domicile; Améliorer le maintien à domicile des malades d’Alzheimer grâce à la vidéo; Déployer des outils de suivi médical pour les personnes en situation de grande dépendance; Offrir un choix en temps réel, sur son téléphone portable, son service de déplacement en fonction de la disponibilité et de l’encombrement (métro, bus, RER, Velib, taxi, scooter ou voiture électrique en libre service); rendre les bornes des stations de taxi interactives et «intelligentes»; économiser l’énergie grâce à des logiciels de gestion du chauffage et de l’éclairage; expérimenter un mobilier urbain adapté aux personnes handicapées (comme c’est déjà le cas dans le 12e, rue Crozatier, pour les malvoyants): autant d’exemples illustrant ces nouveaux services. L’Agence Parisienne de l’Innovation lancera des appels à idées, passera des contrats avec des entreprises innovantes pour expérimenter in situ ces nouvelles offres et les présenter aux investisseurs internationaux. Elle veillera également à ce que, dans tous les appels d’offre de la Ville et des Sociétés d’Économie Mixte, qu’il s’agisse d’aménagement urbain, d’espaces verts, d’équipements, de construction ou de rénovation, une place soit faite dans le cahier des charges pour l’expérimentation de services innovants faisant appel à de jeunes entreprises et à des PME. La Ville elle-même rendra accessible en ligne ses activités de service public en mettant en place un «espace numérique citoyen» permettant à chaque Parisien qui le souhaite d’effectuer via Internet la plupart de ses démarches administratives.