La réunion a eu lieu Mardi 16 Octobre 2007 à l’espace Reuilly, en présence de Pierre Radanne, ancien président de l’ADEME, consultant expert en questions énergétiques.
Le compte-rendu de la rencontre
Urgence environnementale : les parisiens relèvent le défi du 21e siècle
Les quelques 400 Parisiens présents lors de la réunion publique du 16 septembre sur l’urgence environnementale n’ont pas manqué de faire parler leur expérience et leur engagement pour construire le Paris durable. Des interventions et des idées qui traduisent une vraie prise de conscience des Parisiens de l’épuisement des richesses de notre planète et de l’ampleur du changement climatique.
Petit aperçu de la créativité parisienne au service de la Planète
Consultant expert en questions énergétiques et grand témoin de cette soirée, Pierre Radanne a rappelé que « les émissions de gaz carbonique ont augmenté de 30% en 30 ans, que la température du globe a augmenté de 6°C. Dégrader les ressources sur le temps long, c’est remettre en cause l’attractivité et la compétitivité de nos territoires. D’où l’importance du projet municipal couvrant les différents champs de l’action : énergie, qualité HQE des constructions, transports, infrastructures urbaines… ».
Les Parisiens présents dans la salle ont très bien perçu l’importance des faits présentés par l’intervenant ! Les suggestions de l’assemblée n’ont pas tardé à fuser : « Moi je suis un adepte de l’autopartage depuis plusieurs années : c’est formidable. Parlez-en davantage ! Ça coûte infiniment moins cher que de posséder une voiture», lâche un premier intervenant. « Les compteurs d’eau individuels permettraient aux habitants d’être plus consciencieux sur leur consommation d’eau », lance un autre. « Il faudrait que la Ville maîtrise plus les quais de la Seine et les bassins végétalisés » renchérit un troisième… ou bien encore « On pourrait implanter, comme en Espagne, des centrales photovoltaïques pour l’éclairage public », suggère un autre.
« Jumelage écologique », mécanismes de « compensation carbone » avec des Villes du Sud, solutions pour lutter contre la pollution sonore, développer les constructions HQE, aider à la rénovation du bâti ancien (isolation, double vitrage…), sensibiliser encore plus largement le public, développer les alternatives à la voiture … tout a été passé au crible.
Bref, un rendez-vous engagé, passionné et sérieux lors duquel les Parisiens ont pu « se mêler de leurs affaires », et faire émerger à travers leur diversité une intelligence collective que Bertrand Delanoë, en conclusion, a voulu mettre en valeur pour préparer l’avenir.
Les propositions de la salle
Continuer les campagnes de sensibilisation aux économies d’énergie et au tri sélectif réalisées par les conseils de quartier avec l’espace « Info énergie » ou avec l’appui de l’OPAC. Créer une « Maison du développement durable » dans chaque arrondissement.
Contre le bétonnage des quais de Seine et les installations du Port autonome de Paris, la Ville doit demander la maîtrise de périphérique à périphérique. Les berges doivent être exclusivement consacrées à la promenade.
Installer des stations photovoltaïques pour l’éclairage public qui représente 40 à 60% des dépenses énergétiques des villes. Moduler l’éclairage public selon les heures de fréquentation des rues.
Monter des jumelages écologiques avec des villes chinoises, à l’exemple de Toulouse, Clermont Ferrand ou Lille. Faire appel aux écoles d’ingénieurs travaillant sur les économies d’énergie et les constructions HQE.
Sur la politique de l’eau, ne pas se limiter à une politique de réseaux, mais protéger la ressource alors que Paris s’est désengagé des bassins versants qui l’alimentent. Réaliser la protection de périmètres sous la prochaine mandature en développant des programmes d’évolution des pratiques agricoles propres à restaurer la qualité des eaux souterraines. Investir dans le réseau des eaux non potables qu’il faut mieux gérer et restaurer.
Rendre moins bruyant les dispositifs de collecte des ordures et déchets (camions et autre matériel). Donner de fortes amendes aux deux roues très sonores. Réduire la durée et le bruit des travaux de Voirie.
Faire une meilleure publicité pour les systèmes d’auto-partage, avantageux pour les usagers et source de moindre pollution automobile.
Elargir à toutes les constructions, notamment aux programmes de rénovation de l’habitat ancien, les principes HQE développés par l’OPAC. Développer pour d’autres établissements le bilan carbone réalisé dans un lycée parisien.
Adopter les normes HQE implique une modification des surfaces, de l’aménagement intérieur et des façades. Veiller aux changements des plans de conception des logements.
Faire évoluer la réglementation pour la récupération des eaux de pluie.
Développer le fret ferroviaire comme le fret fluvial est le meilleur moyen de freiner la pollution automobile (camions). Préserver le Port autonome de la Villette et l’activité économique présente au lieu de vouloir transformer toutes les berges en lieux de loisirs (promenades, restaurants, cinémas…).
Réaliser une restauration de la Bièvre.
Moins livrer les Bois (Vincennes, Boulogne) aux voitures.
Augmenter l’offre de bus.
Accorder des aides financières (type prêt à taux zéro) pour aider les copropriétés privées à mettre leurs logements aux normes HQE (isolation thermique, façades végétalisées, chasses d’eau économes, etc..).
Dans l’esprit du Protocole de Kyoto, proposer des mécanismes de compensation pour atteindre une réduction de 25% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 dans un esprit de développement solidaire.
Permettre de développer des mesures simples : installation de compteurs d’eau individuels dans chaque logement, tarification différenciée de l’eau.
Encourager la mise aux normes environnementales des immeubles en révisant totalement le planning des priorités de travaux à engager pour les copropriétés qui doivent répondre aujourd’hui à des obligations légales nouvelles (ascenseurs, ravalements périodiques etc..).
Promouvoir la dénitrification des eaux en Ile-de-France et expliquer dès l’enfance les bienfaits de l’agriculture biologique.
Anne Hidalgo - pollution automobile, plan climat
Les principaux extraits vidéo de la rencontre
Extrait 1 - Témoignage de Pierre Radanne
Extrait 2 - Questions et propositions de la salle
Extrait 3 - L’enjeu pour la santé publique
Extrait 4 - Qualité de vie
Extrait 5 - L’environnement et la coopération internationale
Aujourd’hui alors que tout le monde parle d’écologie et développement durable, et l’on ne peut que se réjouir de la prise conscience qui va avec, il y a un terme, un concept encore « libre » : la santé environnementale.
La santé environnementale est un thème transversal, qui aborde les risques sanitaires liés à l’environnement, environnement dans sa globalité : eau, air, alimentation, logement, bruit… et fait appel à des principes de gauche : équité, justice sociale, solidarité… pour éviter le cumul de handicaps, d’injustice et que ne s’installe de manière pérenne….
Pour plusieurs raisons physiologiques et comportementales, les enfants sont les plus sensibles aux facteurs environnementaux.
Un enfant issu d’une famille avec de faibles revenus, vivant dans un logement mal isolé d’un point de vue phonique, risque d’avoir des problèmes de sommeil, qui se répercuteront au niveau de son apprentissage, donc problème scolaire, agressivité, problème d’intégration…. Sans parler du risque « saturnisme », de surpopulation dans les logements. Tout cela paraît vague, large, mais cela fait partie de la santé environnementale.
En portant et en parlant de la santé environnementale, nous donnons des informations de santé publique, et c’est une possibilité de rendre le citoyen acteur, conscient de ses choix individuels et collectifs, en lui parlant de l’impact de son environnement sur sa santé.. en lui parlant directement, en l’impliquant… et c’est l’opportunité de l’interpeller sur notre action, notre programme, de faire en sorte qu’il s’y intéresse et se l’approprie, pour lui, pour ses enfants.
Pour moi, la santé environnementale, c’est plus qu’un concept, c’est évidence qui doit être affichée au programme socialiste des municipales.
A l’heure du grenelle, qui représente certes une avancée considérable et une prise de conscience, il s’agit d’avoir un temps d’avance dans nos discours et dans nos actes.
La prise en compte de l’environnement à Paris c’est aussi la prise en compte de l’inondation en région parisienne comme en 1910, 1955… Les conséquences seront dramatiques et catastrophiques pour l’économie française. Il convient d’engager dès maintenant des précautions pour réduire ces conséquences. Or, on n’évoque pas ce point.
Quels sont les engagements futurs de Bertrand Delanoe en ce sens ?
L’environnement est aujourd’hui une préoccupation partagée qui transcende les clivages politiques. L’actuel démarche du GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT démontre l’interêt grandissant des citoyens,la mairie de PARIS a mis en oeuvre sous votre mandature de multiples initiatives. Néanmoins, l’usager que je suis constate qu’il reste beaucoup à faire d’une manière concrète à l’échelon individuel mais aussi collectif : le tri des déchets en privilégiant si possible le moins d’emballages possibles, le recyclage et la valorisation de ceux-çi…Dans le domaine de l’éducation à l’environnement, au développement durable…Là encore sur ces thèmes, véritables enjeux du devenir de notre planète et face aux urgences la VILLE DE PARIS ne peut SEUle conduire une politique efficace qui doit s’inscrire en COOPERATION à l’échelon d’une agglomération du GRAND PARIS à naître. Une Volonté ! une politique pour un véritable défi.
Bien entendu toutes ces préoccupations sont légitimes et il est important d’agir. Maintenant que faisons-nous au sein même de la Ville de Paris. J’y suis fonctionnaire, certes nous avons des consignes pour la réduction de l’utilisation du papier, de l’électricité … mais dans la réalité, l’administration n’est pas prête à changer : état de la collectivité, bilan social, édités en xxxx exemplaires qui s’entassent dans les placards, utilisation des véhicules de service (y compris par des élus) pour des trajets intramuros … Tout cela peut vous paraître futile, mais c’est par des actions quotidiennes que vous pouvez sensibiliser la population. Beaucoup, y compris moi, ne comprennent pas grand chose aux débats techniques, auxquels j’espère nous n’aurons pas droit demain !
Autre point : pourquoi pas un écoquartier dans chaque arrt ?
Enfin, vous parlez d’une aide financière aux travaux d’isolation acoustique et thermique. Lorsqu’on est locataire de bailleurs tels que la RIVP, quelles seraient les possibilités ? Moi je veux bien remplacer les vieux chauffages électriques par d’autres chauffages électriques avec des dispositifs techniques plus évolués, mais la RIVP (bailleur que n’ignore pas la Ville) refuse que les locataires fassent ce type d’amélioration, tout en n’en faisant pas elle-même. Que faire ?
En espérant trouver une réponse demain …
> Une réponse de l’équipe de www.bertranddelanoe.net
Merci pour vos remarques.
En ce qui concerne le gaspillage, les efforts portent sur la sensibilisation et la rationalisation, notamment dans le domaine des documents papier. La politique de dématérialisation a été initiée par le Conseil de Paris en 2006 et a vocation à se généraliser. Depuis le début de la mandature, 50% du papier a été recyclé.
Sur la question des déchets, la mise en place d’un plan de prévention sera voté avant la fin de l’année avec comme objectif la réduction de 15% des déchets sur tout Paris.
Depuis 2001, la mairie a également réalisé des économies sur les énergies et a réduit le nombre de véhicules pour les élus, en formant des « pools » de véhicules et chauffeurs à la place de l’ancien système qui attribuait un véhicule et un chauffeur par adjoint.
Plus généralement, l’adoption du Plan climat prévoit l’aide à l’isolation acoustique et thermique des logements y compris les logements sociaux : 65 000 logements d’ici 2020 seront rénovés par les bailleurs pour atteindre de bonnes performances énergétiques.
L’équipe de www.bertranddelanoe.net
L’idee peut être considérée farfelue ou trop ambitieuse, mais est-ce qu’on peut installer des panneaux solaires sur la Tour Eiffel? La tour serait encore plus belle, brillante, rénovée et ca nous permettrait de générer l’énergie necessaire pour l’allumer la nuit! Et puis, ce serait un sacré message pour le monde, non?
> Une réponse de l’équipe de www.bertranddelanoe.net
Nous vous remercions de votre proposition que nous soumettons au débat collectif.
L’équipe de www.bertranddelanoe.net
Juste un détail qui me gêne : le photovoltaïque, s’il est parfaitement écologique dans sa phase de production, est extrêmement coûteux en terme de CO2 lors de sa fabrication et de son recyclage. De plus des solutions comme des panneaux solaires thermiques sont énergétiquement plus rentables, ont une meilleure durée de vie et polluent moins (fabrication, recyclage).
Le photovoltaïque sera donc parfaitement propre à Paris mais polluera ailleurs : est-ce le but ? Je souhaite que non.
> Une réponse de l’équipe de www.bertranddelanoe.net
L’objectif de cette municipalité est de lutter contre tous les types de pollution et notamment les gazs à effet de serre. La pollution ne s’arrête pas aux frontières de Paris!
L’équipe de www.bertranddelanoe.net
Concernant les économies d’énergie, on pense toujours aux maisons individuelles; à Paris c’est plutôt des immeubles de 6 étages … Pourquoi ne pas inciter par exemple à installer des éclairages à base d’énergie solaire pour les parties communes …
Bonjour Monsieur le Maire,
J’ai lu dans un quotidien d’information gratuit que vous avez été été l’instigateur d’un projet d’implantation d’une centrale photovoltaïque à la halle Pajol, dans le XVIIIe.
Je tenais vivement à vous féliciter pour cette initiative.
Il est urgent que la France comble son retard pour produire une énergie propre et que la pollution à Paris continue à diminuer, notamment grâce à votre action pour réduire la circulation automobile. Tenez bon malgré les vives critiques dont avez dû faire face, c’est l’interêt de tous qui est en jeu, même si tous ne le comprennent, helàs, pas ainsi.
Cher Maire,
Je suis très heureuse de votre gestion et de votre présence, et j’espère bien que vous serez réelu.
Pour améliorer la circulation propre dans Paris, en complément des vélos, je suggère, pour toutes les courses sans bagages, des motos-taxis, obligatoirement des scooters électriques,ainsi que des “petits taxis” comme il en existe en Afrique du Nord, priorité étant donnée aux constructeurs réellement soucieux de l’environnement. Je possède moi-même une Toyota Prius hybride dont le moteur s’éteint au feu rouge et donc ne pollue pas pendant l’arrêt. Je souhaiterais que l’on puisse inciter les chauffeurs de taxis de s’équiper de ce type de véhicule qui laissent les gens respirer aux passages cloutés.
En vous souhaitant bon courage, je vous prie d’agreer l’expression de mes sentiments respectueux et dévoués
Une rapide réponse de l’équipe www.bertranddelanoe.net
Merci pour votre suggestion, c’est une très bonne idée.
Nous n’avons pas pour l’instant, mais c’est notre souhait, la responsabilité des taxis. Cependant, une action visant à encourager les taxis « propres » fait partie de nos réflexions.
L’équipe de www.bertranddelanoe.net
Félicitations pour votre action pour Paris et au delà, pour l’environnement.
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