Perspectives économiques et politiques pour l’emploi
Comme d’autres métropoles, Paris est confrontée aux défis de la mondialisation, à l’extrême compétitivité qui la caractérise, de même qu’à la mise en concurrence, non seulement des acteurs économiques mais au-delà, des modèles sociaux eux-mêmes. Paris dans ce domaine aussi doit préserver un modèle de développement économique harmonieux et dynamique.
Penser le développement économique de Paris, c’est avant tout penser l’articulation entre l’impératif pour Paris de s’insérer dans la compétition internationale entre métropoles européennes et mondiales et, dans le même temps, l’exigence de penser la vie économique à l’échelle locale. C’est cette articulation harmonieuse qui fait et doit continuer à faire la force de Paris.
Face à ce défi passionnant, Paris fait le choix de l’innovation et de la coopération territoriale dans tous les secteurs de l’économie : nouvelles technologies, services, commerces comme métiers d’art.
La création d’entreprises a atteint des records à Paris au cours des trois dernières années avec une moyenne annuelle de plus de 28 000 entreprises créées.
Pour la prochaine mandature, nous devons aller encore plus loin, par :
La création de nouvelles pépinières et incubateurs (30 000 m2 supplémentaires) sur les secteurs majeurs de notre économie : numérique, biotechnologies mais aussi industries culturelles, services à la personne et éco industrie ;
La mise en place d’une carte de crédit pour les créateurs (carte qui pourrait être créditée par différents financeurs publics et privés en heures de conseil, accès à des services en ligne, réduction de frais ou de tarifs de services…)
Le développement du micro-crédit (avec l’implication du Crédit Municipal, aux côtés de nos partenaires historiques comme l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique) pour renforcer l’appui aux chômeurs -créateurs
La mise en place d’un service public de la caution pour faciliter l’accès aux locaux des jeunes professionnels
A Paris et dans la métropole, l’enseignement supérieur et la recherche ont de fortes implantations avec des laboratoires de grande qualité intervenant dans tous les domaines de la connaissance (entreprises, universités, organismes de recherche, grandes écoles).
C’est l’Etat qui a, en France, la responsabilité de l’enseignement supérieur et de la recherche publique. Si les villes ne peuvent se substituer à l’Etat, elles ont à définir des politiques permettant l’essor universitaire en cohérence avec leur propre développement, que ce soit dans les domaines culturels, sociaux ou économiques.
Partout dans le monde, les villes rivalisent sur ces questions et tentent d’attirer les meilleurs universitaires, chercheurs, artistes et entrepreneurs.
Depuis 2001, la Ville de Paris a déjà réalisé un programme conséquent en la matière, par exemple en achetant des terrains pour les mettre à disposition des universités et écoles, en finançant des investissements universitaires, en construisant des logements pour étudiants et chercheurs, ou en soutenant les pôles de compétitivité qui associent recherche, formation et entreprises. Pour le financement de nouveaux espaces universitaires, la Ville aura sur cette période investi plus de 400 M€, plus que l’Etat.
Nous souhaitons néanmoins franchir un nouveau cap, en apportant des réponses nouvelles à l’une des principales faiblesses de nos universités : leur dispersion. Celle-ci constitue un frein à la formation de pôles importants rassemblant dans une proximité quotidienne, les chercheurs, les étudiants et d’autres activités qui s’appuient sur la communauté universitaire (jeunes pousses innovantes, activités culturelles …).
Concevoir le développement universitaire et ses synergies avec le développement économique, sur des espaces à Paris mais aussi en dépassant Paris inta-muros :
Le pôle de la ZAC Paris Rive Gauche dans le 13ème a commencé son activité depuis le début 2007 après des investissements importants très largement financés par la Ville de Paris. Il a vocation à s’étendre vers Ivry, en partenariat avec cette commune et avec le département du Val de Marne.
Nous proposons aussi la constitution, en synergie avec les autres collectivités locales, d’un second pôle dans le Nord-Est parisien, à cheval sur Paris (de la ZAC Claude Bernard à la porte Cligancourt en passant par la Chapelle) et Plaine Commune (Saint-Denis et Aubervilliers), qui atteindrait une dimension mondiale.
Faciliter le parcours des entreprises sur le territoire de l’agglomération :
Concernant de grands enjeux comme le développement économique, l’agglomération parisienne manque incontestablement d’une organisation qui lui permette d’agir avec plus de force et de cohérence. C’est une faiblesse par rapport à d’autres grandes métropoles européennes et cela entretient des inégalités inacceptables entre communes riches et communes pauvres.
Depuis sept ans Paris a su nouer des nouvelles relations avec ses voisins et aujourd’hui les conditions d’un débat ouvert et constructif sont réunies. En juillet 2006, partie prenante dans l’initiative d’une vingtaine de collectivités du cœur de l’agglomération parisienne, notre cité a contribué à la naissance d’une conférence métropolitaine : espace informel de dialogue mais surtout lieu d’élaboration collective sur des enjeux aussi essentiels que le développement économique, le logement, les déplacements …
Mais il faut aller encore plus loin. C’est bien l’échelle de l’agglomération (9 millions d’habitants, 60% des emplois, 80% des déplacements domicile travail) qui en fait un des premiers pôles économiques mondiaux. Nous souhaitons donc concevoir avec les collectivités de l’agglomération parisienne une meilleure organisation de l’offre foncière et faciliter le parcours des entreprises sur le territoire de l’agglomération par la mise en place de bourses de locaux au niveau de l’agglomération, par la création de ZAC intercommunales et par la mutualisation de locaux pour les artisans et TPE de l’agglomération.
Depuis une vingtaine d’années, le taux de chômage des Parisiens a toujours été supérieur, et parfois sensiblement, à la moyenne nationale. Or, depuis quatre ans, le chômage parisien n’a cessé de diminuer pour atteindre, en juin dernier, 8,3 % de la population active. Nous nous situons dorénavant seulement 0,3 point au-dessus du taux national (8 %).
Notre objectif est d’installer durablement le taux de chômage parisien en deçà du taux national, et de renouer avec la création structurelle d’emplois, en amplifiant le redressement déjà observé depuis trois ans.
En particulier, face à l’enjeu de l’insertion professionnelle, nous proposons un objectif clair : doubler, durant la prochaine mandature, le nombre de retours à l’emploi des allocataires du RMI, grâce aux programmes de la collectivité parisienne. L’insertion professionnelle des autres demandeurs d’emploi peut également être dynamisée avec un nouveau Plan Local d’Insertion et d’Emploi pour les arrondissements de l’Est. Le secteur de l’économie solidaire, qui a déjà permis l’année dernière à plus de 6000 chômeurs très en difficulté de reprendre un emploi sera encore développé et aidé à trouver des locaux d’activité à Paris. Nous entendons donc travailler avec tous les acteurs concernés : les associations, le service public de l’emploi, mais aussi les organismes privés qui reçoivent mission de placer des demandeurs d’emploi.
De même, nous proposons d’agir toujours plus en amont vis-à-vis des jeunes en difficulté, pour les aider à se construire un avenir professionnel. Des programmes de lutte contre l’échec scolaire et de détection de l’illettrisme seront développés, parallèlement à l’Ecole de la 2ème chance déjà créée. Nous souhaitons d’ailleurs en ouvrir une seconde.
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