Delanoe Paris 2008
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Communiqué de Bertrand Delanoë

Lundi 21 juillet 2008

Après l’adoption - étriquée - de la réforme constitutionnelle, Nicolas Sarkozy sera peut-être tenté d’interpréter ce résultat comme un succès personnel : ce n’en est assurément pas un pour notre démocratie.

En effet, malgré plusieurs avancées résultant en particulier de l’engagement des parlementaires de gauche (saisine du Conseil Constitutionnel ouverte aux citoyens, référendums d’initiative populaire…), cette réforme s’assimile à une occasion historique malheureusement manquée.

Il est regrettable que Nicolas Sarkozy n’ait pas su hisser son comportement au niveau de l’enjeu : là où le Chef de l’Etat avait la formidable opportunité d’œuvrer pour une modernisation sincère de nos institutions, il a privilégié une logique partisane à courte vue, destinée essentiellement à accroître son propre pouvoir et à servir les intérêts de l’UMP.

Sur la forme, les mesures d’intimidation et la pression exercée sur des parlementaires, y compris au sein du parti majoritaire, sont aux antipodes de l’esprit de dialogue pluraliste et de respect qu’impliquait un tel rendez-vous.
Sur le fond, le droit de vote des étrangers aux élections locales est implacablement banni de ce texte alors que le candidat Sarkozy s’y disait « personnellement » favorable, pendant la campagne présidentielle.
De même, le refus obstiné de la majorité UMP de réformer le Sénat, aboutit à exclure toute perspective d’alternance au sein de la Chambre haute, cas de figure unique dans un pays démocratique.

Une fois de plus, après le camouflet infligé récemment aux organisations syndicales, la réforme brutale de la Justice et la main mise programmée sur la télévision publique, ce pouvoir manifeste une conception plutôt édifiante de notre vie démocratique